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Les effets indésirables du vaccin contre le VPH - Etude sur 11 années d'utilisation en Australie

La communauté antivaccin adore balancer des allégations sur d'horribles effets indésirables du vaccin contre le VPH, bien que les preuves scientifiques ne les ont jamais étayée. Heureusement, de nombreuses études d'envergure ont montré à maintes maintes maintes reprises que les effets indésirables liés au vaccin contre le VPH sont rares et sans gravité.

A présent, nous avons une nouvelle étude robuste venant d'Australie, l'un des premiers pays à avoir fourni le vaccin gratuitement à ses citoyens, qui suit les effets indésirables du vaccin contre le VPH depuis plus de 11 ans. Et pour faire court, ils n'ont rien trouvé de sérieux, mais je vais entrer dans les détails ci-dessous.

Tout sur le VPH et les vaccins contre le VPH

Je sais que j'ajoute cette section à chaque article que j'écris sur les vaccins contre le VPH, même si j'envisage de le supprimer. Cependant, il est mis à jour fréquemment avec des informations supplémentaires sur le VPH ou le vaccin. De plus, certains lecteurs souhaitent en savoir plus sur le VPH et cette section peut aider quelqu'un à se mettre rapidement à niveau. Vous pouvez donc sauter cette section si vous la lisez pour la 47ème fois.

Les infections génitales et orales à papillomavirus humain (VPH) sont les infections sexuellement transmissibles (IST) les plus courantes aux Etats-Unis. Le VPH se transmet généralement par contact lors de relations sexuelles, vaginales, anales ou orales.

Il est important de noter que plus de 150 souches ou sous-types de VPH peuvent infecter l'homme - toutefois, seulement 40 de ces souches sont liées à un ou plusieurs cancers différents. Sur ces 40 souches, la plupart sont assez rares.

Bien que les premiers symptômes des infections à VPH ne soient pas graves et que de nombreuses infections à VPH se règlent sans dommages à long-terme, les infections à VPH sont liées de manière causale à de nombreux types de cancers chez les hommes et les femmes. Selon les recherches médicales actuelles, voici certains des cancers liés au VPH :

  • Cancer du col de l'utérus
  • Cancer de la vulve
  • Cancer du vagin
  • Cancer anal
  • Cancer de l'oropharynx
  • Cancer du pénis

En outre, il existe certaines preuves que les infections à VPH sont liées de manière causale aux cancers de la peau et de la prostate. Le lien avec le cancer de la peau est encore préliminaire, mais il existe des preuves bien plus solides que le VPH est lié à de nombreux cancers de la prostate.

On estime que le VPH est responsable de près de 5% de tous les nouveaux cancers dans le monde, ce qui le rend presque aussi dangereux que le tabac. Selon le CDC, environ 79 millions d'américains sont infectés par le VPH - environ 14 millions d'américains contractent un nouveau VPH chaque année. La plupart des gens ne savent même pas qu'ils sont infectés jusqu'à l'apparition du cancer. Le CDC indique également que plus de 43.000 cancers liés au VPH sont diagnostiqués chaque année aux Etats-Unis. Il faut multiplier ce nombre à l'échelle planétaire.

Avant 2014, il y avait deux vaccins contre le VPH sur le marché mondial. GSK, également connu sous le nom de GlaxoSmithKline, produit le Cervarix, un vaccin bivalent (qui protège contre deux souches du VPH). Il a été retiré du marché américain (bien que disponible sur de nombreux autres marchés), en raison de la concurrence des vaccins Gardasil quadrivalent (immunise contre quatre souches différentes du VPH) et 9-valent (immunise contre neuf souches du VPH).

Merck fabrique le Gardasil, probablement le vaccin contre le VPH le plus populaire au monde. La première version du vaccin, le Gardasil quadrivalent, vise les deux génotypes du VPH qui sont responsables d'environ 70% des cancers du col de l'utérus et deux autres génotypes du VPH qui provoquent des verrues génitales. En Europe et sur d'autres marchés, le Gardasil est connu sous le nom de Silgard.

Le nouveau Gardasil9, approuvé par la FDA en 2014, est un vaccin à 9 valences, protégeant contre les types 6, 11, 16, 18, 31, 33 , 45, 52 et 58 du VPH. Il cible les quatre souches de VPH trouvées dans la version quadrivalente, et cinq autres qui sont liées au cancer du col de l'utérus et à d'autres cancers liés au VPH. Les deux versions du Gardasil sont prophylactiques et doivent être administrées aux femmes ou aux hommes avant qu'ils ne soient exposés à une éventuelle infection par le VPH par contact intime.

Le Gardasil est l'un des moyens les plus faciles et les plus efficaces pour prévenir plusieurs cancers dangereux. Sans aucun doute, le vaccin contre le VPH prévient le cancer.

Actuellement, aux Etats-Unis, le Advisory Committee on Immunization Practises (ACIP, le comité consultatif des pratiques d'immunisations en français) recommande aux adolescentes et aux garçons âgés de 11 à 12 ans de se faire vacciner contre le VPH. La vaccination est également recommandée pour les adolescentes et les jeunes femmes de moins de 26 ans qui ne l'ont pas encore reçue étant plus jeunes, et pour les adolescents et les jeunes hommes de moins de 21 ans.

Permettez-moi de résumer le tout pour que, si vous ne devez retenir qu'une chose de cette section, vous vous souveniez de ce résumé. Le VPH est une maladie sexuellement transmissible. Le VPH cause 43.000 cancers par an, rien qu'aux Etats-Unis. Le vaccin contre le VPH empêche d'être infecté par le VPH, ce qui signifie que vous êtes protégé contre ces cancers.

Étude australienne sur les événements indésirables du vaccin anti-VPH

Dans une étude d'août 2020, publiée dans Vaccine, le Dr Anastasia Phillips et al. a examiné les données de surveillance australiennes pour le vaccin quadrivalent contre le papillomavirus humain sur 11 ans. Les chercheurs ont analysé les événements indésirables du vaccin contre le VPH tels qu'ils ont été signalés dans le registre australien de vaccination contre le VPH.

Au cours de ces 11 années, plus de neuf millions de doses du vaccin contre le VPH ont été administrées en Australie. Parmi ceux-ci, les chercheurs ont trouvé 4.551 rapports d'événements indésirables observés. Ils déterminent qu'il y avait un taux brut de déclaration de 39,8 événements indésirables pour 100.000 doses de vaccins.

Ils ont également constaté que:

  • Le nombre de syncope, ou d'évanouissement, était de 29,6 cas pour 100.000 doses chez les hommes et les femmes de 12 à 13 ans pendant une période de "surveillance renforcée".
  • Le nombre de syncope était de 7,1 pour 100.000 doses dans les autres périodes de surveillance.
  • Le nombre d'anaphylaxie était d'environ 0,32 pour 100 000 doses.
  • Les chercheurs ont repéré d'autres événements indésirables rapportés, notamment une maladie auto-immune, un syndrome de tachycardie orthostatique posturale (quatre cas), une insuffisance ovarienne primaire (12 cas avec des timings variables après vaccination), le syndrome de Guillain-Barré (quatre cas), un syndrome douloureux régional complexe (quatre cas) et une thromboembolie veineuse (trois cas). Cependant, tous ces effets ont été signalés à des taux extrêmement faibles, et les auteurs n'ont décelé aucune tendance inattendue suggérant une association causale entre le vaccin et ces événements indésirables. De plus, ces chiffres peu élevés sont à peu près les mêmes que ceux que l'on trouverait dans une population générale non vaccinée.

Les auteurs en ont conclu :

"Sur une période de 11 ans, le suivi des taux d'EI après administration du vaccin quadrivalent contre le VPH en Australie concordaient avec les données de systèmes de surveillance au niveau international et n'a révélé ni, nouveau, ni préoccupant problème  de sécurité. Cependant, pendant une période de surveillance mise en place pour suivre l'introduction du vaccin chez les adolescents de sexe masculin en plus des femmes, la syncope se produit à un fréquence plus élevée chez les adolescents plus jeunes qu'auparavant observé. Les événements indésirables présentant un intérêt particulier, à l'exception des syncopes, ont rarement été signalés après administration du vaccin quadrivalent contre le VPH et aucun motif nouveau ou préoccupant n'a été identifié. Cette analyse complète contribue en outre au vaste corpus de données existantes confirmant le profil sûr post-commercialisation du vaccin quadrivalent contre le VPH chez les hommes et les femmes et la valeur et les caractéristiques des systèmes de notification spontanée à long terme dans la surveillance la sécurité des vaccins."

En d'autres termes, les chercheurs n'ont trouvé aucun problème concernant les événements indésirables liés au vaccin contre le VPH, à l'exception de la syncope, un symptôme fréquemment observé avec tous les vaccins ou avec les interventions comprenant des aiguilles, telles que les prises de sang.

Donc, encore une fois, nous disposons d'études robustes selon lesquelles le vaccin contre le VPH est sûr. Pouvons-nous passer à autre chose ? Probablement pas, donnez-moi quelques semaines, et une autre étude de grande ampleur, qui comprendra des milliers ou des millions de participants, montrera que le vaccin est sûr et efficace.

Références

Publié par Skeptical Raptor, le 27 septembre 2020

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