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Etudes antivax rétractées - L'ultime liste de la pseudoscience et des biais

Les études antivaccinales rétractées sont des incontournables parmi les articles que je publie ici. Généralement, elles essaient de créer un faux lien entre les vaccins et l'autisme, mais certaines études essaient de dire n'importe quoi pour discréditer les vaccins.

Comme nous le savons, la vraie science a établi qu'il n'y a aucun lien entre les vaccins et l'autisme. Les études antivaccinales essaient généralement de montrer ce lien sans études épidémiologiques ou cliniques - elles essaient juste de faire des affirmations fallacieuses biologiquement invraisemblables en essayant de relier quelque chose sur les vaccins à l'autisme.

Une grande partie de la recherche antivaccinale est si mauvaise, tellement mal conçue, qu'elle est reléguée dans des revues prédatrices de mauvaise qualité qui ont des systèmes de revue par les pairs ridiculement médiocres. Même avec ça, on peut trouver d'occasionnelles études antivaccinales rétractées, car elles sont souvent si mauvaises que même ces éditeurs prédateurs sont embarrassés.

Je vous présente donc, fidèles lecteurs, une liste d'études antivaccinales rétractées (et j'utilise ce terme très soigneusement). Ce n'est pas une liste complète, c'est juste ce que j'ai vu ces dernières années. Si vous connaissez un article rétracté que j'ai raté, laissez moi un commentaire.

La mère de toutes les études antivaccinales rétractées

Nous ne pouvons pas commencer cette liste sans discuter de l'étude peu scrupuleuse antivaccinale du fraudeur, M. Andrew Wakefield. Cette horrible étude, publiée dans une revue médicale respectée, The Lancet, a tenté d'établir un lien entre le vaccin ROR et le trouble du spectre autistique (TSA).

Selon l'étude, huit des 12 enfants inclus dans l'étude ont développé à la fois un syndrome du côlon irritable et une régression comportementale dans les 14 jours suivant la réception du vaccin ROR. Cela suggère un lien entre la vaccination et la régression.

Cependant, l'étude posait de nombreux problèmes :

  1. L'«étude» comprenait un total de 12 enfants. C'est ça. Si je ne savais rien de M. Wakefield, je me méfierais de toute preuve incluant un échantillon de seulement 12 sujets. Je me moque systématiquement des études légitimes quand elles incluent moins d'une centaine de patients.
  2. L'«étude» n'avait aucun groupe contrôle.
  3. L'«étude» n'a fourni aucune analyse des facteurs de confusion.
  4. L'«étude» n'avait aucune plausibilité biologique.
  5. L'«étude» était biaisée en ce sens qu'elle semblait choisir des enfants qui présentaient à la fois des symptômes précoces de TSA et qui avaient reçu le vaccin. Ce n'est pas de la science.

L'avis de rétractation du Lancet indiquait que:

"À la suite de l’arrêt rendu le 28 janvier 2010 par le UK General Medical Council sur l’aptitude professionnelle, il est devenu clair que plusieurs éléments de l'étude de 1998 de Wakefield et al. sont incorrects, contrairement aux conclusions d'une enquête antérieure. En particulier, les allégations de l'étude d'origine selon lesquelles les enfants ont été «impliqués consécutivement» et que ces recherches ont été «approuvées» par le comité d'éthique local se sont avérées fausses. Par conséquent, nous retirons entièrement cet article des publications."

Il a fallu plus de 10 ans à la revue pour retirer ce papier, malgré les nombreux doutes quant à la qualité de l'étude. Je ne comprends pas pourquoi The Lancet a publié une étude aussi horriblement mauvaise, étant donné qu'il s'agit de l'une des revues médicales les plus respectées au monde. A quoi pensaient-ils?

Finalement, le BMJ, autrefois connu sous le nom de British Medical Journal, a publié une série d'articles, écrits par Brian Deer, sur la tromperie méprisable de Wakefield, vous pouvez en davantage ici, ici et ici. La plupart des co-auteurs de Wakefield ont déserté le navire en perdition.

Entre la fraude de Wakefield et la science étonnamment pauvre de l'article, il est devenu l'un des premiers papiers antivaccins rétractés à avoir frappé nos esprits au sujet des vaccins. Malheureusement, à cause de ce papier, de nombreux parents ont commencé à croire que les vaccins «provoquent» l'autisme. Et les taux de vaccination ont chuté à un point tel que l'épidémie de rougeole resurgit - tout cela à cause d'un mensonge de l'un des personnages les plus douteux de l'histoire de la science.

Shaw et Tomljenovic

On ne peut pas évoquer les études antivaccinales rétractées sans mentionner Christopher Shaw et Lucija Tomljenovic, qui ont plusieurs rétractations à leur curriculum vitae. Ces «scientifiques» n'ont aucune expérience dans aucun domaine de la science des vaccins (épidémiologie, santé publique, immunologie ou autres), il n'est donc pas surprenant qu'ils aient une série de rétractations à leur actif.

Au cas où vous ne seriez pas familier avec ces personnes, Shaw occupe un poste universitaire en tant que professeur au Département d'ophtalmologie de l'Université de Colombie-Britannique (UBC). Shaw prétend qu'il est un neuroscientifique, mais ses recherches portent sur la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et le complexe de démence du Syndrome de Guam. Il semble avoir fait des études de qualité dans ces domaines.

Malheureusement, il a utilisé cette recherche pour s'intéresser au domaine de l'autisme et des vaccins (aucune preuve scientifique réelle ne justifie un lien). Et c'est là qu'il semble dérailler.

D’un autre côté, les diplômes et le statut de Tomljenovic à l’Université de Colombie-Britannique sont quelque peu flous. Elle était boursière postdoctorante (un poste où un doctorant relativement nouveau poursuit ses recherches dans un établissement qui le lui permet) à l'UBC, mais les recherches sur les membres du personnel de l'UBC ne donnent aucun résultat sur son nom .

Il est possible, en tant que post-doctorante, qu'elle ne soit pas rémunérée ou qu'elle fasse partie du personnel de l'université, mais qu'elle soit rémunérée par une autre source, elle n'apparaîtrait donc sur aucun annuaire du personnel. Il s'agit d'une méthode rare, mais pas totalement inconnue, de maintenir les post-doctorants en laboratoire. Dans l'ultime, et finalement rétracté, papier publié par Shaw et Tomljenovic, elle déclare qu'elle est toujours à l'UBC.

Une grande partie de la «recherche» antivaccinale faite par Shaw a été payée par la Dwoskin Family Fondation, l’un des promoteurs les plus profondément antivaccinaux de la recherche dans le monde. Claire Dwoskin est membre du conseil d'administration du groupe antivaccin, le National Vaccination Information Center, un méprisable groupe antivaccin qui propage la désinformation comme s'il s'agissait de faits sur les vaccins.

Mais il y a autre chose. Tomljenovic et Shaw sont fortement soutenus financièrement par d'autres donateurs anti-vaccins clés, très riches. Peut-être que ce soutien ne signifie rien pour leur crédibilité scientifique, mais lorsque vous lisez attentivement leurs articles, ils ont à priori la conviction que les vaccins sont dangereux, et ils font de la science pseudoscience uniquement pour soutenir cette croyance.

En outre, ils ont été épinglés par des organisations scientifiques respectées comme l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui ont catégoriquement rejeté leurs médiocres allégations. L'OMS déclare que Shaw et Tomljenovic n'ont fourni aucune preuve d'une relation causale entre l'aluminium dans les vaccins et l'autisme.

Rétractation de Shaw et Tomljenovic # 1

Shaw et Tomljenovic ont co-écrit un article publié dans l'une des meilleures revues du domaine, Vaccine, qui décrivait des problèmes de comportement observés chez des souris femelles après l'injection d'adjuvants aluminiques et le vaccin contre le VPH.

Après avoir fait l'objet de critiques sévères dans le domaine, d'autant plus que l'article a été publié dans une prestigieuse revue à fort impact, les rédacteurs de Vaccine ont décidé de retirer l'article :

"Cet article a été retiré à la demande du rédacteur en chef en raison de graves craintes concernant la validité scientifique de l'article. L'examen par le rédacteur en chef et l'évaluation par des experts externes ont confirmé que la méthodologie est sérieusement déficiente et que les affirmations que l'article fait sont injustifiées. En tant que revue internationale à comité de lecture, nous pensons qu'il est de notre devoir de retirer l'article de toute diffusion ultérieure et d'informer la communauté de ce problème."

Le document n'existe plus dans les chroniques de Vaccine.

Orac a embroché cette science poubelle. Après avoir lu l'examen critique qu'il a fait de l'étude, je maintiens ma position selon laquelle ça ressemblait exactement à l'horrible papier de Séralini sur les OGM dont on a discuté précédemment.

Les passages clés d’Orac sont les suivants:

  1. L’hypothèse de l’auteur selon laquelle les adjuvants vaccinaux et les vaccins peuvent provoquer des maladies auto-immunes n’est généralement avancée que par les antivaccins en général.
  2. Les chercheurs ont utilisé un modèle de souris à utiliser comme proxy pour le «comportement», en les soumettant à des tests standardisés pour les souris. Le problème est que les auteurs ont fourni une hypothèse, qui manque totalement de plausibilité biologique, qui nuit aux souris (car elles sont tuées à la fin de l'expérience).
  3. Les chercheurs n'ont pas été «aveuglés» lorsqu'ils ont observé que les souris subissaient ces tests. Eh bien, en tout cas, ils n'ont pas mentionné s'ils étaient aveugles.
  4. Comme Séralini, les auteurs doivent avoir raté des cours sur les statistiques de base. Ils ont utilisé un type de test statistique, appelé le test de Student, qui visait à déterminer la signification statistique de deux groupes de données indépendants. Les auteurs l'ont utilisé pour identifier les différences entre QUATRE groupes de données. Cela ne fonctionne pas dans ce cas.

Rétractation de Shaw et Tomljenovic # 2

Un autre article co-écrit par Shaw et Tomljenvic, publié dans Inorganic Biochemistry, a également fait l'objet de vives critiques de ma part et d'Orac. Ce papier a tenté de nous convaincre que les adjuvants à base d'aluminium dans les vaccins provoquaient l'autisme.

De manière prévisible, selon Retraction Watch, l'éditeur de Inorganic Biochemistry, John Dawson de l'Université de Caroline du Sud, a déclaré que:

"Le document de Shaw et de ses collègues est rétracté conjointement par les auteurs et l'éditeur."

Bien que l'éditeur n'en ait pas précisé les raisons, cela ne signifie pas que nous n'avons pas de bonnes explications. De vrais scientifiques, comme The Mad Virologist, également un expert en analyse de l'ADN, et Blood-Brain Barrier Scientist, qui a écrit sur la barrière hémato-encéphalique et la musique heavy metal, ont analysé conjointement le papier de Shaw et Tomljenovic. Ils ont fait un travail magistral en analysant certaines erreurs techniques et d'autres problèmes avec ce papier.

Je ne vais pas essayer de synthétiser ce qu'ils ont écris, donc j'utilise leur propre résumé:

"Sur base des méthodes utilisées dans ce papier, Shaw et al. est allé trop loin en déclarant que les adjuvants aluminiques provoquent l'autisme. Mais six autres points clés limitent les conclusions qui peuvent être tirées de cet article :

  1. Ils ont sélectionné des gènes sur base de la littérature ancienne et ils ont ignoré les publications plus récentes.
  2. La méthode de quantification par PCR est imprécise et ne peut pas être utilisée comme une quantification absolue de l'expression des gènes sélectionnés.
  3. Ils ont utilisé des tests statistiques inappropriés qui sont plus enclins à donner des résultats significatifs, ce qui explique peut-être pourquoi ils ont été sélectionnés.
  4. Leur posologie pour les souris crée des hypothèses sur le développement des souris qui ne sont pas correctes.
  5. Ils ont donné aux souris beaucoup plus d'aluminium bien plus tôt que ce que le calendrier de vaccination n'expose aux enfants.
  6. Il y a des irrégularités dans les données semi-quantitatives de RT-PCR et de Western blot qui suggèrent fortement que ces images ont été fabriquées. C'est probablement la chose la plus accablante du papier.
  7. Si les données ont été manipulées et les images trafiquées, alors le papier doit être retiré et l'UBC doit faire une enquête sur les manquements en recherche du laboratoire de Shaw.

Pris ensemble, nous ne pouvons pas faire confiance dans le travail de Shaw et si nous étions les gens qui financent ce travail, nous serions incroyablement contrariés parce qu'ils ont tout simplement jeté de l'argent qui aurait pu faire du bien mais qui, à la place, a été gaspillé. Peut-être y a-t-il une bonne explication aux irrégularités que nous avons observées, mais tant que ces préoccupations ne seront pas aplanies, nous ne pouvons pas faire confiance dans ce papier."

En d'autres termes, c'est de la science poubelle.

Rétractation de Shaw et Tomljenovic # 3

C'est l'une des histoires les plus étranges de l'historique des rétractations de Shaw et Tomljenovic. Retraction Watch a signalé qu'une lettre adressée au rédacteur en chef de la revue Toxicology, co-écrite par Shaw, avait récemment été rétractée par la revue. Pour être honnête, j’ai rarement entendu parler d’une lettre rétractée, mais cela doit arriver.

Voyons donc cette histoire. En début de 2017, Shaw a co-écrit (avec 10 autres personnes, y compris le «chercheur» anti-vaccin tout aussi notoire, Christopher Exley) un article dans Toxicology qui promeut la pseudoscience selon laquelle les doses subcliniques d'aluminium dans les vaccins étaient liées à certains troubles neurologiques. C’est de la recherche exécrable qui a été vivement critiquée par de vrais scientifiques.

Le Dr David Hawkes, virologue moléculaire à l'Université de Melbourne et Joanne Benhamu, enseignante associée en bioéthique à l'Université Monash, tous deux en Australie, ont écrit une lettre au rédacteur en chef de Toxicology, intitulée «Questions sur la qualité méthodologique et éthique d'un papier critique des adjuvants vaccinaux.» Comme vous pouvez l'imaginer, il ne s'agissait pas d'une évaluation favorable de l'article.

L'article original dans Toxicology est à peine différent des autres articles écrits ou co-écrits par Christopher Shaw - en utilisant des techniques discutables pour tenter de se convaincre et convaincre leurs lecteurs que de grandes quantités d'aluminium peuvent provoquer des troubles neurologiques chez la souris. Premièrement, l'étude ne nous fournit aucune donnée significative appuyant l'hypothèse. L'étude comprenait 36 sous-groupes d'analyse, mais ils n'ont fourni des données que pour six d'entre eux, et les statistiques pour ces six groupes étaient, au mieux, décevantes. Je suppose que les 30 autres groupes avaient de pires statistiques.

Hawkes et Benhamu ont également ajouté un fort commentaire sur l'éthique dans leur lettre, discutant de l'absence de déclarations de conflits d'intérêts de Shaw et compagnie. Je ne pense pas que les conflits d'intérêts, en eux-mêmes, invalident la qualité de la recherche, mais à des fins de transparence, ils devraient être visibles à tout le monde.

Maintenant, l'histoire devient encore plus étrange. Christopher Exley (un autre «chercheur» antivaccin qui a récemment vu son financement retiré pour mauvaise science) et Shaw ont co-écrit une lettre à l'éditeur en réponse à la lettre de Hawkes et Benhamu. C'était une lettre non professionnelle qui n'aurait jamais dû être publiée. Mais bien sûr, ce fut le cas, et nous pouvons le mentionner.

Une publication sur PubPeer, un site consacré aux critiques scientifiques de papiers, met en lumière quelques-uns des points incorrects chez Shaw et Exley :

  1. Une détermination selon laquelle la lettre de Hawkes et Benhamu n'aurait jamais pu passer la revue par les pairs. Ironiquement, Shaw est un expert du contournement du processus d'examen par les pairs.
  2. «La revue par les pairs aurait établi que les critiques relatives à notre science n'étaient pas fondées et ne reflétaient que l'inexpérience des rédacteurs de cette lettre dans le domaine des adjuvants aluminiques. Nous ne pensons pas que nous devrions maintenant passer notre temps à expliquer pourquoi les critiques sont soit scientifiquement ineptes, soit simplement des opinions mal informées.
  3. «… Les auteurs sont à la fois administrateurs et militants au nom d'un groupe de pression (Stop Australia's (anti) Vaccine Network, SAVN) et passent beaucoup de temps à critiquer les écrits (généralement dans des blogs non évalués par des pairs tels que The Conversation) de toute personne ou tout groupe qui publie une science excellente et évaluée par des pairs critiquant les données sur la sécurité des vaccins humains.» C'est juste, mais Shaw et compagnie sont des militants pour le compte de groupes de lobby antivaccins.
  4. Une accusation selon laquelle les détracteurs ont trafiqué leurs qualifications. Bien sûr, j'ai passé environ 32.478 nanosecondes sur Internet pour confirmer les qualifications de Hawkes et de Benhamu.
  5. Enfin, critiquant la revue Toxicology pour avoir publié la lettre de Hawkes et Benhamu. «Nous accueillons favorablement les critiques ouvertes et constructives et nous attendons des revues qui publient nos recherches qu'elles les traitent avec le respect qu'elles méritent. Malheureusement, à cause d'un "contrôle éditorial" apparent, ce n'était pas le cas cette fois.

Toxicology a finalement rétracté la lettre de Shaw et de ses associés, en déclarant ce qui suit:

"Cet article a été rétracté : veuillez consulter la politique d'Elsevier sur le retrait d'articles.

Cette lettre à l'éditeur a été retirée à la demande de l'éditeur en chef car elle contient des déclarations inappropriées sur l'affiliation des auteurs de la précédente lettre adressée à l'éditeur publiée par Toxicology. Cependant, des preuves ont été fournies à l'éditeur pour étayer l'affiliation de ces auteurs. Des excuses sont offertes aux lecteurs pour tout inconvénient que cela pourrait causer."

Ce fut un épisode amusant dans le monde des rétractations de Christopher Shaw.

L'étude rétractée sur les moutons

C'en est assez de Shaw et Tomljenovic. Bougeons un peu.

Cette étude sur le vaccin des moutons, par Javier Asìn et al., publiée dans Pharmacological Research, a étudié les changements cognitifs et comportementaux chez les agneaux qui avaient reçu une vaccination répétée avec des vaccins contenant de l'aluminium. Et il a également été rétracté.

Il s'agissait d'une étude portant à nouveau sur les adjuvants aluminiques, en utilisant le mouton comme modèle. Les auteurs ont conclu que les moutons ayant reçu des adjuvants aluminiques présentaient des changements de comportement.

Ma critique de l'article a été sévère:

  1. Les chercheurs n'ont examiné qu'un total de 21 moutons dans 3 groupes. Des études cliniques et épidémiologiques importantes ont des milliers, voire des millions de points de données. Il est difficile, voire impossible, de déterminer un lien de causalité avec un échantillon aussi petit.
  2. Les animaux étaient répartis dans deux groupes expérimentaux, l'un vacciné avec les vaccins typiques administrés aux moutons et l'autre avec juste un adjuvant aluminique. Les animaux ont reçu 16 doses de vaccin en 12 mois pour un total de 70,861 mg d'aluminium. C'est le nombre de doses qu'un mouton reçoit sur 6-7 ans ! De plus, si vous avez tendance à comparer les moutons aux humains, cela représente 20 fois plus d'adjuvant aluminique que ce qu'un humain reçoit sur un an - bien sûr, les nourrissons humains sont plus petits. Néanmoins, même si je rejette tout lien entre l'aluminium injecté et les problèmes neurologiques, donner 6-7 ans de vaccins sur 12 mois biaise les résultats. De plus, je suis sceptique quant aux observations comportementales, mais il est possible que les niveaux d'aluminium sérique soient si élevés qu'ils dépassent la limite sûre pour l'aluminium.
  3. L'étude n'a pas été randomisée ou aveuglée (ou ils n'ont pas mentionné cela dans la section des méthodes). Vous pourriez penser que la randomisation n'importent qu'avec des sujets humains, mais les chercheurs auraient pu fausser les résultats par la façon dont ils traitaient les moutons.
  4. Cette étude s’est appuyée sur des observations subjectives du «comportement» des moutons après la vaccination. C'est le genre de problèmes qui entravent de nombreuses études comportementales et neurologiques - une analyse subjective du changement de comportement est presque impossible à quantifier. Et quand il n'y a que 21 animaux, c'est vraiment impossible.
  5. Les moutons sont des animaux sociaux et le processus de vaccination lui-même, en particulier un si grand nombre sur une courte période de temps, peut induire des changements de comportement quel que soit le contenu du vaccin, bien que le groupe témoin ait reçu une injection de placebo.
  6. Cette étude sur le vaccin sur le mouton est un article de base dans la recherche - ce qui signifie qu'il ne contient aucune donnée d'ailleurs. C’est comme le vieux canard sur les vaccins qui causent l’autisme - une étude rétractée le confirmait. D'un autre côté, littéralement des centaines d'études cliniques et épidémiologiques ainsi que des méta-analyses ont démystifié ce lien supposé. C’est pourquoi la plupart des vrais chercheurs biomédicaux ignorent les études primaires sur les animaux - ils suscitent l’intérêt, mais forment rarement les fondements de la médecine scientifique. Étant donné que nous avons des dizaines d'études qui ne montrent aucun changement de comportement après la vaccination, que peut nous apprendre une étude sur des moutons aussi petite et aussi mal conçue? Presque rien.
  7. Dans une étude réalisée en 2013 par le même groupe de recherche, ils ont observé qu'environ 0,5 à 1,0% des animaux d'un troupeau présentent le type de symptômes comportementaux, indépendamment de la vaccination, décrits dans le plus récent article - mais comme par hasard, ils l'ignorent. Compte tenu de la petite taille de l'échantillon, de l'absence de randomisation et d'aveuglement, et d'autres problèmes, il est impossible de dire s'il s'agit d'un parasite.

C'était une étude terrible, aucun doute là-dessus. Elle ne nous fournit aucune information, et il est apparu qu'ils avaient une conclusion préconçue, selon lequel le prétendu syndrome auto-immun induit par les adjuvants (ASIA) est une réaction indésirable des vaccins. L'ASIA est une croyance, promue par l'immunologue israélien Yehuda Shoenfeld, selon laquelle certains troubles auto-immunes sont causés par des adjuvants aluminiques dans les vaccins.

Cependant, l'ASIA a été complètement démystifié par la plupart des scientifiques et des agences mondiales de réglementation des produits pharmaceutiques. De nombreuses études de cas-témoins et de cohorte de grande envergure, toutes deux proches du sommet de la hiérarchie de la recherche biomédicale, n'ont trouvé aucune preuve d'une relation entre les vaccins, en particulier avec le vaccin contre le VPH, et tout trouble neurologique. L'ASIA est juste de l'excrément d'ovin.

Finalement, elle a été rétractée - elle n'a jamais existé.

La rétraction de l'article japonais sur le vaccin contre le VPH

Si vous suivez ce blog, vous savez que le Japon a entretenu une relation compliquée avec le vaccin contre le VPH. Il existe un mythe antivaccin selon lequel le Japon aurait interdit le vaccin, ce qui n'est pas vrai.

En fait, en utilisant de très mauvaises statistiques, le ministère japonais de la Santé a retiré sa recommandation concernant le vaccin, laissant des millions de jeunes japonais avec un risque de cancer. Une partie des mythes au sujet du vaccin contre le VPH au Japon vient d'un article qui prétendait que des souris ayant reçu une énorme dose de vaccin contre le VPH (au-delà de ce que nous donnerions aux humains) ainsi qu'une toxine, rend la barrière hémato-encéphalique "perméable" au vaccin contre le VPH.

Evidemment, c'est un bon moyen d'induire des changements neurologiques, car en général, cette barrière est impénétrable à tout ce qui circule dans le sang, à l'exception des substances qu'il transporte activement dans le cerveau. La toxine utilisée par les chercheurs n'est tout simplement pas normale - elle a ouvert de force la barrière hémato-encéphalique pour permettre à la dose extrêmement élevée du vaccin contre le VPH d'atteindre le cerveau.

Les éditeurs de Scientific Reports, une revue en ligne à accès libre publiée par The Nature Publishing Group, ont décidé de rétracter le papier controversé qui prétendait apporter la preuve que les souris recevant le vaccin contre le VPH présentaient des symptômes de lésions neurologiques. Si l'on fait abstraction du fait que les études animales se situent à l'extrémité la plus faible de la hiérarchie des études biomédicales, un nombre relativement faible d'études animales deviennent cliniquement importantes pour l'homme.

Le fait que Scientific Reports ait publié cet article lui a donné une certaine crédibilité. Cependant, la qualité de la recherche dans l'article a fait l'objet de critiques de la part des scientifiques. Selon un compte-rendu de Science,

"Le papier a été assailli par les critiques, il a été qualifié de "pseudoscience" qui pourrait avoir des conséquences "dévastatrices" sur la santé en sapant la confiance du public dans un vaccin administré aux filles pour prévenir le cancer du col de l'utérus.

Peu de temps après la publication du document, deux groupes ont écrit séparément à Scientific Reports et à son éditeur, le Nature Publishing Group (NPG), pointant les problèmes de configuration expérimentale, l'utilisation d'une dose proportionnellement beaucoup plus grande que ce qui est normalement administré, l'utilisation de la toxine et les incohérences entre les données présentées et les descriptions des résultats, entre autres problèmes."

La souche de souris utilisée posait également problème, ce qui rend moins probable le fait que le modèle expérimental puisse réellement être appliqué à l'homme (sans tenir compte du fait que la grande majorité des études murines ne sont jamais appliquées à l'homme).

L'avis de rétractation de Scientific Reports semble se rallier aux arguments présentés par les critiques des recherches de Nakajima. L'avis de rétractation indique clairement:

"L'éditeur rétracte cet article car l'approche expérimentale ne soutient les objectifs de l'étude. L'étude était conçue pour élucider l'implication maximale du vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) (Gardasil) sur le système nerveux central. Cependant, la co-administration de la toxine de la coqueluche avec un haut niveau de vaccin anti-VPH ne constitue pas une approche appropriée pour déterminer les dommages neurologiques causés par le seul vaccin anti-VPH."

Malheureusement, le mal était fait. Le vaccin contre le VPH a une mauvaise réputation imméritée au Japon en raison d'une étude-poubelle.

L'article rétracté de DeLong sur le fait que le "vaccin contre le VPH provoque l'infertilité"

Le papier sur le vaccin anti-VPH, publié dans le Journal of Toxicology and Environmental Health A par Gayle DeLong. En gros, DeLong affirme que les taux de natalité chez les femmes âgées de 25 à 29 ans ont chuté de 2007 à 2015 à cause des vaccins contre le VPH.

Au cas où vous l'ignoriez, DeLong n'est pas une scientifique des vaccins - elle n'a aucune expérience, formation ou expérience dans un domaine lié aux vaccins comme la virologie, la microbiologie, l'épidémiologie, la santé publique, l'immunologie ou d'autres domaines critiques de la science biomédicale.

Le Dr Elisabeth Bik, qui a fait carrière dans la science en révélant de la mauvaise science dans des publications, a discuté en détail de l'article de DeLong sur PubPeer. La critique du Dr Bik est celle-ci :

"Les 2 groupes diffèrent également par un facteur de confusion très important, à savoir le pourcentage de diplôme universitaire. Les femmes vaccinées contre le VPH avaient un pourcentage significativement plus élevé de diplômes universitaires que le groupe non vacciné. C'est un énorme facteur de confusion. Les femmes titulaires d'un diplôme universitaire ont des bébés à un âge moyen plus élevé (30,3 ans) que les femmes sans diplôme universitaire (23,8 ans). Voici un graphique basé sur les données de 2016 du National Center for Health Statistics illustrant cette différence:

L'auteur a limité son étude aux femmes âgées de 25 à 29 ans, ce qui est inférieur à l'âge moyen auquel les femmes titulaires d'un diplôme universitaire ont leur premier bébé. Si vous limitez le groupe d'étude aux femmes de moins de 30 ans, cela signifie que la moyenne des femmes titulaires d'un diplôme universitaire n'ont pas encore eu leur premier bébé. Cette tranche d'âge choisie est trop étroite pour faire des corrélations avec le statut vaccinal."

Le Dr Bik a également pointé une autre préoccupation à souligner:

"L'auteur ne donne aucune explication plausible du mécanisme par lequel le vaccin contre le VPH pourrait entraîner une baisse du taux de grossesse."

Pour établir la causalité, il faut fournir de solides preuves de corrélation et de plausibilité biologique. Du fait de son horrible analyse, qui notamment ignorent les facteurs de confusion, elle n'a pas établi de corrélation qui montre clairement que le vaccin contre le VPH affecte les taux de grossesse. En fait, ses données montrent ce que nous savons déjà - les taux de grossesse sont affectés par la scolarité, le niveau de revenu, l'âge, tout sauf le vaccin contre le VPH.

Donc, sans corrélation, on ne peut établir de causalité. C'est le genre de règle simple que les antivax ne parviennent pas à comprendre.

Comme l'a écrit un autre commentateur sur PubPeer:

"L'immunisation contre le VPH est composée d'antigènes de VPH naturels. La POI / l'infertilité n'est pas une pathologie associée à l'infection par le VPH (bien que le cancer du col de l'utérus conduisant à l'infertilité puisse certainement être lié). Il n'y a aucun mécanisme plausible pour expliquer pourquoi un vaccin contenant un antigène VPH serait capable de provoquer une POI / infertilité, alors que le virus de type sauvage ne le peut pas."

Eh bien, encore un papier-poubelle antivax à jeter dans le tas de déchets de la mauvaise science.

La liste des papiers antivaccins rétractés

Publié par Skeptical Raptor, le 16 janvier 2020

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