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Le vaccin contre le VPH affecte le taux de grossesse - "Etude" de Gayle de Long RETRACTEE

Une économiste, sans aucune formation scientifique, a rédigé un article boiteux qui prétend que le vaccin contre le VPH affecte le taux de grossesse. Comme ça, pour des raisons inconnues de la science moderne.

Je pensais avoir tout lu, mais voici l'un des recoins de l'esprit anti-vaccin - où la logique et la science disparaissent dans un trou noir. Gayle DeLong a écrit un autre article inutile qui est adulé par la religion anti-vaccin parce qu’ils n’ont rien d’autre.

La religion anti-vaccin déteste clairement le vaccin contre le VPH plus qu'aucun autre. Ils inventent toujours plus de mensonges à ce sujet tout en ignorant le consensus scientifique écrasant sur l'innocuité et l'efficacité du vaccin. Mais s'appuyer sur des faits ne fait généralement pas partie des habitudes des antivaccins.

Bien sûr, les fausses allégations concernant le vaccin contre le VPH reposent souvent sur de la pseudosciences produite par des anti-vaccins comme Shaw et Tomljenovic, dont les articles sont régulièrement rétractés, le tristement célèbre Lyons-Weiler et le grotesque Shoenfeld. Parce que les antivax manquent de preuves pour soutenir leur aversion envers le vaccin contre le VPH, ils ont besoin de faire appel à une fausse autorité pour affirmer que le travail de ces pseudoscientifiques discrédités est plus important que tout le corpus de preuves émanant de vrais scientifiques respectés, qui démontre l'innocuité et l'efficacité du vaccin contre le VPH.

Jetons donc un œil à cette nouvelle étude d'un non-scientifique affirmant que le vaccin contre le VPH affecte les taux de grossesse. J'ai pensé un moment à l'ignorer, mais elle est juste trop drôle.

Tout sur le VPH et les vaccins contre le VPH

Je sais que j'ajoute cette section à chaque article que j'écris sur les vaccins contre le VPH, même si j'envisage de le supprimer. Cependant, il est mis à jour fréquemment avec des informations supplémentaires sur le VPH ou le vaccin. De plus, certains lecteurs souhaitent en savoir plus sur le VPH et cette section peut aider quelqu'un à se mettre rapidement à niveau. Vous pouvez donc sauter cette section si vous la lisez pour la 47ème fois.

Les infections génitales et orales à papillomavirus humain (VPH) sont les infections sexuellement transmissibles (IST) les plus courantes aux Etats-Unis. Le VPH se transmet généralement par contact lors de relations sexuelles, vaginales, anales ou orales.

Il est important de noter que plus de 150 souches ou sous-types de VPH peuvent infecter l'homme - toutefois, seulement 40 de ces souches sont liées à un ou plusieurs cancers différents. Sur ces 40 souches, la plupart sont assez rares.

Bien que les premiers symptômes des infections à VPH ne soient pas graves et que de nombreuses infections à VPH se règlent sans dommages à long-terme, les infections à VPH sont liées de manière causale à de nombreux types de cancers chez les hommes et les femmes. Selon les recherches médicales actuelles, voici certains des cancers liés au VPH :

Cancer du col de l'utérus
Cancer de la vulve
Cancer du vagin
Cancer anal
Cancer de l'oropharynx
Cancer du pénis

En outre, il existe certaines preuves que les infections à VPH sont liées de manière causale aux cancers de la peau et de la prostate. Le lien avec le cancer de la peau est encore préliminaire, mais il existe des preuves bien plus solides que le VPH est lié à de nombreux cancers de la prostate.

On estime que le VPH est responsable de près de 5% de tous les nouveaux cancers dans le monde, ce qui le rend presque aussi dangereux que le tabac. Selon le CDC, environ 79 millions d'américains sont infectés par le VPH - environ 14 millions d'américains contractent un nouveau VPH chaque année. La plupart des gens ne savent même pas qu'ils sont infectés jusqu'à l'apparition du cancer. Le CDC indique également que plus de 43.000 cancers liés au VPH sont diagnostiqués chaque année aux Etats-Unis. Il faut multiplier ce nombre à l'échelle planétaire.

Avant 2014, il y avait deux vaccins contre le VPH sur le marché mondial. GSK, également connu sous le nom de GlaxoSmithKline, produit le Cervarix, un vaccin bivalent (qui protège contre deux souches du VPH). Il a été retiré du marché américain (bien que disponible sur de nombreux autres marchés), en raison de la concurrence des vaccins Gardasil quadrivalent (immunise contre quatre souches différentes du VPH) et 9-valent (immunise contre neuf souches du VPH).

Merck fabrique le Gardasil, probablement le vaccin contre le VPH le plus populaire au monde. La première version du vaccin, le Gardasil quadrivalent, vise les deux génotypes du VPH qui sont responsables d'environ 70% des cancers du col de l'utérus et deux autres génotypes du VPH qui provoquent des verrues génitales. En Europe et sur d'autres marchés, le Gardasil est connu sous le nom de Silgard.

Le nouveau Gardasil9, approuvé par la FDA en 2014, est un vaccin à 9 valences, protégeant contre les types 6, 11, 16, 18, 31, 33 , 45, 52 et 58 du VPH. Il cible les quatre souches de VPH trouvées dans la version quadrivalente, et cinq autres qui sont liées au cancer du col de l'utérus et à d'autres cancers liés au VPH. Les deux versions du Gardasil sont prophylactiques et doivent être administrées aux femmes ou aux hommes avant qu'ils ne soient exposés à une éventuelle infection par le VPH par contact intime.

Le Gardasil est l'un des moyens les plus faciles et les plus efficaces pour prévenir plusieurs cancers dangereux. Sans aucun doute, le vaccin contre le VPH prévient le cancer.

Actuellement, aux Etats-Unis, le Advisory Committee on Immunization Practises (ACIP, le comité consultatif des pratiques d'immunisations en français) recommande aux adolescentes et aux garçons âgés de 11 à 12 ans de se faire vacciner contre le VPH. La vaccination est également recommandée pour les adolescentes et les jeunes femmes de moins de 26 ans qui ne l'ont pas encore reçue étant plus jeunes, et pour les adolescents et les jeunes hommes de moins de 21 ans.

Permettez-moi de résumer le tout pour que, si vous ne devez retenir qu'une chose de cette section, vous vous souveniez de ce résumé. Le VPH est une maladie sexuellement transmissible. Le VPH cause 43.000 cancers par an, rien qu'aux Etats-Unis. Le vaccin contre le VPH empêche d'être infecté par le VPH, ce qui signifie que vous êtes protégé contre ces cancers.

Le papier sur le vaccin contre le VPH affectant la grossesse

Le papier sur le vaccin anti-VPH, publié dans le Journal of Toxicology and Environmental Health A (voir note 1) par Gayle DeLong. En gros, DeLong affirme que les taux de natalité chez les femmes âgées de 25 à 29 ans ont chuté de 2007 à 2015 en raison des vaccins contre le VPH. La plupart des lecteurs commenceront à rire hystériquement justeen lisant cette affirmation, mais j'y reviendrai un peu plus tard. Parce qu'il n'y a pas de spoilers ici.

Comme vous le savez tous, je pose un méta-regard de 10 000 mètres sur les articles que je lis - Les auteurs sont-ils crédibles ? La revue est-elle respectable ? Et quelques autres points qui n'ont rien à voir avec les résultats en eux-mêmes.

Commençons donc avec Gayle DeLong. Elle n'est pas scientifique - elle n'a aucune expérience, formation ou expérience dans un domaine lié aux vaccins comme la virologie, la microbiologie, l'épidémiologie, la santé publique, l'immunologie ou d'autres domaines critiques de la science biomédicale.

Elle est professeure agrégée dans le département d'économie et de finance de la Zicklin School of Business au collège Baruch et à l'Université de New York. Elle détient un baccalauréat en économie, une maîtrise en commerce international et un doctorat en finance et commerce international. Je respecte quelqu'un qui a étudié et enseigne la finance et le commerce international. C’est un domaine très important du commerce moderne.

Mais pas une seule nanoseconde de sa formation ne concerne un des domaines des sciences biomédicales qui se rapportent aux vaccins. Aucun. Elle peut prétendre qu'elle a fait des "recherches", mais comme je l'ai écrit auparavant, devenir un expert ne se fait pas en 2 heures (ou, pour lui donner le bénéfice du doute, 100 heures) sur Google - être un véritable expert prend des dizaines de milliers d'heures de recherche scientifique.

La recherche sur les vaccins demande un travail acharné, une compréhension approfondie des statistiques médicales et une expertise dans un grand nombre de domaines biologiques. Je ne sais pas pourquoi des gens comme DeLong (et tous les autres antivax) pensent que c'est facile, mais ce n'est pas le cas. Je suis convaincue que DeLong et ses larbins croient que les vaccins sont fabriqués dans un garage avec un mélangeur, une poignée de virus, des fœtus humains avortés, une cuillerée de glyphosate, puis, sans aucun test, sont vendus pour des milliards de dollars à des parents peu méfiants Eh bien, DeLong a TORT.

DeLong a deux filles autistes - en tant que parent d'un enfant autiste, j'éprouve de l'empathie pour elle. Malheureusement, DeLong fait confiance en des pseudosciences pour essayer de "guérir" ses enfants de l'autisme. Elle a indiqué que les deux enfants "ont grandement bénéficié de compléments, d'un régime alimentaire, de la chélation et de l'oxygénothérapie hyperbare", qui sont des méthodes discréditées par la vraie science.

De plus, et peut-être je parle de ma "formidable tribune" ici, mais les personnes autistes veulent-elles vraiment être guéries? Beaucoup d’entre nous soutiennent que l’autisme n’est pas une maladie, mais seulement une partie de l’éventail de la personnalité et des comportements humains. Et essayer de "guérir" les enfants autistes avec de la pseudoscience est limite abusif. Non, c'est abusif, point.

Enfin, DeLong était autrefois membre du conseil d'administration de Safe Minds, un groupe anti-vaccin qui prétend se soucier des enfants autistes, mais qui n'est qu'une façade pour propager les mensonges sur les vaccins.

Orac a récemment écrit (voir la note 2) à propos de cet article et de DeLong. Ses commentaires concis à son sujet valent le coup d'être reproduits ici:

"Nous avons déjà eu affaires avec Gayle Delong, d'abord en 2011 lorsqu'elle a publié un article qui était, en gros, une erreur écologique, pour essayer de montrer que les vaccins provoquent l'autisme. Puis, un an plus tard, elle a publié un article tout aussi risible sur les "conflits d'intérêts" dans la science des vaccins qui était fait une attaque contre la Vaccine Court. Ensuite, en 2014, Delong a accusé le traitement de l'autisme de son enfant d'être responsable du diagnostic de son cancer du sein et a clairement indiqué qu'elle considérait l'autisme comme pire que le cancer du sein. Une autre chose que vous devez savoir sur Gayle Delong est qu'elle n'est ni scientifique, ni médecin, ni épidémiologiste

… Rien de tout cela ne l'a empêchée de pagayer courageusement le fleuve de la pseudoscience dans des sujets où elle n'a aucune expertise."

Donc, non seulement elle a essayé des traitements charlatanesques sur ses enfants, mais elle pense que l'autisme est pire que le cancer du sein. C'est une personne horrible à tant d'égards, et c'est une preuve supplémentaire qu'elle n'est pas digne de confiance en ce qui concerne quoi que ce soit par rapport à la science des vaccins.

Mais voyons ce qu'a produit Mme DeLong, même si son implication annule toute conclusion que l'on peut tirer.

D'autres problèmes majeurs devraient inciter tous les lecteurs de littérature scientifique à secouer la tête et à se demander pourquoi le Journal of Toxicology and Environmental Health A a publié cet horrible article. Voyons d'abord la section des remerciements :

L'auteur remercie David Geier, Sabastiano Manzan, Jonathan Rose et Paul Turner ainsi que Sam Kacew (l'éditeur) et trois critiques anonymes pour leurs commentaires perspicaces. Toute erreur est de la seule responsabilité de l'auteur.

Attendez, ma tête doit frapper le bureau plusieurs fois. David Geier ? L'homme qui a été accusé par le Maryland Board of Physicians d'avoir pratiqué sans licence médicale ? Non, ces accusations n’ont pas résulté d’un oubli de la part de Geier, il n’est pas médecin, n’a jamais étudié pour être médecin et ne connaît rien à la médecine. Avec son père, il a promu des "traitements" contraires à l'éthique pour l'autisme, principalement des castrations chimiques.

En d'autres termes, DeLong utilise un criminel, David Geier, comme quelqu'un à remercier ? Les rédacteurs de la revue ont-ils passé ne serait-ce qu'une minute ou deux à "chercher" qui est David Geier ?

Vous vous demandez peut-être si les autres personnes qu'elle a remercié sont de vrais scientifiques qui connaissent quelque chose au sujet des vaccins. La réponse serait négative. Sabastiano Manzan est également économiste dans la même école que DeLong, et il n'a également aucune formation scientifique. Jonathan Rose est le mari de DeLong et est professeur d'histoire. En d'autres termes, elle utilise l'expertise d'un charlatan, d'un économiste et de son mari historien pour faire relire sa condamnation du vaccin contre le cancer anti-VPH .

Bref, je ne devrais même pas continuer de discuter de cet article, mais je vais quand même le faire.

Le vaccin contre le VPH affecte la grossesse - De la pseudoscience

Avant de pointer certaines choses, commençons tout en haut. DeLong a examiné les taux de natalité des femmes de 25 à 29 ans de 2007 à 2015. Le user "Falls Angel" a répondu avec ce commentaire (dans un autre article sans rapport) avec une critique importante:

"Le vaccin contre le VPH n'est sorti aux États-Unis qu'en 2006. La limite d'âge supérieure est de 26 ans. Par conséquent, le nombre de 25 à 29 ans qui auraient pu recevoir le vaccin en 2007 n'est que de 60% du total (essentiellement des femmes âgées de seulement 25, 26 et 27 ans). Ce n'est qu'en 2009 que toutes les femmes de cette cohorte étaient éligibles pour recevoir le vaccin. Quelle étude foireuse !"

La cohorte utilisée par DeLong ne comprenait en fait pas de femmes éligibles au vaccin contre le VPH pendant cette période ! C'est une erreur d'amateur fondamentale de quelqu'un qui ne connait rien aux vaccins. Franchement, cette revue devrait retirer cet article pour ce seul point.

Mais il y a plus que cela. DeLong semble ne pas comprendre, ni examiner les variables confondantes. Les facteurs de confusion sont des variables qui peuvent conduire à une fausse association. Par exemple, de nombreuses études affirment que les sodas de régime entraînent une prise de poids, ce qui semble biologiquement invraisemblable. Cependant, bon nombre de ces études ignorent les variables confondantes, comme le fait que celles qui boivent des sodas de régime peuvent en fait consommer plus de calories par jour. Ou elles peuvent faire moins d'exercice. Ou autre chose. Le fait est que vous devez examiner ces facteurs de confusion, sinon l'étude n'est pas valide.

Si on entreprend une vaste étude épidémiologique, il faut la concevoir de manière à réduire l’effet des variables confondantes ou à en tenir compte. Le user "Mike Stevens" a souligné plusieurs de ces variables (oui, il y a eu une discussion approfondie de ce document sur un autre article que j'ai publié) qui rende l'étude quasi-invalide :

"1. Les femmes qui accèdent aux services de santé sexuelle et de contraception sont à la fois plus susceptibles de se faire vacciner et plus susceptibles d'utiliser la contraception.
2. Le niveau d'étude, les facteurs raciaux et socioéconomiques influencent à la fois le taux de natalité et le taux de vaccination.
3. Les femmes qui choisissent de devenir enceintes sont plus susceptibles d'avoir des relations stables à long terme et moins susceptibles de vouloir se protéger des IST.
4. Idéologie religieuse - certains fondamentalistes s'opposent à la fois à la contraception et à la vaccination."

En d'autres termes, DeLong cherchait des données pour étayer sa conclusion - prendre les données de taux de natalité et établir une association fallacieuse avec le vaccin contre le VPH tout en ignorant complètement les autres variables dépendantes. Elle voulait juste croire que le vaccin contre le VPH affecte les taux de grossesse. Et sans se soucier de la science, elle a manipulé les données d'une façon ou d'une autre, ignorant les variables confondantes, pour obtenir le résultat qu'elle voulait.

De vraies données scientifiques issues du CDC (pdf) montrent que le taux de natalité pour cette cohorte de femmes a baissé régulièrement depuis le milieu des années 1990, plus d'une décennie avant que le vaccin contre le VPH ne soit disponible aux États-Unis. Je l'ai peut-être ratée, mais quand j'ai lu l'article, je n'ai trouvé aucune explication, car DeLong emploie de la pseudoscience, pas de la vraie science, pour étayer sa conclusion préétablie. C’est juste pathétique.

En fait, de nombreux chercheurs pensent que la baisse du taux de natalité dans ce groupe est liée à la situation financière. Le marché du travail des diplômés de la génération Y est plutôt médiocre. DeLong a-t-elle regardé cela ? A-t-elle examiné les revenus et les études du groupe ? Non.

Ensuite, il y a un autre problème qui me donne envie d'hurler - elle utilise l'un de ces mythes complètement débunkés au sujet du vaccin contre le VPH :

"Des cas de jeunes femmes souffrant d'insuffisance ovarienne primaire ou prématurée (POF) après avoir reçu le vaccin ont été rapportés (Colafrancesco et al. 2013; Little et Ward 2012, 2014). POF - défini comme le début de la ménopause avant l'âge de 40 ans - est parfois appelé insuffisance ovarienne prématurée et est considéré comme extrêmement rare."

Examinons cela en deux points, Premièrement, la preuve qu'il existe une relation causale avec le VPH n'est tout simplement pas apportée. Les études que DeLong mentionne dans cette citation sont des études de cas, qui se classent dans le bas de la hiérarchie de la recherche biomédicale. Il n'est pas possible de les utiliser pour démontrer un type de lien biologiquement plausible entre le vaccin et la POF. Mais DeLong utilise ce non-sens pour étayer ses conclusions.

Deuxièmement, DeLong a ignoré l'énorme masse de preuves comprenant des études massives de plusieurs millions de patients qui n'ont pas détecté de POF après avoir reçu le vaccin contre le VPH. Aucun. En fait, un examen de la recherche sur le vaccin contre le VPH n'a trouvé aucune relation entre le vaccin et la POF.

Je ne suis pas statisticien et je ne prétends pas l'être. Orac rend un énorme service à la communauté pro-vaccin en sélectionnant les statistiques de toutes ces études anti-vaccins mal foutues, et il laisse croire que DeLong essaie juste de nous balancer un tas de statistiques pour nous embrouiller. Orac s'est demandé pourquoi DeLong n'avait même pas pris la peine d'examiner l'usage de la contraception :

"En tout cas, je ne vois que deux explications pour lesquelles Gayle Delong n’a pas fait cette analyse, étant donné que les données semblent avoir été disponibles. Soit elle était paumée et ne la considérait même pas comme une covariable, soit elle a fait des analyses exploratoires et, avec l'usage de contraceptifs inclus, les effets qu'elle avait vu ont disparu. Après tout, ils n'étaient pas très robustes; donc je suppose que ce ne serait pas difficile de le savoir."

Mais il y a un point que j'ai remarqué en lisant l'article - je n'ai pas vu de différence statistique entre les taux de grossesse après 1, 2 et 3 doses. Si vous allez publiez dans une revue de toxicologie, la base de toute toxicologie est une analyse dose-effet. En d'autres termes, si une dose est mauvaise, alors trois doses devraient être pires. Pourtant, nous n’observons pas cela ici, probablement parce que le vaccin contre le VPH n’est pas lié aux taux de natalité.

Mise à jour - Elisabeth M Bik critique également le papier

On m'a indiqué une une discussion PubPeer (un excellent site Web où les scientifiques critiquent les articles publiés) sur l'article DeLong, qui a soulevé un point que beaucoup d'entre nous ont manqué. Le Dr Elisabeth Bik affirme que :

"Les 2 groupes diffèrent également par un facteur de confusion très important, à savoir le pourcentage de diplôme universitaire. Les femmes vaccinées contre le VPH avaient un pourcentage significativement plus élevé de diplômes universitaires que le groupe non vacciné. C'est un énorme facteur de confusion. Les femmes titulaires d'un diplôme universitaire ont des bébés à un âge moyen plus élevé (30,3 ans) que les femmes sans diplôme universitaire (23,8 ans). Voici un graphique basé sur les données de 2016 du National Center for Health Statistics illustrant cette différence:

L'auteur a limité son étude aux femmes âgées de 25 à 29 ans, ce qui est inférieur à l'âge moyen auquel les femmes titulaires d'un diplôme universitaire ont leur premier bébé. Si vous limitez le groupe d'étude aux femmes de moins de 30 ans, cela signifie que la moyenne des femmes titulaires d'un diplôme universitaire n'ont pas encore eu leur premier bébé. Cette tranche d'âge choisie est trop étroite pour faire des corrélations avec le statut vaccinal."

Ce n'est pas seulement un facteur de confusion "énorme", mais c'est aussi tellement évident que beaucoup d'entre ne l'avons pas fait remarquer. Le point le plus important est que DeLong essaie de prétendre que le vaccin contre le VPH affecte la grossesse alors qu'il semble y avoir des facteurs plus importants qui affectent le taux de grossesse par âge - comme une formation universitaire.

Le Dr Bik a également pointé une autre préoccupation à souligner:

"L'auteur ne donne aucune explication plausible du mécanisme par lequel le vaccin contre le VPH pourrait entraîner une baisse du taux de grossesse."

Pour établir la causalité, il faut fournir de solides preuves de corrélation et de plausibilité biologique. Du fait de son horrible analyse, qui notamment ignorent les facteurs de confusion, elle n'a pas établi de corrélation qui montre clairement que le vaccin contre le VPH affecte les taux de grossesse. En fait, ses données montrent ce que nous savons déjà - les taux de grossesse sont affectés par la scolarité, le niveau de revenu, l'âge, tout sauf le vaccin contre le VPH.

Enfin, elle ne fournit aucune information qui permettrait à tout être humain rationnel d'accepter qu'il existe un lien biologiquement plausible entre le vaccin contre le VPH et la fertilité. Aucun.

Comme l'a écrit un autre commentateur sur PubPeer:

"L'immunisation contre le VPH est composée d'antigènes de VPH naturels. La POI / l'infertilité n'est pas une pathologie associée à l'infection par le VPH (bien que le cancer du col de l'utérus conduisant à l'infertilité puisse certainement être lié). Il n'y a aucun mécanisme plausible pour expliquer pourquoi un vaccin contenant un antigène VPH serait capable de provoquer une POI / infertilité, alors que le virus de type sauvage ne le peut pas."

Bien sûr, comme je l'ai mentionné ci-dessus, des études menées correctement n'ont montré aucun lien entre le vaccin contre le VPH et la POI. Et ces études ont été menées par des personnes qui comprennent les problèmes de santé publique - des épidémiologistes, pas un chercheur en finance internationale.

MISE À JOUR 10 décembre 2019

Il s'agit d'une étude pourrie écrite par DeLong qui n'a aucune expertise ou connaissance en quoi que ce soit qui concerne la science des vaccins. Eh bien, apparemment, les rédacteurs en chef du Journal of Toxicology and Environmental Health A étaient d'accord avec le Dr Elisabeth Bik, ce vieux dinosaure et un tas d'autres personnes intelligentes, et ils ont décidé de retirer l'article.

Et cela s'ajoute maintenant à la longue liste des "études scientifiques" anti-vaccins qui ont été rétractées et jetées dans la poubelle de déchets inutiles de l'Internet.

Les personnes dédiées sur Retraction Watch ont examiné la rétraction de cet article et ont déclaré que, selon l'éditeur, la raison de la rétractation était:

"Tous les rapports post-publication que nous avons reçus décrivaient de graves lacunes dans l'analyse statistique et l'interprétation des données de ce document, et nous avons donc décidé de les retirer."

Hé l'éditeur, On l'avait déjà dit il y a un an.

Résumé

Permettez-moi de juste dire ceci - cet article, qui essaie de montrer que le vaccin contre le VPH affecte la grossesse, est une ânerie pure et dure. La science ne répondrait pas aux normes d'un journal scientifique du secondaire.

Le Journal of Toxicology and Environmental Health A a-t-il fait ce qu'il fallait en rétractant ce tas de fumier de cheval putride ? Avant de mettre à jour cet article aujourd'hui, j'avais écrit à l'origine :

"Je pense que nous devrions commencer le compte à rebours de la rétractation."
 

Remarques

1. Il existe deux versions du Journal of Toxicology and Environmental Health, A et B. Le A se concentre sur les "problématiques actuelles", tandis que le B se concentre sur les "critiques". Ce sont, de loin, les noms les plus étranges des revues traditionnelles que j'ai jamais vu.
2. Oui, je sais que j'écris de temps en temps sur un sujet qu'Orac vient de traiter, ce n'est la preuve de rien, y compris l'affirmation maintes fois répétée qu'Orac et Skeptical Raptor sont une seule et même personne.

Références

Cet article avait initialement été publie par Skeptical Raptor en juin 2018. Il a été mis-à-jour pour y inclure les critiques du Dr. Elisabeth Bik.

 

Pour aller plus loin, consultez cet article publié en mars 2019 qui traitait déjà de cette étude moisie de Gayle DeLong : GAYLE DELONG ESSAIE DE CORRIGER SON ARTICLE ANTI-VACCIN VIA SON BLOG

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Alexandre Parmesan. 21/01/2020 11:25

Au fait, où en est cette fameuse "épidémie"de Rougeole en France dont BFM WC ne nous parle jamais ? :) Parce que ce serait bien les premiers à nous en parler non histoire de terroriser les français afin de pousser à la vaccination...? :)

Elle est toujours dans l'imaginaire des Pro Vaccins...? :)

Ils prennent vraiment les gens pour des Cons hein :) :)

cecinestpasinitiativecitoyenne 21/01/2020 11:39

Ce n'est pas du tout le sujet de l'article. Votre comportement s'assimile à du trolling.

Néanmoins, pour ne pas laisser sans réponse vos bêtises, voici les statistiques au 1er trimestre 2019 :
► Depuis le 1er janvier 2019 et jusqu'au 31 mars 2019, 561 cas de rougeole ont été déclarés (vs 1532 cas sur la même période en 2018), dont 174 (31%) hospitalisés (10 en réanimation), 48 (9%) compliqués de pneumopathies, 1 décès (encéphalite).
► 91% des cas sont survenus chez des sujets non ou mal vaccinés.
► 67 départements ont déclaré au moins 1 cas au cours de la période
https://www.mesvaccins.net/web/news/13735-l-epidemiologie-de-la-rougeole-dans-le-monde-en-avril-2019

Arrêtez de regarder BFM, sérieux. Ça vous monte au cerveau. Jamais, dans aucun article, je n'évoque BFM ... alors arrêtez votre lubie, passez à autre chose, sortez de chez vous, prenez l'air, ... faites quelque chose. Je ne regarde jamais BFM. Et ce n'est certainement pas sur cette chaîne que j'irais m'informer sur un sujet qui touche à la vaccination. Vous vous méprenez vraiment.