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Le Japon a interdit le Gardasil - Encore un mythe anti-vaccin ridicule

L'un des mèmes et des mythes de zombies les plus populaires du mouvement anti-vaccin est que le Japon a interdit le Gardasil, le vaccin contre le VPH. Et comme la plupart de ces mèmes et de ces mythes de zombies, les faits sont très différents des allégations anti-vaccinales. Comme d'habitude.

Je n'en comprends pas bien la raison, mais la religion anti-vaccinale déteste vraiment le Gardasil, probablement plus que tout autre vaccin. Ces fanatiques soutiennent que les vaccins contre le VPH causent toute sorte de dommages aux adolescents et aux jeunes adultes. Pourtant, il existe littéralement des montagnes de données issues de nombreuses études épidémiologiques de grande envergure selon lesquelles le vaccin préventif du cancer, le Gardasil, est l'un des vaccins les plus sûrs au monde.

Donc, si vous voulez vraiment prévenir le cancer, l'un des meilleurs moyens à votre disposition est de vous faire vacciner contre le VPH. L'idée est si simple, mais reste obscurcie par les mythes sur les vaccins contre le VPH - l'un des plus populaires, bien sûr, est l'interdiction du Gardasil par le Japon. Examinons cette fable avec un œil critique et sceptique.

Spoiler alert - Le Japon n'a rien fait de tel.

Tout sur le VPH et les vaccins contre le VPH

Je sais que j'ajoute cette section à chaque article que j'écris sur les vaccins contre le VPH, même si j'envisage de le supprimer. Cependant, il est mis à jour fréquemment avec des informations supplémentaires sur le VPH ou le vaccin. De plus, certains lecteurs souhaitent en savoir plus sur le VPH et cette section peut aider quelqu'un à se mettre rapidement à niveau. Vous pouvez donc sauter cette section si vous la lisez pour la 47ème fois.

Les infections génitales et orales à papillomavirus humain (VPH) sont les infections sexuellement transmissibles (IST) les plus courantes aux Etats-Unis. Le VPH se transmet généralement par contact lors de relations sexuelles, vaginales, anales ou orales.

Il est important de noter que plus de 150 souches ou sous-types de VPH peuvent infecter l'homme - toutefois, seulement 40 de ces souches sont liées à un ou plusieurs cancers différents. Sur ces 40 souches, la plupart sont assez rares.

Bien que les premiers symptômes des infections à VPH ne soient pas graves et que de nombreuses infections à VPH se règlent sans dommages à long-terme, les infections à VPH sont liées de manière causale à de nombreux types de cancers chez les hommes et les femmes. Selon les recherches médicales actuelles, voici certains des cancers liés au VPH :

  • Cancer du col de l'utérus
  • Cancer de la vulve
  • Cancer du vagin
  • Cancer anal
  • Cancer de l'oropharynx
  • Cancer du pénis

En outre, il existe certaines preuves que les infections à VPH sont liées de manière causale aux cancers de la peau et de la prostate. Le lien avec le cancer de la peau est encore préliminaire, mais il existe des preuves bien plus solides que le VPH est lié à de nombreux cancers de la prostate.

On estime que le VPH est responsable de près de 5% de tous les nouveaux cancers dans le monde, ce qui le rend presque aussi dangereux que le tabac. Selon le CDC, environ 79 millions d'américains sont infectés par le VPH - environ 14 millions d'américains contractent un nouveau VPH chaque année. La plupart des gens ne savent même pas qu'ils sont infectés jusqu'à l'apparition du cancer. Le CDC indique également que plus de 43.000 cancers liés au VPH sont diagnostiqués chaque année aux Etats-Unis. Il faut multiplier ce nombre à l'échelle planétaire.

Avant 2014, il y avait deux vaccins contre le VPH sur le marché mondial. GSK, également connu sous le nom de GlaxoSmithKline, produit le Cervarix, un vaccin bivalent (qui protège contre deux souches du VPH). Il a été retiré du marché américain (bien que disponible sur de nombreux autres marchés), en raison de la concurrence des vaccins Gardasil quadrivalent (immunise contre quatre souches différentes du VPH) et 9-valent (immunise contre neuf souches du VPH).

Merck fabrique le Gardasil, probablement le vaccin contre le VPH le plus populaire au monde. La première version du vaccin, le Gardasil quadrivalent, vise les deux génotypes du VPH qui sont responsables d'environ 70% des cancers du col de l'utérus et deux autres génotypes du VPH qui provoquent des verrues génitales. En Europe et sur d'autres marchés, le Gardasil est connu sous le nom de Silgard.

Le nouveau Gardasil9, approuvé par la FDA en 2014, est un vaccin à 9 valences, protégeant contre les types 6, 11, 16, 18, 31, 33 , 45, 52 et 58 du VPH. Il cible les quatre souches de VPH trouvées dans la version quadrivalente, et cinq autres qui sont liées au cancer du col de l'utérus et à d'autres cancers liés au VPH. Les deux versions du Gardasil sont prophylactiques et doivent être administrées aux femmes ou aux hommes avant qu'ils ne soient exposés à une éventuelle infection par le VPH par contact intime.

Le Gardasil est l'un des moyens les plus faciles et les plus efficaces pour prévenir plusieurs cancers dangereux. Sans aucun doute, le vaccin contre le VPH prévient le cancer.

Actuellement, aux Etats-Unis, le Advisory Committee on Immunization Practises (ACIP, le comité consultatif des pratiques d'immunisations en français) recommande aux adolescentes et aux garçons âgés de 11 à 12 ans de se faire vacciner contre le VPH. La vaccination est également recommandée pour les adolescentes et les jeunes femmes de moins de 26 ans qui ne l'ont pas encore reçue étant plus jeunes, et pour les adolescents et les jeunes hommes de moins de 21 ans.

Permettez-moi de résumer le tout pour que, si vous ne devez retenir qu'une chose de cette section, vous vous souveniez de ce résumé. Le VPH est une maladie sexuellement transmissible. Le VPH cause 43.000 cancers par an, rien qu'aux Etats-Unis. Le vaccin contre le VPH empêche d'être infecté par le VPH, ce qui signifie que vous êtes protégé contre ces cancers.

Le Japon interdit le Gardasil - les faits

Au cours des dernières années, les activistes anti-vaccins ont fait émerger plusieurs mythes concernant les actions du ministère japonais de la Santé concernant le vaccin contre le VPH, particulièrement sur le Gardasil. Mais ils ont tout faux sur presque tout.

Selon un journal anglais au Japon, 

"Le 14 juin, le ministère de la Santé a décidé de suspendre sa recommandation de vaccination pour protéger les filles du cancer du col de l'utérus après que des centaines de personnes se soient plaintes d'effets secondaires, notamment de douleurs et d'engourdissements à long-terme.

Le Ministère de la Santé, du Travail et du Bien-être ne suspend pas l'utilisation de la vaccination, mais il a demandé aux administrations locales de ne pas promouvoir l'utilisation du médicament pendant la réalisation d'études sur le sujet.

Jusqu'à présent, environ 8,9 millions de personnes ont reçu le vaccin, parmi lesquelles 176 cas d'effets secondaires possibles, y compris des douleurs corporelles, ont été rapportées. (Remarque, le Ministère de la Santé enquêtait sur 43 effets secondaires sur environ 3,3 millions de vaccinations contre le VPH.)

Le groupe de travail du Ministère s'est concentré sur ces cas. Toutefois, aucune relation de cause à effet entre la vaccination et la douleur et l'engourdissement n'ayant pu être établie, les membres du groupe de travail ont demandé au ministère de poursuivre les études.

L'enquête du ministère devrait durer plusieurs mois. Il décidera ensuite s'il convient de rétablir ou de maintenir sa recommandation de vaccination."

Le ministère de la Santé a décidé de ne pas recommander le vaccin contre le VPH, car il a observé 176 effets indésirables. C'est un peu différent de l'affirmation selon laquelle "le Japon a interdit le Gardasil". De plus, le ministère de la Santé reconnaît qu'il n'y a probablement pas de lien de causalité entre le vaccin et les événements.

En d'autres termes, 0,0019% des cas, soit environ 1,9 événements pour 100.000 vaccinations au Gardasil, ont montré un lien temporel avec certains événements indésirables, mais pas un lien de causalité. De plus, il s'agit d'un chiffre si petit qu'il est quasi impossible d'y coller une signification statistique, et il est probablement nettement inférieur au taux observé dans la population générale lors d'études épidémiologiques contrôlées.

En fait, ces événements indésirables pourraient représenter un "bruit" de fond hasardeux - cela veut dire qu'un certain nombre d'événements similaires à un événement indésirable pourraient être attendus dans tout échantillonnage aléatoire d'individus vaccinés ou non-vaccinés. Aucune corrélation (sans même parler de la plausibilité ou de la causalité) ne peut être constatée sur base de ce type d'observation "d'événements indésirables" après la vaccination.

Il existe probablement un certain nombre de bras cassés observés chez les enfants ayant reçu le vaccin contre le VPH. Cela se produit parce que les adolescents se cassent le bras après avoir fait du sport, glissent dans la baignoire ou sont juste des adolescents. Cela ne signifie pas qu'il y ait une causalité ou même une corrélation entre le vaccin et un bras cassé. A moins que vous ne vouliez inventer une situation invraisemblable dans laquelle le vaccin anti-VPH affaiblirait les os. Oh non. Je viens peut-être de donner une idée à un "chercheur" anti-vaccin. 

En fait, des études épidémiologiques, qui tentent d'exclure des facteurs confondants, ont montré que l'incidence du syndrome de fatigue chronique (similaires aux soi-disant effets secondaires indésirables au Japon) est nettement supérieure à celle de 1,9 sur 100.000 - elle varie de 250 à 725 sur 100.000. Il n'est absolument pas question de dire "ces événements résultent du vaccin" lorsque le risque absolu du SFC est si élevé avec ou sans vaccin.

De plus, le ministère de la Santé n'a pas fourni au public les données sur le niveau de ces effets indésirables dans la population en général. Ni combien de temps après la vaccination. Ni rien de potentiellement utile pour une analyse scientifique. Et cela donne à ses citoyens une fausse dichotomie dangereuse : vacciner et risquer un trouble neurologique (qui, selon les preuves, présente un risque presque nul), ou ne pas le faire.

Le Japon est un pays relativement scientifique et rationnel - comment ont-ils pu en arriver à cette conclusion asinienne ?

Le Japon interdit le Gardasil - le début du mythe

Selon un article de Vox,

"Le taux de couverture du vaccin anti-VPH est passé de 70% en 2013 à moins de 1% aujourd'hui. Cela s'est produit après qu'une étude préliminaire chez la souris (et prétendument frauduleuse) ait montré que les dommages cérébraux causés par le vaccin avaient été transmis par les médias, ainsi que des reportages vidéos non confirmés de filles en fauteuil roulant et ayant eu des convulsions après avoir été vaccinées."

Cette problématique a commencé dans un article publié dans Science Reports, une revue en accès libre dirigée par Nature, qui affirme que le Gardasil administré à des souris avait provoqué des lésions neurologiques. Dans cette étude, les souris ont reçu une dose énorme de vaccin contre le VPH (au-délà de ce que nous donnerions à un homme) avec une toxine pour rendre la barrière hémato-encéphalique "perméable" au vaccin contre le VPH. 

Bien sûr, c'est un bon moyen d'induire des modifications neurologiques, car en général, cette barrière est impénétrable à tout ce qui circule dans le sang, à l'exception des substances qu'il transporte activement dans le cerveau.

C'était une étude exécrable qui a récemment été rétractée pour une multitudes de raisons. L'avis de rétractation de Scientific Reports semble s'aligner sur les arguments présentés par les critiques de cette recherche. L'avis de rétractation indique clairement : 

"L'éditeur rétracte cet article car l'approche expérimentale ne soutient les objectifs de l'étude. L'étude était conçue pour élucider l'implication maximale du vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) (Gardasil) sur le système nerveux central. Cependant, la co-administration de la toxine de la coqueluche avec un haut niveau de vaccin anti-VPH ne constitue pas une approche appropriée pour déterminer les dommages neurologiques causés par le seul vaccin anti-VPH."

Mais il était trop tard. Cela a amorcé le glissement vers le Japon qui a suspendu la recommandation du vaccin anti-VPH, mais cela n'a pas entraîné le fait que "le Japon interdise le Gardasil". 

Les faits à propos du Japon et du vaccin contre le VPH.

  1. Le ministère japonais de la santé a suspendu sa recommandation du Gardasil sur base de preuves les plus faibles. Les chiffres étaient si, et apparemment, si aléatoires, qu'aucun scientifique sensé n'aurait trouvé qu'il existe des preuves que des effets sont liés au Gardasil. Au cas où les actions du ministère de la santé seraient mal interprétées, il ne s'agit pas d'une interdiction - ils ont simplement suspendu leurs recommandations. Les parents intelligents et rationnels (je suppose que c'est la majorité) peuvent toujours légalement faire vacciner leurs enfants.
  2. Etant donné que je ne veux rien laisser au hasard, cette décision ne signifie pas que le vaccin a été retiré du marché. Encore une fois, les adolescents peuvent toujours se faire vacciner.
  3. Cette décision du ministère de la santé est très étrange puisqu'en 2010, le Parlement japonais a ajouté le vaccin contre le VPH au calendrier de vaccination obligatoire. Espérons que ce comité du ministère d la santé examinera les chiffres d'un point de vue statistique et scientifique et corrigera cette stupidité.
  4. Au Japon, environ 2.700 femmes meurent chaque année de cancers liés au VPH. Ainsi, à la suite de plaintes relatives à des événements sans lien entre eux, le Japon a suspendu sa recommandation en raison de 43 cas de "douleurs corporelles" tout en permettant probablement à 2.700 femmes de mourir d'un cancer lié au VPH dans le futur. Un simple calcul montre que le rapport bénéfices / risques (surtout quand les soi-disant "douleurs corporelles" sont difficiles à définir en terme de sévérité) est bien du côté du vaccin contre le VPH. Je ne comprends pas ce est passé par la tête du ministère de la santé.
  5. Une étude récente au Japon a diagnostiqué chez les patients quelque chose de similaire au syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS), une maladie pour la quelle le passage de la position couchée à la position debout provoque une augmentation anormalement importante du rythme cardiaque, appelée tachycardie). Mais comme pour une autre étude sur le POTS et le Gardasil qui était mal maîtrisée et qui ne fournit aucune preuve, des études observationnelles, sans aucun contrôle ni contexte sur le taux de POTS chez les jeunes femmes (il est élevé), elles n'ont aucune valeur.
  6. L'incidence des effets indésirables chez un total cumulé de 8.898.000 femmes japonaises vaccinées dans la période comprise entre le début des ventes du vaccin et la fin du mois de mars 2014, a été examinée et il a été montré que le nombre total d'effets indésirables, tels que des douleurs chroniques et de la déficience motrice, était de 176; cela équivaut à 2,0 pour 100.000 vaccinations. Bien que des études ultérieures n'ont fourni aucun preuve scientifique ou épistémologique permettant de confirmer le lien de causalité entre ces symptômes et les ingrédients du vaccin contre le VPH, la suspension des recommandations a été maintenue jusqu'à présent, diminuant ainsi le taux de vaccination à près de 0%

Le ministre de la santé japonnais a tort

L'Organisation Mondiale de la Santé continue de recommander le vaccin contre le VPH. Une vaste étude épidémiologique contrôlée sur 200.000 femmes a montré que le vaccin anti-VPH est sans danger. Une étude de qualité similaire menée auprès de plus d'un million de femmes a conclu qu'il est sûr. Et le vaccin fonctionne.

En novembre 2015, l'Agence européenne des médicaments a déterminé que les vaccins contre le VPH ne sont pas liés au développement du POTS, ni du CRPS (syndrome douloureux régional complexe, pouvant être lié à ce qui a été observé au Japon). Ils ont conclu qu'il n'y avait pas de lien de causalité et que les observations de POTS et de CRPS ne différaient pas des taux observés indépendamment du statut vaccinal dans ces groupes démographiques.

En outre, l'agence a également rejeté l'hypothèse selon laquelle le vaccin anti-VPH est lié temporairement ou causalement au syndrome de fatigue chronique (SFC).

En d'autres mots, des preuves valables, publiées dans des revues biomédicales importantes et appuyées par une équipe d'experts scientifiques, ont complètement invalidé tout lien entre les vaccins contre le VPH et l'un ou l'autre des éléments déclarés comme effets indésirables du vaccin.

Malheureusement, le ministre de la santé japonais éprouve des difficultés à revenir en arrière sur son raisonnement initial, et à recommencer à recommander le vaccin contre le VPH à ses adolescents. Une partie du problème se situe dans le fait qu'ils sont confrontés à des vidéos provocatrices (comme celle-ci) qui semble effrayante mais ne montrent absolument aucune lien entre le vaccin et cette maladie. Peut-être que le ministre de la santé devrait regarder des vidéos effrayantes de femmes à qui l'on diagnostique un cancer du col de l'utérus.

Le ministère de la santé a été touché par un mouvement anti-vaccin mieux organisé dans un pays qui craint fortement que leurs enfants ne subissent des risques liés à l'environnement, même s'ils ne sont pas fondés sur la science. 

En fait, la situation au Japon empire. Maintenant, le ministère de la santé demande aux médecins de consigner tout symptôme de POTS, CRPS ou tout symptômes ressemblant au SFC après la vaccination.  Encore une fois, sans contrôle et sans comparaison avec la population en général, cela ne démontrera aucun type de causalité, surtout à cause de facteurs de confusion. De plus, chercher de tels problèmes est la meilleure façon d'avoir un biais de confirmation ou d'observation.

Sans surprise, la Société japonaise d'obstétrique et de gynécologie supplie le ministère de la santé de recommencer à recommander le vaccin anticancéreux contre le VPH.

"Le vaccin contre le VPH associé au dépistage du cancer du col de l'utérus , y compris le test Pap, est indispensable dans la prévention du cancer du col de l'utérus, il est donc nécessaire de recommencer les recommandations relatives à la vaccination contre le VPH. Tout en continuant d'aider les japonais à acquérir des connaissances factuelles et à obtenir les informations les plus récentes sur le vaccin contre le VPH et à gérer les symptômes après la vaccination, le JSOG demande avec insistance que les recommandations relatives à la vaccination contre le VPH soient reprises rapidement, avec l'objectif d'éradiquer le cancer du col de l'utérus." 

L'innocuité et l'efficacité des vaccins contre le VPH ne font aucun doute. Et le vaccin contre le VPH prévient le cancer, ce qui en fait l'un des plus grands progrès médicaux de notre époque.

Recours collectif en justice

Étonnement (ou pas), des avocats japonais ont senti l'aubaine économique et ont intenté un recours collectif en justice contre les deux fabricants de vaccins - Merck &Co (fabricant du Gardasil) et GlaxoSmithKline (fabricant du Cervarix, vaccin bivalent contre le VPH). La plainte comprend 12 plaignantes âgées de 10 à 20 ans;  cependant, affirment qu'ils en cherchent encore.

Maintenant, la sous-division anti-Gardasil de la ligue antivaccination a bondi sur ce recours pour le montrer comme "preuve" de la dangerosité des vaccins. Mais regardons cette procédure en justice contre les vaccins avec un œil sceptique :

  1. Tout le monde peut affirmer n'importe quoi - le dépôt d'une plainte ne fournit aucune preuve. Il y a des procès dans le monde entier qui tentent de faire valoir des revendications sur plein de choses - la plupart d'entre elles échouent.
  2. Les avocats du plaignant peuvent (ou pas) posséder des preuves qui appuient leur demande. C'est leur travail. Mais ils cherchent des preuves qui appuient leurs conclusions à priori. Ils font appel aux émotions. En règle générale, le but des tribunaux est de soupeser les preuves des deux côtés et de déclarer un gagnant. Nous ne sommes même pas proches de cette situation, donc ce procès n'est la preuve de rien.
  3. De plus, les tribunaux n'ont pas à décider de la science. Et ils n'utilisent pas vraiment la méthode scientifique pour prendre ces décisions. La science nous en dit beaucoup sur les vaccins anti-VPH : ils sont extrêmement sûrs et efficaces. Ils préviennent les cancers.

Un procès, en tant que preuve de problèmes avec le Gardasil, n'a absolument aucune valeur dans une discussion sur les avantages et les risques du Gardasil. Seule la science compte, et un procès en instance, qui sera tranché dans plusieurs années, n'a presque aucune valeur à l'échelle des preuves relatives à un vaccin.

Conséquences

En dépit des affirmations des anti-vaccins au Japon, l'abandon d la recommandation du vaccin contre le VPH par le ministère japonnais de la santé a des conséquences. Un nouvel article publié par des chercheurs japonais affirme :

"Au Japon, la morbidité et la mortalité dues au cancer du col de l'utérus ont récemment augmenté. Selon le Centre japonais de lutte contre le cancer et d'information, environ 10.490 personnes ont été diagnostiquées du cancer du col de l'utérus et 2.710 personnes en sont décédées en 2016. Le taux d'incidence du cancer du col de l'utérus en fonction de l'âge a augmenté de façon plus marquée chez les jeunes femmes. En ce qui concerne le taux de mortalité ajusté à l'âge sur les 10 dernières années, le nombre de décès dus au cancer du col de l'utérus a augmenté de 9,6%. Ainsi, au Japon, le taux de mortalité par cancer du col de l'utérus est en augmentation, tandis que le taux de mortalité pour les cinq principaux cancers a diminué." 

En clair, cela signifie que le taux de cancer du col de l'utérus (qui n'est qu'un des divers cancers associé au VPH) a augmenté. Comparez cela à des pays comme l'Australie, qui a promu le vaccin contre le VPH dès son lancement et qui a connu une baisse notable du nombre d'infections par le VPH et du cancer du col de l'utérus.

Les auteurs de cette étude concluent comme suit :

"L'efficacité et la sécurité du vaccin contre le VPH ont été démontré scientifiquement dans le monde entier. Cependant, les autorités japonaises de la santé, le MHLW, n'est pas encore disposé à revenir sur sa décision de 2013 de reprendre sa recommandation proactive de la vaccination contre le VPH. A moins que le gouvernement japonais n'adresse rapidement sa recommandation concernantle vaccin contre le VPH. A moins que le gouvernement japonais ne relance rapidement sa recommandation concernant le vaccin anti-VPH, les taux d'infections augmenteront. Puisque le VPH est non seulement associé au cancer du col de l'utérus, mais également les cancers de la vulve, du vagin, de l'anus et de l'oropharynx, il est prévisible qu'il y ait un grand nombre de décès causés par le VPH au Japon. Dans un avenir proche et prévisible, en l'absence de tout programme national complet de vaccination contre le VPH, notre seul espoir de prévenir une vague de cancer du col de l'utérus consistera à augmenter le nombre d'examens du col de l'utérus. Toutefois, si le nombre d'examens reste faible au Japon, telle qu'il l'est aujourd'hui, de graves inquiétudes quant à notre avenir seront soulevées." 

Résumé

Donc, voilà. Le Japon a-t-il interdit le Gardasil ? Non. Est-ce suffisamment clair chez ceux qui le prétendent ? 

Malgré l'absence d'interdiction, le ministère japonais de la santé, a employé des allégations spécieuses et rétractées à propos de dommages neurologiques, ainsi que la pire analyse statistique que j'ai vu chez un organisme de santé publique, et il a effectivement suspendu la recommandation du vaccin. 

Le pourcentage d'administration du vaccin contre le VPH a chuté à près de zéro en raison de cette absurdité. N'avalez pas les mythes anti-vaccins sur le Gardasil - le Japon ne l'a pas interdit, mais ce que le pays a fait était presque aussi épouvantable. Les hommes et les femmes vont contracter le cancer et en mourir dans ce pays à cause de leur ignorance et de leurs fake news.

Le Gardasil prévient le cancer et sauve des vies.

Références clés

Publié par Skeptical Raptor, le 13/02/2020

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