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Debunk d'arguments antivaccins : le VAERS, les notices d'accompagnement et le VICP ne prouvent pas que les vaccins sont dangereux

Publié par The Logic of Science, le 25 juillet 2016

Si vous prenez le temps de parler avec les opposants à la vaccination, vous les entendrez probablement citer le système de notification d’événements indésirables des vaccins (VAERS, Vaccine Adverse Event Reporting System), les notices d'accompagnement du vaccin et le programme national d'indemnisation des traumatismes liés aux vaccins (VICP, Vaccine Injury Compensation Program), comme preuves que les vaccins sont dangereux. Ces trois arguments sont extrêmement répandus parmi les antivaccins et de nombreux parents bien intentionnés se font duper. A bien des égards, c'est franchement compréhensible.

Je pense que la plupart des parents qui refusent de vacciner essaient vraiment de faire ce qu'il y a de mieux pour leurs enfants et je comprends pourquoi les parents sont inquiets lorsqu'ils voient une longue liste de symptômes rapportés après une vaccination. Cependant, si vous voulez vraiment faire ce qu'il y a de mieux pour votre enfant, il est important de vérifier les faits, d'utiliser les bonnes sources et d'utiliser ces sources de la manière dont elles sont censées être utilisées. C'est sur ce dernier point que ces trois arguments achoppent. En effet, aucune de ces trois sources n'est censée fournir de preuve du lien de causalité, et quiconque les cite comme preuve que les vaccins sont dangereux, les utilise mal. Comme je vais l'expliquer, le fait qu'un événement indésirable ait été rapporté par l'une de ces trois sources n'indique pas réellement que les vaccins ont provoqué cet événement. Par conséquent, vous ne pouvez pas présenter ces sources comme preuve que les vaccins sont dangereux.

Avant de parler de ces trois sujets en particulier, je voudrais faire quelques remarques très générales sur les anecdotes, car c'est ce que ces trois sources rapportent. Comme je l'ai expliqué en détail ici, les anecdotes ne fournissent aucune preuve de causalité. Des coïncidences se produisent, et le fait que deux choses se passent ensemble ne signifie pas que l'une a causé l'autre. En fait, c'est une erreur de logique, "X s'est passé avant Y, donc X a causé Y" (en termes techniques, il s'agit d'une erreur post hoc ergo propter hoc). Cela est particulièrement vrai avec des événements très courants tels que rencontrés avec les vaccins. Il y a tellement d’enfants qui reçoivent des vaccins que, statistiquement, on s’attend à ce qu’il y ait beaucoup de dommages peu après la vaccination, juste par coïncidence. C'est un point crucial : le fait qu'un événement indésirable ait suivi l'administration d'un vaccin ne signifie pas que le vaccin en est la cause. C'est souvent difficile à accepter pour les gens parce que nos cerveaux fonctionnent pour voir des associations, mais la réalité est que nous voyons souvent des associations qui n'en sont pas vraiment.

Regardez par exemple, les objets "porte-chance". Le maillot de Bob aide-t-il vraiment son équipe sportive préférée à gagner ? Non évidemment, ce n'est pas le cas. C'est une coïncidence si l'équipe a remporté plusieurs matchs alors qu'il portait le maillot. Néanmoins, nos cerveaux sont connectés pour quand même voir des associations alors qu'il n'y a pas de relations causales. De plus, nous sommes sujets aux biais de confirmation. Par exemple, à chaque fois que l'équipe de Bob gagne alors qu'il porte le maillot, sa confiance dans la nature "porte-chance" de son maillot croîtra; alors que si l'équipe perd en portant le maillot, son cerveau aura tendance à minimiser cela ou à inventer une excuse pour expliquer en quoi le maillot n'a pas aidé pour ce match en particulier. 

La même chose se produit avec des médicaments comme les vaccins. Nous sommes des machines à identifier des associations. Ainsi, lorsqu'on voit que le SNSM (mort subite du nourrisson), l'autisme, etc. suit une vaccination, notre cerveau s'accroche à cette association, alors que la réalité est que ces deux événements pourraient être des coïncidences (tout comme Bob portant son maillot et son équipe gagne, est une coïncidence). De plus, les biais de confirmation peuvent vraiment fausser les choses. Si, par exemple, vous suspectez qu'une vaccin d'être dangereux, il est extrêmement facile de trouver de nombreux cas de parents signalant un effet indésirable après une vaccination, ce qui renforcera inévitablement votre conviction, mais en raison de la façon dont le biais de confirmation fonctionne, vous ignorerez toutes les fois où l’événement s'est produit après une vaccination. Comme vous le verrez, c'est l'un des gros problèmes du VAERS, des notices d'emballage et du VICP. Il est très facile de renforcer une suspicion existante, mais en réalité, ils ne montrent qu'une partie de l'histoire. Ils fournissent à votre cerveau suffisamment d'informations pour former une association, mais pas assez que pour former une association bien précise.

Le système de notification d’événements indésirables liés aux vaccins - VAERS

Commençons par le VAERS. Il s'agit d'une base de données d'auto-déclarations d'effets secondaires suite à une vaccination. Il y a plusieurs choses très importantes à noter ici. Premièrement, le fait qu'elle repose sur des données auto-déclarées signifie que la qualité des données est très variable et souvent faible. N'importe qui, peu importe sa formation médicale, ses connaissances de base, ses préjugés, etc. peut signaler un événement indésirable. Il y a donc très peu de contrôle sur la qualité des informations rapportées. Il est dit ceci sur le site du VAERS, "les rapports varient en qualité et en exhaustivité. Il manquent souvent de détails et les rapports peuvent avoir des informations contenant des erreurs."

Les bases de données auto-déclarées comme celle-ci posent problème pour un certain nombre de raisons, dont au minimum ce qu'on appelle le biais de rappel.  Nos mémoires sont imparfaites et facilement biaisées, nous avons tendance à nous concentrer sur certains événements plutôt que sur d'autres. Imaginons, par exemple, qu'un enfant tombe très malade. Ses parents voudront naturellement en connaître la cause, et des événements tels que les vaccinations ont tendance à se démarquer dans nos mémoires. En d'autres termes, nous nous concentrons naturellement plus sur elles que sur d'autres événements à priori moins importants, mais qui pourraient l'être bien plus qu'on ne le pense. Ainsi, les parents peuvent attribuer la maladie à une vaccination survenue il y a un mois, parce qu'ils cherchent des réponses dans ce qu'ils distinguent de leurs souvenirs.

Outre les problèmes liés à l'auto-déclaration, il est extrêmement important de prendre conscience que le VAERS est simplement un ensemble d'événements survenus après la vaccination. Ce n'est pas un ensemble d'événements causés par la vaccination. De nouveau, rappelez-vous que le fait que l'événement X se soit produit avant l'événement Y ne signifie pas que l'événement X a provoqué l'événement Y. Vous ne pouvez donc pas utiliser le VAERS comme preuve du lien de causalité. Bien entendu, vous n'êtes pas obligé de me croire sur paroles, car le VAERS le dit explicitement. Si vous allez sur la page des données du VAERS, la toute première phrase dit ceci :

"Lors de l'évaluation des données du VAERS, il est important que, pour tout événement signalé, aucune relation de cause à effet n'a été établie. Les rapports de toutes les associations possibles entre les vaccins et les événements indésirables (effets secondaires possibles) sont archivés dans le VAERS. Par conséquent, le VAERS collecte des données sur tout événement indésirable consécutif à la vaccination, qu'il s'agisse d'une coïncidence ou que c'est réellement causé par le vaccin. Le signalement d'un événement indésirable au VAERS ne constitue pas une preuve qu'un vaccin ait provoqué l'événement."

Plus loin sur cette même page, il est dit :

"Un rapport au VAERS ne prouve généralement pas que le ou les vaccins identifiés ont été à l'origine de l'événement indésirable décrit. Cela ne fait que confirmer que l'événement signalé s'est produit quelques temps après l'administration du vaccin. Aucune preuve que l'événement a été causé par le vaccin n'est nécessaire pour que le VAERS accepte le rapport. Le VAERS accepte tous les rapports sans juger si l'événement a été causé par le vaccin."

Il n'y a pas plus clair. Selon le site du VAERS lui-même, la base de données ne prouve pas que les vaccins sont responsables, elle n'établit pas le lien de causalité et il ne documente pas le caractère dangereux des vaccins. Donc, vous ne pouvez absolument pas utiliser cette base de données comme preuve que les vaccins sont nocifs et causent des dommages. Ce serait un abus flagrant de l'utilisation de cette base de données.

L'utilité de cette base de données, et à laquelle elle est destinée, est de fournir un "système d'alerte précoce" qui identifie les problèmes potentiels à étudier. En d'autres termes, les scientifiques  examinent des bases de données comme celle-ci pour identifier les sujets qui doivent être examinés de plus près. Ensuite, ils font de grandes études contrôlées sur ces sujets pour déterminer si le vaccin est réellement à l'origine du problème. Je ne peux pas exagérer l'importance de ce point. La base de données identifie simplement les sujets à étudier et les études réelles déterminent s'il existe ou non un lien de causalité. Vous devez connaître le taux d'événement en question avec et sans vaccins, tout en contrôlant les autres variables avant de parvenir à une conclusion causale. Le VAERS ne fournit pas ces données.

Enfin, il convient de mentionner qu'un certain nombre de scientifiques antivaccins (en particulier les Geier) ont tenté d'exploiter le VAERS pour chercher des preuves que les vaccins sont dangereux, mais il s'agit d'un schéma statistique extrêmement problématique. En science, il est essentiel de contrôler systématiquement les facteurs de confusion potentiels, mais en raison de la nature totalement non-systématique et incontrôlée d'une base de données telles que le VAERS, il est très difficile d'obtenir des données fiables et de haute qualité. En d'autres termes, ces bases de données ne contiennent pas les contrôlés nécessaires pour évaluer les relations de causalité ou même évaluer les tendances au fil du temps. Etant donné cela, vous devriez être extrêmement sceptique à l'égard de tout article qui fonde ses conclusions sur le VAERS.

Les notices de vaccins

Un autre sujet bien aimé des antivaccins est les notices. Skeptical Raptor a écrit un excellent article détaillé sur celles-ci, je vais donc passer en revue les faits importants. Ces notices contiennent une série d'informations sur le vaccin, mais la partie sur laquelle se concentrent les antivaccins est la liste des effets secondaires. Ceux-ci contiennent un large éventail de maux, y compris des choses telles que l'autisme. La situation est toutefois très similaire aux rapports du VAERS.

La liste d'effets indésirables figurant dans les notices de vaccins contiennent simplement les événements indésirables rapportés au cours des essais cliniques sur le vaccin (parfois, ils incluent également des rapports post-approbation). Pour être honnête, ils se limitent généralement à des événements graves ou signalés à plusieurs reprises. En d'autres termes, le but de ces listes est de fournir des informations potentiellement utiles sur le plan clinique. Elles incluent donc toutes les réactions, soit suffisamment graves pour être potentiellement préoccupantes, soit suffisamment communes pour qu'il soit plausible que le vaccin les ait provoquées. Cependant, ils ne démontrent pas réellement que le vaccin a provoqué la réaction (à l'exception des réactions pour lesquelles des essais correctement contrôlés ont été menés). Tout comme la base de données VAERS, ces listes ont simplement pour but de guider les médecins et les futurs chercheurs, plutôt que de fournir des preuves du lien de causalité. 

En d'autres termes, si plusieurs des sujets participent à un essai clinique tombaient malades et vomissaient plusieurs jours après avoir reçu le vaccin, les nausées seraient alors signalées comme effets indésirables, mais cela ne signifie pas que le vaccin provoque des nausées. Il est tout à fait possible (voire probable) que, au cours des essais, certains patients tombent malades de maladies n'ayant aucun lien avec le vaccin. De même, si les patients avaient des maux de tête, ceux-ci seraient signalés, que le vaccin cause réellement les maux de tête ou non. Ainsi, tout comme pour le VAERS, le fait qu'il y ait quelque chose dans la notice du vaccin ne signifie pas que le vaccin en est la cause.

De même que pour le VAERS, vous n'avez pas à me croire sur paroles, car les notices insérées dans l'emballage du vaccin indiquent souvent explicitement qu'elles ne fournissent aucune preuve de causalité. Par exemple, voici un extrait de la notice du vaccin Tripedia DTaP (il s'agit d'une notice souvent ciblée parce qu'elle cite l'autisme).

"Les événements ont été inclus dans cette liste en raison de la gravité ou de la fréquence des comptes rendus. Etant donné que ces événements sont rapportés volontairement par une population de taille incertaine, il n'est pas toujours possible d'estimer leur fréquence de manière fiable, ni d'établir de relation de cause à effet avec les composants du vaccin Tripedia."

Notez également que les effets indésirables ont été auto-déclarés. Cela, encore une fois, rend très difficile l'établissement d'un lien de causalité ou de de taux précis.

Enfin, même si tous les événements avaient un lien de cause à effet, vous devez connaître leur taux avec et sans vaccins pour que cette information soit utile. Tout comporte des risques (y compris la décision de ne pas vacciner), vous devez donc toujours peser les risques associés à une action contre les risques associés à ne pas prendre cette mesure. En d'autres termes, si un vaccin a un effet secondaire mortel, mais que cet effet secondaire n'apparaît qu'en une injection sur dix millions, les risques associés au refus de vacciner seront de loin supérieurs à ceux associés à l'injection du vaccin. Vous devez donc absolument connaître les taux avant de pouvoir prendre une décision éclairée. Montrer simplement que X cause Y n'est pas suffisant.

Le programme national d'indemnisation des dommages liés aux vaccins (VICP)

Finalement, nous en arrivons au VICP. Il s'agit d'un système sans égard à la responsabilité qui a été mis en place pour indemniser les familles pour les dommages causés par les vaccins, et les antivaccins citent souvent son existence pour prouver que les vaccins sont dangereux. Plusieurs points importants doivent être soulignés ici. Premièrement, les vaccins ont des effets secondaires (comme tous les médicaments réels). Personne ne le nie, mais les effets indésirables sont généralement mineurs et les effets indésirables graves sont assez rares. Les avantages l'emportent donc sur les risques. Ainsi, le simple fait de montrer qu'il existe des lésions vaccinales ne prouve pas que les vaccins sont dangereux. Comme je l'ai expliqué dans la section concernant les notices, vous devez prendre en compte le taux d'effets secondaires lors de l'évaluation du risque.  

Deuxièmement, le programme a été mis sur pied parce que les sociétés pharmaceutiques s'enlisaient dans des poursuites judiciaires et il était à craindre que l'approvisionnement en vaccins ne soit compromis. Par conséquent, étant donné qu'une indemnisation coûte souvent moins chère qu'une action en justice, le gouvernement a mis en place ce programme dans le but de protéger l'approvisionnement en vaccins, et il s'est montré très généreux envers le public.  Comme l'explique de manière détaillée Skeptical Raptor dans cet article, les conditions requises pour obtenir de l'argent du VICP sont considérablement assouplies par rapport aux tribunaux traditionnels. Les requêtes ne doivent pas prouver que le fabricant du vaccin est en faute, ni que le vaccin a causé les dommages. En règle générale, ils doivent simplement montrer qu'il est plausible que le vaccin ait causé les dommages, ce qui peut souvent être accompli simplement en demandant à un "expert" de témoigner et de dire que c'est plausible (c'est-à-dire que des études effectives montrent que les vaccins peuvent provoquer l'effet indésirable en question). En d'autres termes, le système est mis en place pour donner le bénéfice du doute au demandeur. Ainsi, le fait que quelqu'un ait reçu de l'argent du VICP ne signifie pas que le vaccin a effectivement causé le dommage.

Enfin, et c'est peut-être le plus important, même dans le cas où un tribunal particulier affirme qu'un vaccin provoque effectivement un dommage, cela ne constitue toujours pas une preuve scientifique valable, car les avocats, les juges, etc. peuvent facilement aboutir à des conclusions erronées. En d'autres termes, le fait qu'un juge particulier octroie de l'argent pour une plainte relative à un dommage lié aux vaccins montre uniquement que le juge en question a estimé que le vaccin a causé le dommage. Toutefois, cela n'indique pas que les preuves scientifiques démontrent que le vaccin a causé le dommage (cet argument est une forme d'appel à l'autorité).

Conclusion

En bref, ni le VAERS, ni les notices d'accompagnement, ni le VICP ne prouvent que les vaccins sont dangereux. Le VAERS et les notices d'accompagnement montrent simplement les événements indésirables rapportés après une vaccination, mais ne démontrent pas que le vaccin a provoqué l'événement en question. En effet, les deux sources affirment même que le fait qu'un événement indésirable y ait été inclus ne signifie pas que le vaccin provoque effectivement cet événement. De même, le VICP est un système sans égard à la responsabilité et les demandeurs ne doivent pas prouver que le vaccin leur a causé le dommage pour lequel ils demandent une indemnisation. Au lieu de cela, ils doivent simplement fournir certaines preuves (telles que des témoignages d'experts) qu'il est plausible qu'un vaccin ait causé le dommage. Ainsi, aucune de ces sources ne fournit de preuve de lien de causalité, aucune d'entre elles ne peut être utilisée comme preuve contre les vaccins. Pour être clair, les vaccins ont des effets secondaires, comme pratiquement tous les vrais médicaments; Cependant, pour savoir réellement quels effets secondaires sont provoqués par les vaccins, vous avez besoin d'études bien contrôlées et non des anecdotes glorifiées. De plus, même quand un lien de causalité a été démontré, vous devez également prendre en compte la fréquence à laquelle la lésion se produit. Chaque décision comporte des risques (y compris de ne pas vacciner) et, bien que les vaccins comportent des complications, les effets secondaires en série sont extrêmement rares et les avantages extrêmement importants. Par conséquent, les avantages de la vaccination dépassent les risques et la vaccination de vos enfants leur donnera les meilleures chances de vivre longtemps et en bonne santé.

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Commenter cet article

Freyja 11/04/2019 17:08

Un monceau de conneries, de mensonges et de pseudos explications qui ne tiennent même pas la route. C'est pas les anti vaccins qui font leur aux gebs, mais bien des personnes comme vous qui cherchez par n importe quels moyens de justifier les mensonges du lobby pharmaceutique!! C'est vous les criminels, vous et tous ces salopards de politiciens qui forcer les gens a aller a l encontre de leur bon sens et de leur liberté !!

cecinestpasinitiativecitoyenne 11/04/2019 19:36

N'hésitez pas à fournir tout argument qui pourrait soutenir vos propos. Ils sonnent creux.