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Cancer de l'oropharynx lié au VPH - de nouvelles raisons favorables au vaccin contre le VPH

Deux nouvelles études revues par les pairs sur l'incidence du cancer de l'oropharynx lié au VPH fournissent encore des preuves de l'importance du vaccin contre le VPH. Il existe si peu de méthodes factuelles de prévention du cancer qu'il est choquant de constater qu'autant de personnes renoncent au vaccin anti-VPH pour leurs enfants ou pour eux-mêmes.

Je pense que l'une des incompréhensions au sujet du VPH et du vaccin contre le VPH est que cela concernerait uniquement le cancer du col de l'utérus, une maladie grave en soi. Mais beaucoup de personnes oublient qu'environ la moitié des cancers liés au VPH ne concernent pas le cancer du col de l'utérus, mais de nombreux autres cancers tout aussi meurtriers.

En fait, les cancers associés au VPH sont en augmentation chez les hommes, mais diminuent chez les femmes, car les femmes ont une longueur d'avance dans l'administration du vaccin contre le VPH.

On peut tous prédire que les cinglés antivaccins affirmeront que le VPH n'a rien à voir avec le cancer, ou qu'un bon smoothie bio, sans OGM, au chou kale préviendra le cancer de l'oropharynx. Cependant, pour ceux d'entre nous qui s'intéressent aux preuves scientifiques, veuillez lire la suite.

Tout sur le VPH et les vaccins contre le VPH

Je sais que j'ajoute cette section à chaque article que j'écris sur les vaccins contre le VPH, même si j'envisage de le supprimer. Cependant, il est mis à jour fréquemment avec des informations supplémentaires sur le VPH ou le vaccin. De plus, certains lecteurs souhaitent en savoir plus sur le VPH et cette section peut aider quelqu'un à se mettre rapidement à niveau. Vous pouvez donc sauter cette section si vous la lisez pour la 47ème fois.

Les infections génitales et orales à papillomavirus humain (VPH) sont les infections sexuellement transmissibles (IST) les plus courantes aux Etats-Unis. Le VPH se transmet généralement par contact lors de relations sexuelles, vaginales, anales ou orales.

Il est important de noter que plus de 150 souches ou sous-types de VPH peuvent infecter l'homme - toutefois, seulement 40 de ces souches sont liées à un ou plusieurs cancers différents. Sur ces 40 souches, la plupart sont assez rares.

Bien que les premiers symptômes des infections à VPH ne soient pas graves et que de nombreuses infections à VPH se règlent sans dommages à long-terme, les infections à VPH sont liées de manière causale à de nombreux types de cancers chez les hommes et les femmes. Selon les recherches médicales actuelles, voici certains des cancers liés au VPH :

  • Cancer du col de l'utérus
  • Cancer de la vulve
  • Cancer du vagin
  • Cancer anal
  • Cancer de l'oropharynx
  • Cancer du pénis


En outre, il existe certaines preuves que les infections à VPH sont liées de manière causale aux cancers de la peau et de la prostate. Le lien avec le cancer de la peau est encore préliminaire, mais il existe des preuves bien plus solides que le VPH est lié à de nombreux cancers de la prostate.

On estime que le VPH est responsable de près de 5% de tous les nouveaux cancers dans le monde, ce qui le rend presque aussi dangereux que le tabac. Selon le CDC, environ 79 millions d'américains sont infectés par le VPH - environ 14 millions d'américains contractent un nouveau VPH chaque année. La plupart des gens ne savent même pas qu'ils sont infectés jusqu'à l'apparition du cancer. Le CDC indique également que plus de 43.000 cancers liés au VPH sont diagnostiqués chaque année aux Etats-Unis. Il faut multiplier ce nombre à l'échelle planétaire.

Avant 2014, il y avait deux vaccins contre le VPH sur le marché mondial. GSK, également connu sous le nom de GlaxoSmithKline, produit le Cervarix, un vaccin bivalent (qui protège contre deux souches du VPH). Il a été retiré du marché américain (bien que disponible sur de nombreux autres marchés), en raison de la concurrence des vaccins Gardasil quadrivalent (immunise contre quatre souches différentes du VPH) et 9-valent (immunise contre neuf souches du VPH).

Merck fabrique le Gardasil, probablement le vaccin contre le VPH le plus populaire au monde. La première version du vaccin, le Gardasil quadrivalent, vise les deux génotypes du VPH qui sont responsables d'environ 70% des cancers du col de l'utérus et deux autres génotypes du VPH qui provoquent des verrues génitales. En Europe et sur d'autres marchés, le Gardasil est connu sous le nom de Silgard.

Le nouveau Gardasil9, approuvé par la FDA en 2014, est un vaccin à 9 valences, protégeant contre les types 6, 11, 16, 18, 31, 33 , 45, 52 et 58 du VPH. Il cible les quatre souches de VPH trouvées dans la version quadrivalente, et cinq autres qui sont liées au cancer du col de l'utérus et à d'autres cancers liés au VPH. Les deux versions du Gardasil sont prophylactiques et doivent être administrées aux femmes ou aux hommes avant qu'ils ne soient exposés à une éventuelle infection par le VPH par contact intime.

Le Gardasil est l'un des moyens les plus faciles et les plus efficaces pour prévenir plusieurs cancers dangereux. Sans aucun doute, le vaccin contre le VPH prévient le cancer.

Actuellement, aux Etats-Unis, le Advisory Committee on Immunization Practises (ACIP, le comité consultatif des pratiques d'immunisations en français) recommande aux adolescentes et aux garçons âgés de 11 à 12 ans de se faire vacciner contre le VPH. La vaccination est également recommandée pour les adolescentes et les jeunes femmes de moins de 26 ans qui ne l'ont pas encore reçue étant plus jeunes, et pour les adolescents et les jeunes hommes de moins de 21 ans.

Permettez-moi de résumer le tout pour que, si vous ne devez retenir qu'une chose de cette section, vous vous souveniez de ce résumé. Le VPH est une maladie sexuellement transmissible. Le VPH cause 43.000 cancers par an, rien qu'aux Etats-Unis. Le vaccin contre le VPH empêche d'être infecté par le VPH, ce qui signifie que vous êtes protégé contre ces cancers.

Etudes sur le cancer de l'oropharynx lié au VPH

Le premier papier, de Danielle N. Margalit comme principal auteur et publié dans Cancer Epidemiology Biomarkers & Prevention, examine les données issues de la base de la base de données de surveillance, d'épidémiologie et de résultats finaux (Surveillance, Epidemiology and End Results (SEER)) sur le statut du VPH qui comprend plus de 12.000 patients atteints de différents types de cancer de l'oropharynx, diagnostiqué entre 2013 et 2014. Voici quelques résultats clés :

  • L'incidence du carcinome épidermoïde oropharyngé lié au VPH était de 4,62 pour 100.000 personnes contre 1,82 pour 100.000 personnes pour le carcinome épidermoïde oropharyngé non lié au VPH. En d'autres termes, environ 72% de ces cancers sont liés au VPH, et le risque de cancer de l'oropharynx est 2,53 fois plus élevé chez ceux qui ont le VPH par rapport à ceux qui ne l'ont pas.
  • La grosse incidence du carcinome épidermoïde oropharyngé lié au VPH était pour les blancs (5,47 pour 100.000) et les hommes (8,00 pour 100.000).

Je sais que les gens ont tendance à nier les preuves à propos de ce qui provoque le cancer - Je suis toujours consterné de constater que certaines personnes pensent que le tabac n’est pas lié au cancer du poumon. Mais voici clairement une preuve que le VPH est lié au cancer de l'oropharynx.

Le second papier, rédigé par Miriam Lango, docteur en médecine, publié dans Oral Oncology, examine l'incidence du cancer des amygdales (une forme de cancer de l'oropharynx) aux États-Unis à l'aide de la même base de données SEER. Bien que l'étude n'ait pas examiné l'incidence du cancer de l'oropharynx directement lié au VPH, les résultats sont tout de même importants pour la discussion autour du VPH.

Les chercheurs ont constaté que les taux d'incidence du cancer des amygdales avaient augmenté entre 2010 et 2014, d'environ 4,4% dans les comtés à faible statut socio-économique et d'environ 2,9% dans les comtés à statut socio-économique élevé. Ceci comparé aux taux de cancer du larynx qui n'ont pas changé de manière significative au cours de cette période.

En outre, l'augmentation de ce type de cancer de l'oropharynx était plus plus enclin à apparaître chez les jeunes et les blancs.

Les auteurs ont déclaré que:

Ces résultats suggèrent que puisque l'incidence des tumeurs malignes à la tête et au cou liées au tabac est globalement en baisse, la tendance à la hausse de l'incidence du cancer des amygdales dans les régions à faible statut socio-économique peut être attribuée à une maladie liée au VPH.

De 2000 à 2014, l'incidence du cancer des amygdales a augmenté de manière égale dans les pays à faible statut socio-économique et dans les pays à statut socio-économique plus élevé, tandis que les taux d'incidence du cancer du larynx ont diminué ou sont restés stables. Les efforts de prévention impliquant actuellement une pédagogie visant à sensibiliser le public à l’importance de la vaccination contre le VPH devrait inclure ds populations à plus faibles revenus.

Résumé

Les preuves fournies par ces deux articles revus par des pairs montrent clairement que le cancer de l'oropharynx associé au VPH est en augmentation. Et il est également clair que l’augmentation est substantielle et n'a rien à voir avec les statuts socio-économiques (ce qui signifie que le smoothie au chou kale n’a aucun intérêt pour la population favorisée).

Je sais que certains négationnistes de la vaccination diront "nous ne savons pas si le vaccin contre le VPH permettra de prévenir le cancer de l'oropharynx". C'est la même ignorance lorsque quelqu'un prétend que ne pas fumer de cigarettes n'a rien à voir avec l'arrêt du cancer du poumon. Si nous prévenons le virus lié au cancer de l'oropharynx, alors nous prévenons le cancer. Il n'y a rien de sorcier.

Et vous savez que ces mêmes cinglés ignorants de la vaccination diront: «Le VPH n’est pas dangereux et la plupart du temps, il disparaît.» Eh bien, il est dangereux, et parfois il ne disparaît pas, et cela conduit au cancer.

Mais si vous être objectif et que vous pensez que le vaccin contre le VPH ne concerne que le cancer du col de l’utérus, détrompez-vous. Il prévient des cancers dangereux et mortels.
 

Références

Mahal BA, Catalano PJ, Haddad RI, Hanna GJ, Kass JI, Schoenfeld JD, Tishler RB, Margalit DN. Incidence and Demographic Burden of HPV-associated Oropharyngeal Head and Neck Cancers in the United States. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2019 Jul 29;. doi: 10.1158/1055-9965.EPI-19-0038. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 31358520.
Tang JA, Lango MN. Diverging incidence trends for larynx and tonsil cancer in low socioeconomic regions of the US. Oral Oncol. 2019 Apr;91:65-68. doi: 10.1016/j.oraloncology.2019.02.024. Epub 2019 Mar 4. PubMed PMID: 30926064.

Publié par Skeptical Raptor, le 03 septembre 2019

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