Ceci n'est pas Initiative Citoyenne

Qui est Viera Scheibner ?

Publié par Vaxopedia le 29 juillet 2017

Le mouvement anti-vaccin compte quelques médecins dont ils semblent extrêmement fiers.

L'un d'entre eux est le Dr Viera Scheibner.

Non seulement Viera Scheibner pense que les vaccins causent le SMSN et le syndrome du bébé secoué, mais elle pense aussi qu'ils sont contaminés par des amoeba, le parasite Naegleria fowleri "mangeur de cerveau" qui peut contaminer certains lacs, étangs et rivières plus chaudes.

Quel genre de docteur est-elle ?

Bien qu'il semble qu'elle ait fréquenté la faculté de médecine, elle n'y est restée qu'un an, donc, à l'instar du Dr Stephanie Seneff, elle n'est pas titulaire d'un doctorat en médecine.

Le Dr Viera Schiebner a néanmoins reçu un doctorat dans le département de géologie et paléontologie. Elle est micro-paléontologue.

Viera Scheibner et les vaccins

Que connaît une micropaléontologie sur les vaccins ?

"Les amibes sont des protozoaires largement répandus et certains sont connus pour provoquer de graves maladies chez les animaux et les humains. Il est également assez bien établi que les amibes sont des contaminants importants des cultures de tissus utilisées dans la préparation de produits biologiques vivants, les vaccins étant le plus important d'entre eux car ils sont largement injectés à des bébés et à des enfants." - Viera Scheibner, Ph.D.

Pour ne pas dénigrer les micro-paléontologues, la meilleure question à se poser est de savoir ce qu'un micro-paléontologue connaît des vaccins.

"La polio n'a pas été éradiquée par la vaccination, elle se cache derrière une nouvelle définition et de nouveaux diagnostics comme la méningite viral ou aseptique ... Selon l'un des numéros du MMWR de 1997, il y aurait entre 30.000 et 50.000 cas par an de méningite virale aux Etats-Unis uniquement. C'est là que ces 30.000 ou 50.000 cas de poliomyélite ont disparu après l'introduction de la vaccination de masse." - Viera Scheibner, Ph.D. dans les Dan Burton Hepatitis B vaccine hearings

Si 30.000 à 50.000 cas de poliomyélites sont devenus des méningites virales par une simple modification du nom de la maladie, comment se fait-il que ces personnes ne soient pas paralysées ?

"La recherche médicale a démontré que la coqueluche prévient l'asthme." Viera Scheibner, Ph.D.

Il devient rapidement évident que Viera Scheibner ne fait qu'évoquer que des arguments typiques des anti-vaccins, notamment :

- les vaccins ne fonctionnent pas

- Les maladies évitables par la vaccination, comme la rougeole, la poliomyélite, la coqueluche, sont bonnes pour la santé et constituent "une étape importante du développement de la vie et du processus de maturation chez les enfants". Encore une fois, elle aime beaucoup l'immunité naturelle et pense que "des maladies infectieuses naturelles bien gérées sont bénéfiques pour les enfants".

- Les vaccins sont mauvais et provoquent tout, des otites aux SMSN, en passant par le syndrôme du bébé secoué

Quels sont les problèmes évidents avec sa pensée ?

Les vaccins fonctionnent. les vaccins sont sûrs. Et même "des maladies infectieuses naturelles bien gérées" chez l'enfant en bonne santé recevant les meilleurs soins dans un hôpital moderne, peut mettre la vie en danger. 

Sans surprise, elle a fait ses débuts  au milieu des années 1980, juste après toutes les histoires alarmistes autour du vaccin DTP au Royaume-Unis et aux Etats-Unis. Avec son mari, elle a mis au point un moniteur de respiration Cotwatch et, en 1991, elle pensait avoir découvert une "relation de cause à effet directe entre les injections de DTP et la mort subite."

"Notre conclusion est que si la vaccination était suspendue, le taux de mort subite infantile serait réduit de moitié !" - Viera Scheibner, Ph.D. dans Cot Death Linked to Vaccinations

Quelque chose a rapidement fait chuter de 50% le taux de mort subite, mais bien sûr, ce n'était pas la suspension de la vaccination. Qu'est-ce que c'était ? C'est le début des recommandations visant à endormir les bébés sur le dos qui ont commencé en 1992.

Les conclusions du Dr Viera Scheibner sont toutes fausses.

Je suis un peu déçu qu'elle n'ait pas mis son diplôme de micro-paléontologiste à contribution en écrivant une jolie histoire sur la façon dont les vaccins auraient pu tuer les dinosaures ...

 

Voir aussi Qui est Yehuda Shoenfeld ?

Voir aussi Comment Initiative Citoyenne tente de nous faire croire que la rougeole est une maladie bénigne de l'enfance

 

Commentaires additionnels de Ceci n'est pas Initiative Citoyenne

Des études de grande qualité ont été menées pour enquêter sur le lien hypothétique entre l'administration de vaccins et le syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) :

Yang YT and Shaw J. Sudden infant death syndrome, attention-deficit/hyperactivity disorder and vaccines: longitudinal population analyses. Vaccine 2018;36:595-598.

Les auteurs ont analysé six ans de données de la National Immunization Survey et du National Vital Statistics Report sur l'administration de vaccins à l'âge de 3 mois et ils ont conclu que la couverture vaccinale des vaccins pédiatriques de routine n'est pas associée au risque de syndrome de mort subite du nourrisson.

Moro PL, Arana J, Cano M, Lewis P, Shimabukuro TT. Deaths reported to the Vaccine Adverse Event Reporting System, United States, 1997-2013. CID 2015;61:980-987.

Les auteurs ont analysé les décès enregistrés au VAERS aux Etats-Unis pendant une période de 16 ans, où près de la moitié des décès étaient attribués au syndrome de mort subite de nourrisson (SMSN). Comme la précédente étude de 2001, les signalements de SMSN ont progressivement diminués au cours du temps, pendant lequel les vaccins contre les infections à pneumocoque à 7 valences et le vaccin contre les rotavirus ont été ajoutés au calendrier des vaccins recommandés, et pendant lequel le vaccin combiné DTaP-HepV-IPV a été autorisé.

Traversa G, Spila-Alegiani S, Bianchi C, Ciofi degli Atti M, Frova L, et al. Sudden unexpected deaths and vaccinations during the first two years of life in Italy: a case series study. PLoS ONE 2011;6(1):e16363.

Les auteurs n'ont trouvé aucun lien entre les morts subites inexpliquées (MSI) et toutes les vaccinations dans la période de temps de 0 à 7 jours ou 0 à 14 jours après l'injection du vaccin.

Vennemann, MMT, Butterfab-Bahloul T, Jorch G, et al. Sudden infant death syndrome: no increased risk after immunisation. Vaccine 2007;25: 336-340.

Les auteurs ont enquêté sur le risque de SMSN après l'immunisation lors de la première année de vie, en particulier avec le vaccin hexavalent contenant 15 antigènes différents. Ils n'ont trouvé aucune risque accru de SMSN dans les 14 jours après l'immunisation. Comme dans les études précédentes, les patients atteints de SMSN étaient vaccinés moins fréquemment et plus tardivement que les enfants sans SMSN.

Eriksen EM, Perlman JA, Miller A, Marcy SM, Lee H, et al. Lack of association between hepatitis B birth immunization and neonatal death: A population-based study from the Vaccine Safety Datalink Project. Pediatr Infect Dis J 2004;23:656-661.

Les auteurs ont évalué plus de 360.000 naissances pendant une période de cinq années pour déterminer si une corrélation existe entre l'administration du vaccin contre l'hépatite B à la naissance et le décès néonatal, et la proportion de décès de causes inattendues (entre autres le SMSN) n'était pas différent chez les enfants vaccinés et non-vaccinés.

Fleming PJ, Blair PS, Platt MW, Tripp J, Smith IJ, et al. The UK accelerated immunisation programme and sudden unexpected death in infancy: case-control study. BMJ 2001;322:1-5.

Au début des années 1990, le calendrier de routine d'immunisation des enfants au Royaume-Unis fut accéléré de manière à donner les vaccins à un plus jeune âge. Les auteurs ont conclu que le programme d'immunisation accélérée n'a pas augmenté le risque de SMSN dans une population étudiée de 17,7 millions d'enfants. Le niveau d'immunisation était plus faible chez les enfants décédés du SMSN.

Jonville-Bera AP, Autret-Leca E, Barbeillon, Paris-Llado J and the French Reference Centers for SIDS. Sudden unexpected death in infants under 3 months of age and vaccination status – a case-control study. Br J Clin Pharmacol 2001;51:271-276.

Les auteurs ont conduit une étude prospective sur le statut vaccinal des enfants morts du SNSM entre l'âge de 1 à 3 mois pour évaluer si la vaccination accroît le risque de SMSN dans cette population en France. Les auteurs ont conclu que l'immunisation au DTPP ± Hib n’augmente pas le risque de SMSN.

Silvers LE, Ellenberg SS, Wise RP, Varricchio FE, Mootrey GT, et al. The epidemiology of fatalities reported to the Vaccine Adverse Event Reporting System 1990-1997. Pharmacoepidemiol Drug Saf 2001; 279-285.

Les auteurs ont examiné les décès enregistrés dans le VAERS aux Etats-Unis pendant une période de sept ans et ont conclu que les signalements ont atteint un pic en 1992-1993 et ensuite ont décliné, avec près de la moitié des décès attribués au SMSN. La diminution du niveau de SMSN est corrélée avec les recommandations de l'American Academy of Pediatrics de faire dormir les enfants sur le côté ou sur le dos et avec la campagne "Back to Sleep" en 1994 du National Institute of Child Health and Human Development. Les auteurs ont conclu que ces données soutiennent les découvertes des précédentes études contrôlées montrant que l'association temporelle entre la vaccination infantile et le SMSN est coïncidentielle et non causale.

Griffin MR, Ray WA, Livengood JR, Schaffner W. Risk of sudden infant death syndrome after immunization with the diphtheria-tetanus-pertussis vaccine. New Engl J Med 1988;319(10):618-623.

Les auteurs ont évalué la récente immunisation avec le DTP comme possible facteur de risque pour le SMSN pendant une période de 10 ans dans le Tennessee. Ils n'ont trouvé aucune augmentation du risque de SMSN après l'immunisation avec le vaccin DTP et aucune corrélation entre le SMSN et l'âge de la première immunisation. En outre, le taux de SMSN a diminué dans la première semaine après l'immunisation.

Hoffman HJ, Hunter JC, Damus K, Pakter J, Peterson DR, et al. Diphtheria-tetanus-pertussis immunization and sudden infant death: results of the National Institute of Child Health and Human Development Cooperative Epidemiological Study of Sudden Infant Death Syndrome Risk Factors. Pediatrics 1987;79:598-611.

Les auteurs ont enquêté sur la possible association entre l'immunisation diphtérie-tétanos-coqueluche (DTC) et la mort subite ultérieure de l'enfant aux Etats-Unis en utilisant les données d'une base de données nationale sur l'épidémiologie du SMSN. Ils n'ont trouvé aucune association temporelle entre le SMSN et l'administration du vaccin DTC. Les enfants atteints du SMSN étaient moins susceptibles d'être immunisés que les enfants sans SMSN. 

Keens TG, Davidson Ward SL, Gates EP, Andree DI, Hart LD. Ventilatory pattern following diphtheria-tetanus-pertussis immunization in infants at risk for sudden infant death syndrome. AJDC 1985;139:991-994.

Les auteurs ont évalué les effets de l'immunisation DTC sur le schéma respiratoire pendant le sommeil d'enfants à risque accru de SMSN, y compris ceux atteint d'apnée inexpliquée et ceux qui font partie de la fratrie de victimes du SMSN. Des pneumogrammes de nuit ont enregistré la nuit avant et la nuit après l'immunisation au DTC. Les auteurs ont conclu que l'immunisation par le DTC n'augmente pas les anormalités du schéma respiratoire chez les enfants à risque accru de SMSN.

 

Ceci n'est pas Initiative Citoyenne reviendra prochainement sur le traitement d'Initiative Citoyenne sur le lien hypothétique entre l'administration des vaccins et le syndrome de la mort subite du nourrisson (SMSN).

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