Ceci n'est pas Initiative Citoyenne

Neuf questions, neuf réponses

Il n'est pas facile d'écrire sur ce blog. Les docteurs Novella et Gorski souhaitent que les articles soient formels, académiques, sourcés, et avec un minimum de sarcasme.

La plupart du temps, je m'y conforme. Parfois, il est difficile, très difficile de ne pas sombrer dans des diatribes sarcastiques à propos de ce qui est écrit sur internet. Comment réagir à la profonde ignorance et à la désinformation ? Parfois, j'aimerais être un ordinateur irascible.

Ce qui suscite ce sentiment en moi, c'est cet article fantaisiste trouvé sur internet intitulé "9 questions qui laissent perplexes les avocats de la vaccination dans leurs affirmations" par David Mihalovic, docteur en naturopathie. Mr. Mihalovic se décrit comme "médecin naturopathe spécialisé dans la recherche sur les vaccins". Cependant, l'endroit où il publie est inconnu, son nom ne donnant aucune publication sur Pubmed. D'ailleurs, moi je suis spécialiste de la bière. Même crédibilité.

Les neuf questions apparaissent fréquemment sur internet, des questions similaires sont posées par ceux qui veulent clouer le bec des évolutionnistes. Tout comme les prétendues colles sur l'évolution, les questions relatives aux vaccins se fondent sur la désinformation, l'ignorance et la paresse. Examinons-les une à une.

1. Pourriez-vous fournir une étude en double-aveugle et contre placebo qui peut démontrer l’innocuité et l’efficacité des vaccins ?

Une étude ? Il m'a fallu 55 secondes pour trouver l'étude intitulée "Efficacy of 23-valent pneumococcal vaccine in preventing pneumonia and improving survival in nursing home residents: double blind, randomised and placebo controlled trial" ("Efficacité du vaccin antipneumococcique 23-valent dans la prévention de la pneumonie et l'amélioration de la survie de résidents de foyers de soins : essai en double-aveugle, randomisé, contre placebo"). Ce timing incluait l'ouverture du navigateur et l'épellation des termes de ma recherche. Le résultat des termes de recherche "vaccine", "efficacy", "randomized" et "placebo control trial" ont donné 416 références sur Pubmed; si on ajoute "safety" aux termes de recherche, on obtient 126 références. Le nombre 416 est bien plus élevé que 1. Mais bien sûr, pour les trouver, il faut les chercher.

Évidemment, je suis un adulte très instruit qui cherche constamment des informations médicales sur le Web. Mais j'ai demandé à mon fils de 12 ans, passionné de basket-ball et de tournage de vidéos humoristiques, de me trouver une référence en répondant aux mêmes critères. Je l'ai chronométré.

Vingt-deux secondes, temps de démarrage du PC non-inclus, pour trouver la référence "Randomized Placebo-Controlled Trial of Inactivated Poliovirus Vaccine in Cuba" sur le NEJM. Quelqu'un peut-il battre mon fils ?

Tant que nous sommes sur ce sujet, et puisqu'il accorde une grande importance à la science, Mihalovic pourrait-il fournir une étude en double-aveugle, contre placebo, prouvant l'innocuité et l'efficacité de la naturopathie ? Je serais heureux de savoir qu'il est capable de faire une recherche correcte sur pubmed pour me faire passer pour un idiot.

2. Pourriez-vous fournir des preuves scientifiques de TOUTE étude pouvant confirmer l'innocuité et l'efficacité à long-terme des vaccins ?

"Long-terme" est vague. Qu'est-ce que le long-terme ? La variole a disparu en 1977 grâce au vaccin. Je n'ai pas rencontré de cas de variole dans ma carrière médicale longue de 31 années. Aucune toxicité à long-terme du vaccin antivariolique n'a été décrite et l'éradication de la variole m'apparaît être une preuve raisonnable de l'innocuité et de l'efficacité à long-terme.

Aucun vaccin n'a une efficacité de 100%, et qu'elle soit naturelle ou amenée par un vaccin, l'immunité diminue avec le temps. Autrefois, l'immunité des gens était renforcée par l'exposition aux maladies et le maintien de leur niveaux d'anticorps. Ce n'est pas l'infection initiale qui conduit à une meilleure immunité contre les infections naturelles, comme l'affirment certains anti-vaccins, mais c'est le fait que les gens étaient constamment ré-exposés à ce genre de maladie.

Il est intéressant de voir ce qu'il se passe avec le zona. Tout le monde a fait la varicelle dans son enfance, puis, lorsqu'ils ont élevé leurs enfants et petits-enfants, ils étaient exposés à nouveau aux virus qui renforçaient leur immunité. A l'heure actuelle, grâce au vaccin contre la varicelle et des changements dans la manière dont les enfants sont élevés, les adultes plus âgés ne sont pas exposés naturellement à la varicelle, l'immunité diminue et le zona augmente chez les adultes plus âgés. Voilà pourquoi ils ont besoin de se vacciner contre le zona.

C'est un complot très malin pour augmenter l'utilisation du vaccin contre le zona hein ?

A moins d'être exposé à une nouvelle infection, l'immunité, que l'on mesure par les taux d'anticorps dirigés contre l'agent infectieux, diminue avec le temps. C'est attendu. Ce qui est bien avec le système immunitaire, c'est que, contrairement à l'eau, il se souvient de l'infection. Il est préparé de telle sorte que s'il est exposé à nouveau à un moment ultérieur, il peut produire presque instantanément de grandes quantités d'anticorps afin de tuer l'infection à un stade précoce. Ainsi, plutôt que de prévenir l'infection chez certaines personnes vaccinées il y a longtemps, elles peuvent contracter une maladie plus courte et moins grave et être contagieux moins longtemps, ce qui réduit la vitesse de propagation.

Dans le NEJM est paru une bonne analyse de la durée de l'immunité (une première recherche dans Pubmed concernant la durée du vaccin contre l'immunité a duré 17 secondes, correction de fautes de frappe incluse. Sérieusement, est-ce vraiment difficile de trouver l'information ? Comme on peut s'y attendre, ça dépend de la maladie et du vaccin (le vivant est meilleur que le tué). Ils estiment la demi-vie de l'immunité du virus du zona-varicelle à 50 ans, 200 ans pour la rougeole et les oreillons, et 11 ans pour le tétanos. Si vous parcourez les références, vous pourrez trouver d'autres études montrant une réponse variable mais durable aux vaccins, par exemple 90% des gens gardent l'immunité contre la variole jusqu'à 75 ans après la vaccination.

Trouver des études sur la sécurité à long-terme était plus difficile, 5 ans étant la limite de temps que j'ai trouvé pour des études sur l'innocuité du vaccin contre l'hépatite B. La plupart des toxicités du vaccin sont décelées dans la première ou la seconde semaine après l'inoculation et les études suivent la plupart des patients pendant un an. Probablement pas assez longtemps pour Mihalovic.

Par ailleurs, pouvez-vous me fournir la preuve scientifique par n'importe quelle étude qui confirme l’innocuité et l'efficacité à long-terme de la naturopathie ?

3. Pouvez vous me fournir la preuve scientifique qui démontre que la diminution des maladies partout dans le monde, à n'importe quel moment, est imputable à la vaccination ?

A nouveau, je reviens sur l'approche binaire, tout est blanc ou tout est noir, qui caractérise beaucoup de personnes avec qui nous croisons le fer. La diminution des maladies infectieuses a été multifactorielle, en raison de l'amélioration de la nutrition, de l'amélioration de l'hygiène et de la compréhension de l'épidémiologie des maladies. Savoir comment une maladie se propage a été crucial pour pouvoir la réduire. Notez qu'aucune, aucune, aucune des interventions ayant réduit la propagation des infections au cours des 200 dernières années n'est issue de la tradition naturopathique.

La mise en avant des effets des vaccins sur les populations est toujours sujette à une controverse potentielle. Il y a toujours des variables confondantes. Le meilleur exemple du bénéfice des effets de la vaccination vient du JAMA.

"Objectif : Comparer la morbidité et la mortalité avant et après la mise en œuvre généralisée des recommandations nationales en matière de vaccin pour 13 maladies évitables par la vaccination pour lesquelles des recommandations étaient en place avant 2005.

Conception, cadre et participants : Pour les Etats-Unis, les points de référence avant vaccination ont été fixé sur base de données historiques représentatives provenant de sources primaires et ont été comparées aux données les plus récentes sur la morbidité (2006) et la mortalité (2004) concernant la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, la poliomyélite, la rougeole, les oreillons et la rubéole (y compris le syndrome de rubéole congénitale), Haemophilus influenzae de type b (Hib), l'hépatite B aiguë, l'hépatite A, la varicelle, le Streptococcus pneumoniae et la variole.

Principaux critères de mesure : Nombre de cas, de décès et d'hospitalisations pour 13 maladies évitables par la vaccination. Les estimations du pourcentages de réductions depuis le point de référence aux plus récentes ont été faites sans ajustement pour tenir compte des facteurs pouvant affecter la morbidité, la mortalité ou la notification des maladies évitables par la vaccination.

Résultats : Une diminution supérieure à 92% des cas et une diminution de 99% ou plus des décès dus aux maladies évitées par les vaccins recommandés avant 1980 ont été démontrées pour la diphtérie, les oreillons, la coqueluche et le tétanos. La transmission endémique des poliovirus et des virus de la rougeole et de la rubéole a été éliminée aux Etats-Unis; la variole a été éradiquée dans le monde entier. Les baisses étaient égales ou supérieures à 80% pour les cas et les décès de la plupart des maladies évitables par la vaccination ciblées depuis 1980, notamment l'hépatite A, l'hépatite B aiguë, l'Hib et la varicelle. Les baisses de cas et de décès dus au Streptococcus pneumoniae invasif étaient respectivement de 34% et 25%."

Mr. Mihalovic, pourriez-vous fournir des preuves scientifiques qui démontrent que la réduction des maladies dans le monde entier puisse être imputable à la naturopathie ?

4. Pourriez-vous expliquer comment la sécurité et le mécanisme des vaccins dans le corps humain sont scientifiquement prouvés si leur pharmacocinétique (étude de l'absorption, de la distribution, du métabolisme et de l'excrétion d'ingrédients) n'est jamais examinée ou analysée dans les études sur les vaccins ?

Il y a, superficiellement, une part de vérité dans cette question. La plupart des paramètres pharmacocinétiques sont effectués avant les essais d'efficacité clinique. C'est pourquoi il y a des essais de phase 1 et phase 2. Si vous examinez les études pharmacocinétiques du vaccin anti-grippe sur un groupe de personnes, vous pouvez les extrapoler à des populations similaires. Je pense que c'est raisonnable. Donc non, il n'y a pas d'études pharmacocinétiques dans les essais cliniques d'efficacité, celles-ci ayant été faites avant les essais d'efficacité. Mais il n'est pas difficile de trouver les essais de phase 1 et 2 si vous êtes motivé.

Mr. Mihalovic, pourriez-vous expliquer comment la sécurité et le mécanisme des remèdes naturopathiques dans le corps humain sont scientifiquement prouvés si leur pharmacocinétique n'est jamais examinée ou analysée ?

5. Pourriez-vous fournir une justification scientifique démontrant qu'injecter à un être humain une neurotoxine confirmée est bénéfique pour la santé et prévient les maladies ?

Je suppose que le problème soulevé est le mercure. Peut-être l'aluminium. Ce dernier ne figure pas dans la plupart des vaccins, bien que, comme cela a été longuement discuté sur ce blog, la quantité de mercure et d'aluminium contenue dans les vaccins soit minime et qu'il n'ait jamais été démontré que les vaccins entraînent une neurotoxicité. Bien sûr, je suis de la vieille école et je pense qu'il y a une relation dose-effet pour les médicaments, et qu'une quantité plus importante entraîne une réponse plus importante. La plupart des naturopathes reçoivent une formation poussée en homéopathie, où moins la dose est importantes, plus l'effet est grand. Je suppose donc que les arguments fondés sur la chimie n'ont guère de sens pour un docteur en naturopathie, c'est la raison pour laquelle je n'aimerais pas que mon appletini  soit préparé par un praticien de l'homéopathie.

Bien sûr, ce n'est pas la neurotoxine qui est utilisée pour prévenir les maladies, mais bien les antigènes de l'infection potentielle. A supposer que l'auteur des 9 questions ne considère pas les antigènes comme des neurotoxines et, à en juger par sa compréhension de la maladie comme on le verra plus loin, je ne suis pas sûr qu'il mérite le bénéfice du doute.

Pourriez-vous fournir une justification scientifique indiquant en quoi pratiquer la naturopathie à un être humain est bénéfique pour la santé humaine et prévient les maladies ?

6. Pouvez-vous fournir un profil bénéfices/risques expliquant comment les avantages de l'injection d'une neurotoxine connue dépassent les risques pour la santé humaine dans l'optique de prévenir les maladies ?

Puisqu'il n'y a plus de mercure dans la plupart des vaccins, je suppose qu'il fait référence à l'aluminium. Les risques liés à l'aluminium dans le vaccin H. influenza de type b pour lequel l'aluminium est utilisé : zéro.

L’avantage du vaccin : 

"Sur huit essais, l'efficacité protectrice du vaccin conjugué contre l'Hib est de 84% contre la maladie à Hib, 75% contre la méningite et 69% contre la pneumonie. Les effets indésirables graves sont rares."

Cela semble être un bon compromis. Aucun risque dû à l'aluminium, diminution significative de la morbidité et de la mortalité par la maladie.

7. Pourriez-vous fournir une justification scientifique expliquant en quoi contourner les voies respiratoires (ou les muqueuses) est bénéfique et comment l'injection directe de virus dans le sang améliore le fonctionnement immunitaire et prévient les infections futures ? 

Eh bien, les choses dégénèrent vraiment à partir d'ici. Les vaccins ne sont pas injectés dans le sang, ils sont injectés dans les tissus mous. Pour faire simple, quand une infection entre dans l'organisme, le corps fabrique des anticorps pour faire face aux éléments constitutifs de l'organisme infectant et, lors de la prochaine exposition du patient, l'anticorps préexistant pourra, s'il y a correspondance avec la nouvelle souche, inactiver la nouvelle infection.

Peu importe la façon dont l'antigène est présenté au système immunitaire, la réponse sera la même. Grippe naturelle, vaccin antigrippal par inhalation ou vaccin antigrippal injectable, le même anticorps sera fabriqué pour faire face aux protéines.

Plus loin, Mihalovic déclare :

"Tous ceux qui promeuvent les vaccins ne prennent pas conscience que les voies respiratoires des humains (en fait, tous les mammifères) contiennent des anticorps qui initient des réponses immunitaires naturelles au sein de la muqueuse des voies respiratoires. En contournant cet aspect muqueux du système immunitaire, en injectant directement des virus dans le sang, il en résulte une corruption du système immunitaire lui-même. En conséquence, les virus ou bactéries pathogènes ne peuvent pas être éliminés par le système immunitaire et restent dans le corps, où ils se développeront et/ou muteront à mesure que la personne est exposée à de plus en plus d'antigènes et de toxines présentes dans l'environnement qui attaquent le système immunitaire."

C'est ce que nous appelons dans milieu du charabia. Cela n'a strictement aucun sens à mes yeux. 

8. Pourriez-vous me fournir une justification scientifique à la manière dont un vaccin empêcherait les virus de muter ?

C'est une question très intéressante. Cela n'a rien à voir avec la raison pour laquelle nous vaccinons et je crains que notre intrépide docteur en naturopathie ait une idée précise derrière la tête en déclarant cela.

"Malgré l'injection de n'importe quel vaccin, les virus continuent de circuler dans le corps, ils mutent, et se transforment en d'autres organismes. La capacité d'un fabricant de vaccins a cibler la souche virale exacte sans connaître les propriétés mutagènes équivaut à tirer avec une arme à feu sur une cible fixe qui a déjà été déplacée. Vous tirez sur ce qui était, pas sur ce qui est !"

Muter et se transformer en d'autres organismes. Soupirs. Soit l'auteur est négligent (une écriture bâclée (pas au niveau typographie, mais bien au niveau logique et sélection des mots) est le reflet d'un esprit négligent) ou sa compréhension de la microbiologie est tellement fausse qu'il est ahurissant de penser qu'il s'occupe de patients. Et en Oregon, il serait autorisé à prescrire des antibiotiques et d'autres produits pharmaceutiques. 

Si vous avez une population de virus et un anticorps spécifique contre les virus, alors ceux mutant naturellement qui ne sont pas reconnus par l'anticorps devraient être avantagé dans leur réplication. Il est possible que les vaccins puissent aider à la sélection de nouvelles souches d'une infection, mais pas de nouveaux organismes.

Sélectionner des vaccins pour de nouveaux mutants a été étudié dans le cadre du vaccin contre l'hépatite B et cela n'a posé aucun problème.

Pour le VIH, il existe une interaction continue entre la réponse immunitaire et le virus, provoquant des mutations qui échappent au système immunitaire et qui, chez certains patients, entraîne une augmentation marquée de la réplication du VIH et un déclin clinique. Oh mais attendez, c'est une infection naturelle. Cela ne devrait pas arriver, il n'y a que les vaccins qui font cela.

La réponse vaccinale n'est pas unique en son genre quand elle agit comme pression sur l'environnement; la réponse aux infections naturelles est la même. Je me demande, étant donné que la réponse à une infection naturelle est plus large grâce à des anticorps dirigés contre de nombreuses parties de l'infection, plutôt que les quelques anticorps clés apportés par la réponse au vaccin, si une infection naturelle entraînerait un taux de mutation plus rapide. En règle générale, dans le monde microbien, plus le stress est intense, plus les mutations sont rapides et variées. Plus d’antibiotiques conduit à un développement plus rapide de la résistance de E. coli, pas son retard. 

9. Pourriez-vous me fournir une justification scientifique à la façon dont un vaccin peut cibler un virus chez une personne infectée qui ne possède pas la configuration virale exacte ou la souche pour laquelle le vaccin a été développé ?

Mr. Blanc ou Noir. La réponse des anticorps n'est pas tout ou rien, il existe un gradient de réponse entre l'anticorps développé et le site vers lequel il est dirigé. Un bon exemple est la grippe H1N1. Les personnes exposées aux souches de la première moitié du siècle avaient un anticorps partiellement protecteur contre la souche de 2009. Pourquoi ?

"Le virus de la grippe pandémique (H1N1 de 2009) a récemment été introduit dans la population humaine. Le gène de l'hémagglutinine (HA) du virus H1N1 de 2009 est dérivé du virus "de la peste porcine", qui partage probablement un ancêtre commun avec le virus humain H1N1 qui a provoqué la pandémie en 1918, dont les virus descendants circulent encore dans la population humaine avec une antégénicité de l'HA hautement altérée. Par modélisation de l'homologie des structures de l'HA, nous montrons ici que les HA du virus H1N1 de 2009 et le virus pandémique de 1918 partagent un nombre important de résidus d'acides aminés dans des sites antigéniques connus, suggérant l'existence d'épitopes communs pour les anticorps neutralisant de manière croisée aux deux HA. Il a été noté que les premiers virus humains H1N1 isolés dans les années 1930-1940 abritaient encore certains des épitopes d'origine également retrouvés dans le virus H1N1 de 2009. Il est intéressant de noter que, même si il manquait à l'HA du virus H1N1 de 2009 de multiples N-glycosylations associées au changement antigénique du virus H1N1 au début de l'épidémie, l'HA du virus H1N1 de 2009 conserve des motifs unique à trois codons, dont certains sont devenus des sites de N-glycosylation via une seule mutation de nucléotide dans le virus H1N1 humain. Nous émettons donc l'hypothèse que les sites antigéniques de l'HA du virus H1N1 de 2009 impliquant les acides aminé conservés seront bientôt ciblés par la pression de sélection induite par les anticorps chez l'homme. En effet, les substitutions d'acides aminés prévues ici se produisent dans les variants de la grippe H1N1 de 2009. La présente étude suggère que les anticorps provoqués par une infection naturelle par la pandémie de 1918 ou ses premiers virus descendants jouent un rôle dans l'immunité spécifique vis-à-vis du virus H1N1 de 2009, et fournit un aperçu des futurs changements antigéniques probables dans le processus d'évolution du virus H1N1 de 2009 dans la population humaine."

Oups, pas simple.

Et le résultat ?

"Plus de 75% des cas confirmés de nouvelle grippe H1N1 sont survenus chez des personnes de moins de 30 ans, avec une incidence maximale entre 10 et 19 ans. Moins de 3% des cas survenus chez des personnes de plus de 65 ans, avec une gradation de l'incidence entre 20 et 60 ans. Les données de séquence indiquent que le nouveau virus H1N1 est le plus similaire aux virus H1N1 qui ont circulé avant 1943. Le nouveau virus H1N1 manque de glycosylation sur la tête globulaire de l'hémagglutinine (HA1) près des régions antigéniques, une tendance commune avec la souche pandémique de 1918 et les virus H1N1 qui ont circulé jusqu'au début des années 1940. Les virus H1N1 ultérieurs ont progressivement ajouté de nouveaux sites de glycosylation susceptibles de protéger les épitopes antigéniques, tandis que les épitopes de cellules T étaient relativement inchangés.

CONCLUSION : Dans ce contexte évolutif, l'exposition à l'antigène original devrait produire une réponse immunitaire de moins en moins compatible avec le nouveau virus H1N1 chez des personnes de plus en plus jeunes. Nous suggérons que c'est ce décalage qui a produit à la fois la gradation de la sensibilité et la toxicité inhabituelle."

Plus l'anticorps convient à l'épitope (là où l'anticorps se lie), meilleur est l'effet, mais ce n'est pas tout ou rien. Mihalovic demanderait probablement à quoi bon avoir un demi-oeil, la moitié d'une aile ou d'un cerveau ?

 

Mihalovic conclut en disant,

"Je n'ai jamais rencontré un défenseur de la vaccination, qu'il soit médicalement ou scientifiquement qualifié, qui pourrait répondre à 1 seule de ces 9 questions. Un des évènement suivant apparaîtra lors du débat sur ces questions :

-  Ils vont concéder leur défaite et admettre qu'ils ont le bec cloué.

- Ils essaieront de discréditer des problèmes sans lien avec la question

- Ils formuleront leurs réponses et leurs réfutations sur base d'arguments historiques et d'études scientifiques réfutées. Aucun défenseur des vaccins ne traitera jamais directement ces questions dans un média grand public."

Je ne me sens ni vaincu, ni le bec cloué. Je sais comment rechercher des informations médicales sur Pubmed. 

Mes réponses s'adressait spécifiquement aux questions.

Mes arguments sont basés sur des études récentes qu'un jeune de 12 ans peut trouver en moins d'une minute, aucune d'entre elles n'a été réfutée.

SBM est un site ouvert au grand public.

Je me sens comme si je venais de gagner le titre Jeopardy contre le professeur R.J. Gumby; Où est l'honneur dans tout cela?

Et les gens me demandent pourquoi je m'interroge sur l'opportunité d'autoriser les naturopathes à exercer en tant que prestataires de premiers soins.

Publié par Science-Based Medicine, Mark Crislip, docteur en médecine, le 7 mai 2010

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BAYOU André 11/12/2019 10:07

Tout à fait d'accord avec cet article en particulier sur l'efficacité des vaccins et autrefois des sérums, ainsi que sur la validité des diplômes qui n'existent pas, comme naturopathes.
Un bémol cependant, l'homéopathie n'a pas d'effet supérieur à celui d'un placebo. Pourtant, ayant exercé 40 ans (1964-2003) comme vétérinaire praticien rural, j'ai pu constaté des apparentes guérisons après utilisation de l'homéopathie. Effet placebo sur une vache ou un chien ? Mais les remèdes homéopathiques ont toujours été utilisés dans des cas précis, soit après qu'un examen clinique n'ait révélé aucune lésion expliquant les symptômes, soit après mise échec de thérapeutique allopathique. Utiliser l'homéopathie sur les "bobos" ou à l'inverse sur les "condamnés", en complément de médicament connus, ne me semble pas une hérésie. Et je souhaiterais que ce soit écrit. Ce qui est fait. André BAYOU