Ceci n'est pas Initiative Citoyenne

Pourquoi des épidémies peuvent apparaître dans des populations vaccinées ?

Maladies chez les populations vaccinées

Parfois, les gens se demandent : si les vaccins fonctionnent si bien, pourquoi certaines personnes vaccinées contractent-elles toujours les maladies pour lesquelles elles ont été vaccinées ? Pourquoi avons-nous des épidémies de maladies infectieuses dans les populations où la plupart des gens se font vacciner de manière systématique ?

Il s'agit d'une question complexe et plusieurs facteurs liés sont listés ci-dessous. Plus bas dans la page, quatre étude de cas expliquent comment ces facteurs agissent dans la pratique sur différentes maladies et vaccins.

1. L'efficacité des vaccins

Les vaccins sont plus efficaces que presque tous les médicaments que nous utilisons au quotidien. La plupart des gens seront protégés par la plupart des vaccins qu'ils reçoivent, et certains vaccins du calendrier de routine britannique sont presque efficaces à 100% contre certaines maladies. Par exemple, après deux doses de vaccin ROR, près de 99% des personnes seront protégées contre le virus de la rougeole. Cependant, il y aura toujours un petit nombre de personnes qui n'obtiendront pas de réponse immunitaire à un certain vaccin. Si leur corps n'a pas provoqué de réponse immunitaire, ces personnes restent vulnérables à la maladie.

2. Protection à long-terme des vaccins

La plupart des vaccins offrent une bonne protection pendant de nombreuses années. Pour certains vaccins, il est nécessaire d'administrer des doses répétées de vaccins ou des doses de rappel pour assurer une protection continue. Mais les vaccins ne fournissent généralement pas de protection "pour toujours". Les niveaux de protection peuvent naturellement diminuer avec le temps, ou peuvent être réduits en raison de problèmes médicaux, de médicaments, ou du vieillissement de la population, qui peuvent altérer le bon fonctionnement du système immunitaire.

3. Qui est à risque et quand ?

L'objectif des programmes de vaccination est de protéger différents groupes de population pendant les périodes où ils sont le plus à risque de contracter certaines maladies. Les bébés étant naturellement vulnérables aux maladies infectieuses, la plupart des pays commencent leurs programmes de vaccination chez les jeunes bébés. Certains vaccins s'adressent à d'autres groupes particulièrement exposés aux maladies : les adolescents ont un risque plus élevé de développer une infection à méningocoque; les personnes âgées de plus de 70 ans sont plus exposées au zona et à ses complications; les femmes enceintes sont plus exposées à la grippe.

4. Les maladies changent et évoluent 

Pour que les vaccins fonctionnent, la souche de la bactérie ou du virus contenue dans le vaccin doit être identique à la souche causant la maladie dans la population (ou très similaire à celle-ci). Certains virus et bactéries changent et évoluent avec le temps, ce qui peut avoir une incidence sur l'efficacité des vaccins. Par exemple, le virus de la grippe peut changer très rapidement, ce qui signifie qu'il est peu probable que le vaccin antigrippal de l'année passée vous protège des souches virales en circulation cette année. En revanche, le virus de la rougeole ne change guère d'une année à l'autre. Le vaccin antirougeoleux inclus dans le ROR a donc autant de chances de vous protéger aujourd'hui qu'il y a dix ans. Certaines bactéries qui causent des maladies se présentent sous différents types (telles que les bactéries pneumocoques ou méningocoques). Les vaccins sont conçus pour protéger contre les principaux types de maladies, et différents vaccins peuvent être nécessaires pour différents types. Cependant, il arrive parfois que de nouvelles souches apparaissent ou que des souches moins communes commencent à provoquer plus de maladies. Cela peut également avoir un impact sur l'efficacité du vaccin.

5. Atteindre l'immunité de groupe

De nombreuses maladies infectieuses se propagent dans les populations en infectant des personnes qui ne sont pas immunisées contre la maladie et se propagent ensuite. Lorsqu'un pourcentage élevé de la population est vaccinée, il est difficile pour les maladies infectieuses de se propager car peu de personnes peuvent être infectées. Cela rend plus difficile la transmission de la maladie d'une personne à l'autre. Les programmes de vaccination visent à protéger les individus contre la maladie et à prévenir la propagation de la maladie dans l'ensemble de la population. Cette façon de contrôler les maladies s'appelle l'immunité collective. Cependant, l'immunité de groupe dépend de niveaux de vaccination élevés et ne peut pas protéger chaque individu. 

Etudes de cas

Immunité de groupe et efficacité vaccinale : vaccin antirougeoleux et le ROR

La composante rougeole du vaccin ROR est très efficace. Une seule dose du vaccin ROR protège au moins 9 enfants vaccinés sur 10 contre la rougeole. Une deuxième dose protège environ 90% des personnes qui n'ont pas réussi à obtenir une réponse immunitaire. Ainsi, au total, environ 99 enfants sur 100 sont protégés contre la rougeole en deux doses du vaccin ROR.

Cela laisse environ un enfant sur 100 non protégé contre la rougeole. On ne sait pas pourquoi cela se produit et les chercheurs travaillent à comprendre pourquoi le système immunitaire des personnes réagit de différentes manières pour pouvoir développer des vaccins plus efficaces. Mais tant qu'environ 95 personnes sur 100 reçoivent le vaccin ROR, il est très probable que l'enfant "1 pourcent" soit protégé par l'immunité de groupe. C'est parce qu'elles sont effectivement entourées d'un "cercle" protecteur de personnes immunisées contre la rougeole, de sorte qu'elles ne peuvent pas l'attraper et la transmettre à une enfant qui n'est pas immunisé.

Cependant, la rougeole est extrêmement contagieuse (facile à attraper et à transmettre). Dans une population qui n'est pas du tout vaccinée, une personne atteinte de rougeole infectera entre 14 et 18 autres personnes. Cela peut rapidement entraîner de nombreux cas de maladie dans une communauté ou une zone géographique (une épidémie). La rougeole peut être transmise à des personnes non vaccinées (y compris les bébés trop jeunes pour être vaccinés ou les personnes trop malades). Mais il est tout à fait possible que certains de ceux qui n'ont pas réussi à obtenir une réponse immunitaire au vaccin ROR puissent aussi attraper la rougeole. Parce que la rougeole est très contagieuse, elle peut se propager très rapidement, une épidémie grave peut se développer rapidement dans une communauté ou une population ayant un niveau de couverture vaccinale faible. Cela s'est produit lors de l'épidémie de Swansea (Royaume-Unis) en 2013 et de celle de Disneyland Californie (Etats-Unis) en 2015.  

Protection dans le temps : les vaccins contre la coqueluche

En 2004, le Royaume-Unis a modifié le type de vaccin anticoquelucheux utilisé dans son programme de vaccination. Jusque 2004, le vaccin anticoquelucheux utilisé au Royaume-Unis était fabriqué à partir de bactéries entières tuées. Ce vaccin offrait une bonne protection mais était connu pour provoquer des effets indésirables dans certains cas. Le vaccin actuel contre la coqueluche est dit "acellulaire" : il est fabriqué à partir d'un petit nombre de protéines individuelles de la bactérie de la coqueluche plutôt que de la bactérie entière. Ce type de vaccin donne une bonne réponse immunitaire et réduit également les risques d'effets secondaires graves.

La réponse immunitaire aux vaccins anticoquelucheux a tendance à s'estomper avec le temps. (Même chose si vous attrapez la maladie : vous ne devenez pas immunisé à vie, vous pouvez donc attraper à nouveau la coqueluche). Avec les vaccins "acellulaires", il semble que la réponse immunitaire puisse s'atténuer plus rapidement qu'avec les vaccins à "cellules entières". Cela signifie que les enfants peuvent contracter la coqueluche même s'ils ont été vaccinés. En soi, cela ne pose pas trop de problème, car les bébés et les enfants plus âgés ne courent aucun risque grave de contracter la coqueluche. Cependant, cela devient problématique si les enfants transmettent à des nouveaux-nés trop jeunes pour être vaccinés, car ils risquent de tomber gravement malades, voire de mourir. Il s'agit d'un domaine de recherche en cours, par exemple dans le cadre du projet "Periscope" auquel Oxford Vaccine Group participe.

En 2012, les taux de coqueluche au Royaume-Uni ont augmenté de manière spectaculaire et plusieurs nouveaux-nés sont décédés. On ne sait pas exactement pourquoi les taux de maladies ont augmenté, mais il est possible que la "réponse immunitaire affaiblie" associée au nouveau vaccin contre la coqueluche ait pu jouer un rôle. Le gouvernement britannique a immédiatement lancé un programme de vaccination contre la coqueluche chez les femmes enceintes. Cela a rapidement entraîné une baisse des taux de coqueluche chez les nouveaux-nés, même s'il reste encore beaucoup de coqueluches parmi les enfants et les adultes au Royaume-Uni.

Comment les maladies évoluent-elles : Les vaccins antipneumococciques 

Les bactéries à pneumocoques provoquent une série de problèmes, notamment des otites, des infections pulmonaires et une méningite. Il existe plus de 90 types différents de ces bactéries et des vaccins ont été produits pour protéger contre les types qui causent le plus de maladies.

Le vaccin utilisé pour protéger les nourissons (VCP) a été introduit en 2006 avec un vaccin protégeant contre sept des types de bactéries. Cela a entraîné une forte réduction du nombre de cas d'infections à pneumocoque chez les bébés provoqué par ces sept types. Cependant, le nombre de cas causés par d'autres types de bactéries a augmenté. Six souches ont été identifiées comme responsables de la plupart des nouveaux cas de pneumococcie. Ainsi, en 2010, le vaccin VCP a été remplacé par un vaccin qui protège contre 13 types de bactéries. Les six autres types de bactéries pneumococciques causent maintenant rarement des maladies au Royaume-Uni grâce au programme de vaccination. le VCP a un effet d'immunité de groupe. La vaccination des bébés a réduit le nombre de maladies dans l'ensemble de la population, car les nourrissons et les enfants ne sont plus porteurs de le pneumocoque et ne la propagent pas.

Cependant, une étude de 2015 a montré que d'autres souches de pneumocoques commençaient à devenir plus courantes et pourraient remplacer les souches en voie de disparition, en particulier chez les personnes âgées non vaccinées. La santé publique anglaise (NHS) a continué à suivre cette tendance. Il a été constaté que les souches non couvertes par le VCP avaient augmenté et causaient davantage de cas de pneumococcie.

Pour le moment, la maladie causée par ces souches est généralement moins grave et moins susceptible de provoquer la mort. Il y a toujours un déclin très substantiel de la maladie chez les jeunes enfants, mais dans les groupes les plus âgés, les souches non vaccinales ont remplacé dans une certaine mesure le déclin de la maladie. La santé publique anglaise (NHS) continue de surveiller la situation. Les stratégies futures pourraient inclure le développement de vaccins qui couvrent un ensemble plus large de souches de pneumocoques, en particulier pour celles qui provoquent une maladie de remplacement chez les personnes âgées.

Décider qui est le plus à risque : le vaccin contre le zona

En vieillissant, le risque de développer un zona augmente et les complications deviennent également plus courantes. Cependant, à mesure que les gens vieillissent, leur système immunitaire s'affaiblit également. Il devient moins capable de préparer une réponse à un vaccin, et la réponse va probablement s'estomper plus rapidement. Si le vaccin contre le zona est administré trop tôt dans la vie, la protection risque de ne pas durer suffisamment longtemps pour que les personnes qui en sont atteintes aient le plus de risques de développer un zona et ses complications (70-80 ans). Si le vaccin contre le zona est administré trop tard, le corps peut ne pas développer de réponse immunitaire. La NHS a calculé que donner le vaccin contre le zona aux personnes âgées de 70 ans protégerait le plus grand nombre de personnes le plus longtemps possible. Certaines personnes vaccinées souffriront toujours du zona, mais les effets de la maladie seront probablement moins graves qu'ils l'auraient été sans vaccin.

Publié par Vaccine Knowledge Project, le 29 juin 2018

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Alexandre 14/10/2019 11:29

Au fait, où en est la fameuse "épidémie" de Rougeole qui frappe soi disant la France ( depuis des années en plus semble t'il...) ? et dont les Merdias ne parlent jamais, sauf pour entretenir une terreur sporadique à des fins de vaccinations (BFM WC).

Je serais curieux d'en savoir un peu plus au sujet de cette grosse blague de la Rougeole en France :)

cecinestpasinitiativecitoyenne 14/10/2019 13:15

Depuis le 1er janvier 2019 et jusqu'au 4 septembre, 2429 cas de rougeole ont été déclarés en France (vs 2680 sur la même période en 2018), dont : 702 (29%) hospitalisés (31 en réanimation), 168 cas (7%) compliqués de pneumopathie, 3 cas d’encéphalite dont 2 décès (encéphalites subaiguës à inclusions chez deux jeunes adultes immunodéprimés).

88% des cas sont survenus chez des sujets non ou mal vaccinés (sur un total de 1713 cas, âgés de plus d’un an et nés depuis 1980, et pour lesquels le statut vaccinal était connu).

Il n'y a qu'un antivax comme vous pour trouver cela drôle.