Ceci n'est pas Initiative Citoyenne

Droit de réponse d'Initiative Citoyenne dans le journal Le Soir - Quand des antivaccins sont aussi anti-masques

Le 21 juillet dernier, le journaliste du Soir, Marc Metdepenningen publiait un article intitulé "Coronavirus : les antivaccin et antimasque passent à l’offensive". Dans cet article, il est expliqué qu'il existe la crainte d'une résurgence de l’épidémie de Covid-19 en Belgique à cause des nombreux retours de vacances estivales. Mais un autre problème apparaît également, un "ennemi intérieur" : le relâchement de l'application des mesures barrière. Si les jeunes sont particulièrement visés quand il s'agit d'enfreindre ces mesures car ils sont "avides de récupérer une vie sociale après plus de 4 mois de confinement", l'article cite également une autre source de problème, ceux qui refusent d'appliquer les mesures sanitaires. Initiative Citoyenne est cité. Oh quel hasard !

L'article indique que Initiative Citoyenne a introduit un recours en extrême urgence contre l'obligation du port de masque. Nous allons en rediscuter.

L'article se termine en expliquant que Initiative Citoyenne "se réfère à sa lutte contre les vaccins qu'elle assimile aux expérimentations effectuées sous le régime nazi, se référant au Code de Nuremberg et reprochant "aux autorités publiques de fuir tout débat citoyen"". L'auteur conclut en expliquant qu'il existe une corrélation entre les taux d'adhésions à la vaccination et la fréquentation des "refuseurs" sur les réseaux sociaux.

Le droit de réponse de Initiative Citoyenne publié dans Le Soir

A la suite de cet article, l'association antivaccin Initiative Citoyenne a rédigé un droit de réponse publié dans le journal.

Dans ce droit de réponse, Initiative Citoyenne conteste le fait que le recours déposé en extrême urgence au Conseil d'Etat contre l'obligation du port du masque soit son oeuvre. Effectivement, comme l'association le souligne justement, elle n'est qu'une association de fait et n'a donc pas de personnalité juridique. Le recours est en fait, intenté notamment par Sophie Meulemans, une des trois cofondatrices d'Initiative Citoyenne et personnalité férocement antivaccin. Elle n'est pas accompagnée, dans cette action, par les deux autres co-fondatrices d'Initiative Citoyenne que sont Muriel Desclée et Marie-Rose Cavalier. Par contre, il y a trois autres requérants.

L'objectif de ce blog est de se concentrer sur l'antivaccinalisme d'une manière générale, mais notre volonté a toujours été, dès que possible, d'évoquer Initiative Citoyenne car son blog est tout simplement celui qui promeut le plus de désinformation au sujet des vaccins. C'est pour cette raison que nous ne ferons que survoler la problématique de l'obligation du port de masque, bien qu'elle est pleinement d'actualité et qu'elle fait l'objet d'une désinformation massive.

Le recours en extrême urgence déposé devant le Conseil d'Etat

Revenons à ce recours devant le Conseil d'Etat. Les requérants sont représentés par l'avocat, Me Stéphane Rixhon. Décidément, les lubies de Sophie Meulemans font le beurre des avocats du pays. 

Dans l'argumentaire déployé dans ce recours, Sophie Meulemans prétend être atteinte de maladies incompatibles avec le port du masque. Elle y voit une atteinte aux droits fondamentaux. Elle estime que les alternatives au masque ne sont pas satisfaisantes. Les deuxième et troisième personnes, un couple de religieux possédant une agence de voyage proposant des pèlerinages, estiment que l'obligation du port de masque empêche d'exercer leur culte de manière acceptable. La quatrième personne est atteinte de surdité. Avec le masque, elle ne sait plus lire sur les lèvres et est gênée par la buée sur les lunettes. Tous les requérants mettent aussi en avant le droit à la vie privée, ainsi que leur "droit au vivre ensemble".   

Le Conseil d'Etat a rejeté les arguments avancés par Sophie Meulemans et les trois autres requérants pour justifier l'extrême urgence de ce recours. Le Conseil d'Etat précise qu'il ne lui appartient pas de "trancher une éventuelle controverse scientifique quant à l’efficacité prouvée ou non des effets du port obligatoire du masque sur la propagation du coronavirus COVID-19". Par contre, il fait remarquer que les requérants sont incapables de démontrer que les expertises du GEES, du CSS et de la CELEVAL soutenant le port obligatoire du masque, sont erronées. Il note également que le port du masque n'a pas été rendu obligatoire au plus fort de la crise, précisément grâce aux mesures de confinement. L'obligation du masque se justifie par le souci d'éviter un reconfinement national, pour limiter la propagation du virus.

Le Conseil d'Etat rejette également l'argument selon lequel les requérants se sentent "totalement prisonnières chez elle", puisque des solutions et alternatives existent. Il indique que l'argument selon lequel le masque est un danger pour la sécurité publique et multiplie le risque d'attentat est non étayé. Enfin, aucun des requérants n'a su démontrer qu'"en l'absence d'éléments factuels concrets, la seule atteinte à une liberté fondamentale ne constitue pas un inconvénient d'une gravité suffisante pour qu'on ne puisse le laisser se produire en attendant l'issue de la procédure en annulation".

Le Conseil d'Etat décide ainsi que la demande de suspension en extrême urgence est rejetée. Les requérants, dont fait partie madame Meulemans, ont perdu. Leur argumentation a littéralement été démontée.

Toujours les mêmes arguments ressassés

Revenons maintenant au droit de réponse d'Initiative Citoyenne publié par Le Soir. Voici ce que le collectif antivaccin a écrit : "Initiative Citoyenne ne lutte pas contre les vaccins en général mais pour une information suffisamment complète et loyale à leur propos, et surtout contre l’obligation vaccinale en général, notamment au sujet des vaccins contre le coronavirus, d’où le lancement d’une pétition dont le choix d’image était précisément le motif de la question envoyée par mail par Mr Metdepenningen, le 13 juillet dernier."

L'argument selon lequel Initiative Citoyenne ne lutte pas contre les vaccins en général est évidemment très facilement réfutable, tant son blog et sa page Facebook est une démonstration flagrante et complète de la haine et de l'esprit désinformateur envers la vaccination qui anime ce collectif. Nous en avons déjà discuté ici. L'"information" qu'elle diffuse, soi-disant complète et loyale, au sujet des vaccins est un mensonge pur et simple. Lisez l'extrait qui suit, issu d'un article que nous avons rédigé

"Le droit à l'information tel que le promeut Initiative Citoyenne l'amène relayer la voix de personnages, de sites ou d'organisations qui embrassent littéralement des théories racistes, antisémites et même négationnistes. La voix dissidente d'Initiative Citoyenne, n'apporte strictement aucune plus-value à la connaissance scientifique sur la vaccination. Les mythes antivaccins promus par cette association sont même une perte colossale de temps, d'énergie et d'argent (voyez les centaines d'études produites pour étudier le lien entre autisme et vaccination) qui n'est pas investie dans des domaines qui mériteraient plus de recherches. De plus, ces mythes mettent potentiellement la vie de personnes en danger." 

Concernant l'obligation des vaccins contre le coronavirus et la pétition d'IC, nous vous renvoyons vers cet article dont cet extrait est issu : 

"Finalement, Initiative Citoyenne s'insurge contre une obligation vaccinale qui n'existe pas. Cette pétition a été créée dans l'unique but de faire du bruit et de mobiliser la peur des gens dans l'incertitude de cette problématique. C'est le même but qui avait motivé leur envoi d'une lettre ouverte à la Première Ministre en avril dernier. C'est du marketing antivax. C'est un prétexte à nous resservir les vieux mythes antivaccins recyclés à la sauce Covid19. C'est un prétexte populiste. Un prétexte qui vise une nouvelle fois à attiser la haine contre les vaccins et contre la science. 

Soyons clairs. Quelques puissent être les éventuelles preuves scientifiques attestant de l'efficacité et de la sécurité d'un vaccin contre le Covid19, le collectif Initiative Citoyenne s'entêtera à les nier en bloc avec l'acharnement qu'on lui connaît. Il poursuivra son intense campagne de désinformation contre n'importe quel bénéfice rapporté à la vaccination."

Initiative Citoyenne poursuit en expliquant "Notre association ne compare pas non plus la vaccination aux pratiques nazies, toutefois, elle relève effectivement que les obligations de vaccination généralisées, lorsqu’elles concernent des vaccins expérimentaux ou en cours d’étude, peuvent renvoyer aux heures les plus sombres de notre histoire. Or, le Code de Nuremberg prohibe justement toute pratique médicale expérimentale sans le consentement éclairé des sujets."

Nous avons également déjà eu l'occasion de parler du Code de Nuremberg, auquel les antivaccins font régulièrement référence pour essayer de faire croire en l'illégalité de l'obligation vaccinale. Voici ce que nous en disions dans cet article :

"Le Code de Nuremberg : Cela participe aux croyances des antivax, qui sont persuadés que les vaccins ne sont pas testés avant leur mise sur le marché, et que nous sommes tous des cobayes. De plus le Code de Nuremberg en tant que code juridique n’existe pas. Il s’agit d’une liste de 10 critères contenus dans le jugement du procès des médecins, à Nuremberg (dec 1946-août 1947). Ces critères indiquent les conditions que doivent satisfaire les expérimentations pratiquées sur l’Etre Humain pour être considérées comme “acceptables”. Ce code n’est nullement le point de départ de la réflexion éthique et juridique sur l’expérimentation humaine : il ne fait que récapituler  des principes connus et acceptés déjà longtemps avant le jugement (au moins le début du 20ème siècle). Le tribunal n’a pas jugé sur des règles qui auraient été inventées spécialement pour le procès, mais selon des règles coutumières communément acceptées “dans les nations civilisées”. A noter qu’il est parfaitement inutile d’en référer à ce code, les mêmes dispositions sont présentes dans le Code de la Santé Publique."  

Cette référence quasi-systématique d'IC au Code de Nuremberg et à d'autres textes de lois rendant prétendument l'obligation vaccinale illégale révèle assez bien que ses co-fondatrices sont décidément aussi douées en droit qu'en biologie. Plutôt que de consacrer du budget en frais d'avocat pour l'envoi de lettres ouvertes, elles devraient peut-être prendre quelques leçons de droit à l'Université.

Il convient de rappeler que le seul vaccin obligatoire en Belgique, hors collectivités, est celui contre la poliomyélite et que les vaccins recommandés en Belgique sont tous sûrs et efficaces. Le but de ces vaccins est de protéger de maladies potentiellement graves et ils font le job. En aucun cas, il ne convient de parler de vaccins expérimentaux ou en cours d'étude. Aucun.

Initiative Citoyenne poursuit son propos : "Les futurs vaccins contre le coronavirus (au sujet desquels le Ministre belge Koen Geens a déclaré « celui qui ne veut pas, on l’obligera », tel que repris sur le site Redactie24, le 19 mai dernier) sont de l’aveu même des experts reconnus, élaborés à la hâte par rapport aux délais habituels de fabrication et de validation des vaccins."

Il est intéressant de noter, qu'une fois de plus, IC s'en remet à l'avis d'"experts reconnus" uniquement quand ça l'arrange. Dans cet article, nous rapportions les propos du collectif qui expliquait pourtant que "Les "experts reconnus" ont le plus souvent de larges liens avec les pharmas, ces liens n'étant hélas pas neutres sur le jugement clinique ni sans conséquences pour l'intérêt des patients". Nous ne pouvons que vous renvoyer vers les articles suivants concernant les vaccins contre le coronavirus qui sont bien plus nuancés que l'habituelle propagande antivaccinale d'IC : Le développement d'un vaccin contre le coronavirus prendra beaucoup de temps ; La pétition de Initiative Citoyenne contre la vaccination Covid19 : Encore de la manipulation et de la désinformation ; Le vaccin de Moderna - Est-on trop enthousiaste à son sujet dans le cadre du Covid19 ?

L'(ex-)Commissaire Européen à la Santé Vytenis Andriukaitis et ses soi-disant "aveux tardifs"

Initiative Citoyenne termine en indiquant "Rejeter ou à tout le moins questionner à temps des normes sanitaires peut parfois éviter de causer du tort à autrui, comme en témoignent les aveux cependant très tardifs du Docteur Vytenys Andriukatis, médecin et ancien Commissaire Européen à la Santé, qui a évoqué en 2017 « les expériences terrifiantes » vécues par des centaines d’adultes et d’enfants atteints de narcolepsie après le vaccin H1N1, une maladie auto-immune grave et incurable."

Subir un effet indésirable grave suite à une vaccination est quelque chose d'horrible. Personne ne devrait avoir à subir cela, car le principe de la vaccination est justement de préserver la santé. Personne n'est d'accord pour faire subir cela à qui que ce soit (sauf peut-être Bill Gates, dans l'esprit des complotistes). Mais la réalité est que tous les médicaments et tous les vaccins ont des effets indésirables potentiels. Les vaccins figurent parmi les produits les plus contrôlés et surveillés au monde. Malgré cela, personne ne pourra jamais prétendre que les vaccins sont sûrs à 100%. C'est utopique. Mais souvenez-vous que si la vaccination représente toujours une part (infime) de risques, la maladie dont elle protège, elle, représente également un risque bien plus important.

Rappelez-vous que Initiative Citoyenne essaie de faire croire que la vaccination est une "expérimentation humaine" et qu'elle fait référence au Code de Nuremberg. Ce Code a été établi dans le cadre du "procès des médecins" nazis, accusés de crime de guerre et de crime contre l'humanité parce qu'ils ont commis des actes absolument abominables, notamment dans les camps d'extermination [ces mêmes camps qui font l'objet d'un négationnisme historique de la part de personnes dont IC relaie les propos], et sans aucune commune mesure avec l'acte de vaccination actuel. Cette tactique rhétorique, employée par IC, est juste abjecte. 

En Europe, 650 cas de narcolepsie post-vaccinale ont été recensés sur 19 millions de personnes vaccinées avec le vaccin Pandemrix. Il s'agit d'un effet indésirable grave, mais rare. Les campagnes de vaccination en Europe contre le virus A/H1N1 ont commencé en octobre 2009 et dès le mois d'août 2010, des alertes ont été lancées par la Finlande et la Suède sur des cas de narcolepsies survenues après la vaccination, dont certains chez des personnes pré-disposées. L'Agence Européenne du médicament a immédiatement réagi en réévaluant la balance bénéfices-risques du vaccin. Elle a assuré, dès juillet 2011, que cette balance restait en faveur du vaccin. Toute une série d'enquêtes épidémiologiques ont été lancées pour suivre la problématique. Une revue systématique et une méta-analyse publiées en 2017 ont confirmé que les bénéfices de la vaccination dépassent ses risques. Dans une écrasante majorité des cas, les effets indésirables du vaccin se sont limités à des effets bénins et attendus, comme de la fièvre ou des maux de tête.

Alors, non, les propos de Vytenis Andriukaitis (il semble que IC orthographie incorrectement son nom) ne sont pas des "aveux tardifs". Simplement, il semble qu'il essaie de rendre compte à quel point cela l'a affecté que des personnes puissent être lésées des suites d'une vaccination, parce qu'il est un ferme défenseur des vaccins et un opposant à la désinformation antivaccinale. Le fait qu'un vaccin produise des effets indésirables rares et graves n'est pas une bonne chose. Mais gardons à l'esprit que la vaccination vise à préserver la santé des personnes et qu'elle sauve chaque année des millions de personnes. Il n'y a aucun doute là-dessus.   

Au cours de la même interview, Vytenis Andriukaitis, l'ex-commissaire européen à la Santé, a également déclaré : "La sécurité des patients est primordiale pour moi - je suis médecin. C'est aussi la priorité absolue de la Commission. Et je voudrais vous assurer qu’un médicament, y compris un vaccin, ne peut être mis sur le marché de l’UE qu’après l’octroi d’une autorisation sur la base d’une évaluation positive du rapport bénéfice-risque lié à son utilisation." Evidemment, ce n'est pas cet extrait d'interview qui est systématiquement mis en avant par le collectif Initiative Citoyenne quand il évoque ce personnage.

La réponse du "Soir"

Le journal Le Soir a répondu à ce droit de réponse. 

"Le Soir, conformément à la loi de 1961, publie ce droit de réponse, mais maintient mot pour mot l’article contesté par les trois signataires. Leur « association de fait » Initiative Citoyenne s’oppose à la vaccination depuis de longues années et s’est jointe, de fait, à la pétition lancée par l’association Tegenstroom « en faveur de la liberté vaccinale totale pour les futurs vaccins anti-coronavirus » Initiative Citoyenne l’a relayée sur son site, invitant ses membres à la signer, avec cette exhorte : « Nous soutenons leur démarche et la partageons pleinement ».

Nous ne nous étendrons pas sur leurs références douteuses au Code Nuremberg ni sur d’autres approximations. Nous laissons les signataires à leurs convictions." 

Le journal Le Soir aurait pu se passer de publier ce droit de réponse. En effet, la loi de 1961 sur le droit de réponse, précise que, dans la presse écrite, les associations de fait, telle que Initiative Citoyenne, ne dispose pas de ce droit. Mais le mal est fait et Initiative Citoyenne a encore eu là, l'occasion de remplir sa mission de désinformation sur le premier site d'information en Belgique.  

Conclusion

Initiative Citoyenne, adepte de la religion antivaccin, nous ressert une fois de plus de vieux mythes antivaccins éculés et essaie bien maladroitement de se faire passer pour une association de défense de la liberté des individus. En s'opposant systématiquement aux mesures de santé publique adoptées par les autorités, comme par exemple, le confinement et le port du masque dans le cadre de la pandémie de Sars-Cov-2, et comme la vaccination, le lobby Initiative Citoyenne démontre surtout qu'il est une source permanente de désinformation et une réelle menace pour notre santé publique.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article