Ceci n'est pas Initiative Citoyenne

Le mythe de Diane Harper, chercheuse experte du Gardasil, débunké

Faute de preuves scientifiques qui soutiennent leur système de croyances sur la vaccination, les négationnistes des vaccins ont tendance à se fier à des informations non scientifiques comme des anecdotes, des erreurs logiques, des interprétations erronées de données ou aux tribunaux italiens pour plaider le manque de sécurité des vaccins. Un des arguments les plus récents concerne le Dr Diane Harper, ancienne "consultante" chez Merck (et GSK, fabricant du Cervarix, vaccin bivalent anti-HPV), qui aurait apparemment joué un rôle dans la recherche sur les essais cliniques sur les vaccins contre le VPH. Mais quels sont les faits ?

Il est relativement facile de réfuter ces affirmations, mais en raison de la nature d'internet, d'anciennes informations sont recyclées comme si elles étaient nouvelles, nécessitant une nouvelle série d'articles de blog pour discréditer la désinformation. Il est impossible de se remémorer d'un cas pour lequel un négationniste des vaccins a formulé une déclaration qui, en fait, n'a pas été rapidement débunkée. Pas une.

Concernant la santé des enfants, ceux qui pensent que les vaccins sauvent des vies progressent depuis quelques temps déjà, étant donné qu'environ 95% des enfants aux Etats-Unis se font vacciner avant leur entrée en maternelle. Mais cela n'empêche pas les opposants d'essayer, à l'aide de mèmes zombies antivaccination qui réapparaissent, de décourager les parents à faire vacciner leurs enfants.

Jetons un coup d’œil et voyons ce qu'on peut en tirer.

Tout sur le VPH et les vaccins contre le VPH

Je sais que j'ajoute cette section à chaque article que j'écris sur les vaccins contre le VPH, même si j'envisage de le supprimer. Cependant, il est mis à jour fréquemment avec des informations supplémentaires sur le VPH ou le vaccin. De plus, certains lecteurs souhaitent en savoir plus sur le VPH et cette section peut aider quelqu'un à se mettre rapidement à niveau. Vous pouvez donc sauter cette section si vous la lisez pour la 47ème fois.

Les infections génitales et orales à papillomavirus humain (VPH) sont les infections sexuellement transmissibles (IST) les plus courantes aux Etats-Unis. Le VPH se transmet généralement par contact lors de relations sexuelles, vaginales, anales ou orales.

Il est important de noter que plus de 150 souches ou sous-types de VPH peuvent infecter l'homme - toutefois, seulement 40 de ces souches sont liées à un ou plusieurs cancers différents. Sur ces 40 souches, la plupart sont assez rares.

Bien que les premiers symptômes des infections à VPH ne soient pas graves et que de nombreuses infections à VPH se règlent sans dommages à long-terme, les infections à VPH sont liées de manière causale à de nombreux types de cancers chez les hommes et les femmes. Selon les recherches médicales actuelles, voici certains des cancers liés au VPH :

  • Cancer du col de l'utérus
  • Cancer de la vulve
  • Cancer du vagin
  • Cancer anal
  • Cancer de l'oropharynx
  • Cancer du pénis

En outre, il existe certaines preuves que les infections à VPH sont liées de manière causale aux cancers de la peau et de la prostate. Le lien avec le cancer de la peau est encore préliminaire, mais il existe des preuves bien plus solides que le VPH est lié à de nombreux cancers de la prostate.

On estime que le VPH est responsable de près de 5% de tous les nouveaux cancers dans le monde, ce qui le rend presque aussi dangereux que le tabac. Selon le CDC, environ 79 millions d'américains sont infectés par le VPH - environ 14 millions d'américains contractent un nouveau VPH chaque année. La plupart des gens ne savent même pas qu'ils sont infectés jusqu'à l'apparition du cancer. Le CDC indique également que plus de 43.000 cancers liés au VPH sont diagnostiqués chaque année aux Etats-Unis. Il faut multiplier ce nombre à l'échelle planétaire.

Avant 2014, il y avait deux vaccins contre le VPH sur le marché mondial. GSK, également connu sous le nom de GlaxoSmithKline, produit le Cervarix, un vaccin bivalent (qui protège contre deux souches du VPH). Il a été retiré du marché américain (bien que disponible sur de nombreux autres marchés), en raison de la concurrence des vaccins Gardasil quadrivalent (immunise contre quatre souches différentes du VPH) et 9-valent (immunise contre neuf souches du VPH).

Merck fabrique le Gardasil, probablement le vaccin contre le VPH le plus populaire au monde. La première version du vaccin, le Gardasil quadrivalent, vise les deux génotypes du VPH qui sont responsables d'environ 70% des cancers du col de l'utérus et deux autres génotypes du VPH qui provoquent des verrues génitales. En Europe et sur d'autres marchés, le Gardasil est connu sous le nom de Silgard.

Le nouveau Gardasil9, approuvé par la FDA en 2014, est un vaccin à 9 valences, protégeant contre les types 6, 11, 16, 18, 31, 33 , 45, 52 et 58 du VPH. Il cible les quatre souches de VPH trouvées dans la version quadrivalente, et cinq autres qui sont liées au cancer du col de l'utérus et à d'autres cancers liés au VPH. Les deux versions du Gardasil sont prophylactiques et doivent être administrées aux femmes ou aux hommes avant qu'ils ne soient exposés à une éventuelle infection par le VPH par contact intime.

Le Gardasil est l'un des moyens les plus faciles et les plus efficaces pour prévenir plusieurs cancers dangereux. Sans aucun doute, le vaccin contre le VPH prévient le cancer.

Actuellement, aux Etats-Unis, le Advisory Committee on Immunization Practises (ACIP, le comité consultatif des pratiques d'immunisations en français) recommande aux adolescentes et aux garçons âgés de 11 à 12 ans de se faire vacciner contre le VPH. La vaccination est également recommandée pour les adolescentes et les jeunes femmes de moins de 26 ans qui ne l'ont pas encore reçue étant plus jeunes, et pour les adolescents et les jeunes hommes de moins de 21 ans.

Permettez-moi de résumer le tout pour que, si vous ne devez retenir qu'une chose de cette section, vous vous souveniez de ce résumé. Le VPH est une maladie sexuellement transmissible. Le VPH cause 43.000 cancers par an, rien qu'aux Etats-Unis. Le vaccin contre le VPH empêche d'être infecté par le VPH, ce qui signifie que vous êtes protégé contre ces cancers.

Qui est cette "chercheuse spécialiste du Gardasil" ?

Cette "chercheuse spécialiste du Gardasil" est Diane Harper, qui est décrite comme "chercheuse principale pour le développement de vaccins contre le papillomavirus humain, le Gardasil et le Cervarix". Le Dr. Harper décrit son implication dans les vaccins comme "consultante pour GSK et Merck, pour laquelle je suis rémunérée". GSK, également connu sous le nom de Glaxo SmithKline, fabrique le Cervarix et Merck, bien sûr, fabrique le Gardasil.

En outre, elle déclare avoir été "chercheuse principale, c'est-à-dire que j'étais responsable de constituer une équipe de recherche pour recruter des participants, dispenser les soins pendant l'étude, collecter les échantillons biologiques au bon moment et conserver les sujets pendant toute la journée de l'étude."

Mais ce rôle n'est pas celui du "chercheur principal" dans le cadre d'un essai clinique entier, et ça n'était que pour un seul site. En fait, le directeur médical chez Merck ou chez GSK est responsable de toutes les données, de toutes les recherches et de tous les protocoles partout dans le monde, impliqués dans l'essai clinique dans le vaccin contre le VPH. Le Dr Harper n'a été qu'un rouage, parmi beaucoup d'autres, qui n'avait aucun rôle stratégique dans la recherche, juste de la collecte de données. 

Le Gardasil a fait l'objet de plusieurs essais cliniques randomisés, et pas une seule fois, elle n'est l'auteur principal, ce qui aurait probablement indiqué qu'elle était la "chercheuse principale". Elle faisait partie d'une équipe d'une dizaine de chercheurs au moins. Elle exagère vraiment son rôle dans cet essai clinique.

Compte-tenu du fait que cette désinformation est écartée, le rôle du Dr. Harper, comme c'est courant dans la plupart des compagnies pharmaceutiques, était de gérer divers aspects des essais cliniques menés dans son établissement. cela revenait à s'assurer que les protocoles sont exacts, que son Comité médical de protection des personnes a approuvé l'essai, que les placebos et les médicaments sont donnés en aveugle aux chercheurs, et environ une centaine d'autres points.

Il y avait un fossé intentionnel entre elle, d'autres chercheurs en essais cliniques et les sociétés, GSK et Merck. De plus, elle n'a pas "développé" le médicament de manière significative, car son rôle n'était pas de faire de la recherche fondamentale, mais plutôt des essais cliniques.

Que disent les négationnistes de la vaccination à propos du Dr Diane Harper ?

Le Dr Harper, comme le prétendent de nombreux négationnistes des vaccins (il existe de nombreux sites web qui répètent la même histoire, quasi mot pour mot), a décidé de "parler franchement" du Gardasil afin de pouvoir "dormir la nuit". Le culte de l'antivaccinalisme  s'est attaché à cette histoire, parce qu'ils pensent que cela révèle un complot mensonger des fabricants de vaccins.

De toute évidence, selon leur théorie du complot,  le Dr Harper s'est échappé des griffes perverses de Big Pharma.

Lors d'une présentation de la 4ème conférence publique internationale sur la vaccination (en fait, une réunion de propagande antivaccin), qui s'est déroulée à Reston, en Virginie, du 2 au 4 octobre 2009, le Dr Harper aurait déclaré que le risque de cancer du col de l'utérus aux Etats-Unis est déjà faible, et que la vaccination n'aura pas d'effet significatif sur le nombre de cancers aux Etats-Unis. Il est juste de dire que le nombre de cancers liés au VPH est relativement faible - mais la seconde partie de la déclaration n'est pas étayée par des preuves concrètes.

Apparemment, le Dr Harper a déraillé sur ce point. Même si le risque de ces cancers est faible, il n'est pas nul. Ce mésusage des statistiques est l'un des plus importants problèmes que je rencontre avec les antivaccins. Plus de 20.000 cancers, dont la plupart sont mortels ou handicapants, peuvent être prévenus rapidement et facilement avec un vaccin qui a fait l'objet d'énormes essais cliniques (des millions de patients) ne produisant que peu d'effets d'effets secondaires graves. En fait, quasi aucun effet secondaire grave.

Je ne comprends pas la logique mathématique des antivaccins. Ils réduisent les risques de ne pas de faire vacciner à 0% et arrondissent l'incidence des effets indésirables à 100% - si cela n'était pas si grave, ça en ferait une des meilleures blagues statistiques de tous les temps. 

Mais que dit le Dr Diane Harper en réalité ?

Selon les transcriptions réalisées au cours de meeting, le Dr Harper a déclaré

"Environ huit femmes sexuellement actives sur dix auront le VPH à un moment donné de leur vie. Normalement, il n'y a aucun symptôme et dans 98% des cas, il disparaît de lui-même. Mais dans les cas où il ne le fait pas et n'est pas traité, il peut conduire à des cellules précancéreuses qui peuvent évoluer en cancer du col de l'utérus."

Attendez, quand a-t-elle dit que le vaccin contre le VPH n'aiderait pas? Ce n'est pas ce que je lis dans cette citation. Tout dans la science est nuancé, donc ce que le Dr Harper a dit était exact.

Mais voici comment une théorie du complot, base du discours antivaccin, interprète ses commentaires :

"Il faut vraiment prendre conscience des jeux de mots de l'establishment pour comprendre la signification de la citation ci-dessus, et il faut comprendre son unique version de "science". Lorsqu'ils rapportent que des cas non traités "peuvent" conduire à quelque chose qui "peut" conduire au cancer du col de l'utérus, cela signifie vraiment que la relation n'est qu'une conjecture hypothétique qui n'est rentable que si les gens y croient réellement.

En d'autres termes, il n'y a pas de relation démontrée entre le fait d'être vacciné et les cancers rares que le vaccin pourrait prévenir, mais il est néanmoins commercialisé pour le faire. En fait, il n'y a aucune preuve réelle que le vaccin puisse prévenir le cancer."

Ce n'est pas ce qu'elle a dit. Ce qu'elle dit, c'est que l'événement est statistiquement rare, mais qu'il n'est pas 0. Lorsque la science dit "qu'il peut évoluer en cancer", cela signifie que pour chaque individu le risque que le cancer "puisse se développer" est faible, mais quand on regarde un grand groupe, on ne dit plus "peut" - il est sûr qu'un certain nombre de personnes de ce groupe contractera le cancer à la suite d'une infection au VPH.

Nous ne savons pas pourquoi certaines femmes auront un cancer du col de l'utérus et d’autres pas. Certaines femmes ont un meilleur dépistage (mais même le détecter tôt peut avoir de mauvaises conséquences sur la santé reproductive). En règle générale, les négationnistes de la science, y compris ceux du gang antivaccination, ne comprennent pas comment fonctionnent les statistiques.

Un faible risque n'est pas un risque nul. Mais d'un autre côté, un faible risque ne signifie pas non plus un risque de 100% (la communauté antivaccins fonctionne dans les deux sens).

Les commentaires et les recherches du Dr Harper

Mais laissons de côté toutes ces discussions sur ce qu'elle a voulu dire - revenons aux commentaires du Dr Harper. Devinez quoi? La vérité est très différente.

  • Le Dr Ben Goldacre, qui écrit régulièrement sur la nécessité de rendre les compagnies pharmaceutiques responsables de leurs actions et de leurs allégations exagérées, a interviewé le Dr Harper après que le monde des antivaccins ait explosé avec ces informations. Elle a déclaré à Goldacre que "je soutiens pleinement les vaccins contre le VPH. Je crois qu'en général, ils sont sûrs chez la plupart des femmes."
  • Le point de vue du Dr Diane Harper sur le vaccin contre le VPH n'est pas un secret. Elle a publié plusieurs articles sur le VPH, le cancer et les vaccins contre le VPH. Dans un article, elle exprime clairement son point de vue. Elle dit que nous ne savons pas combien de temps durera la protection contre les vaccins, et que cela pourrait avoir un effet sur une décision coût-bénéfice concernant le vaccin. Elle ne dit pas que c'est une question de sécurité vs. bénéfices, mais simplement que le coût d'un programme de vaccination contre le VPH, si l'effet du vaccin n'est pas assez durable, pourrait signifier qu'il est trop cher pour les résultats escomptés. Je pourrais discuter avec elle sur le fait qu'il est utile de sauver ne serait-ce qu'une poignée de vies. Je ne serais pas troublé par le coût du vaccin contre le VPH (enfin, à moins que ce ne soit 1 million de dollars par dose ou quelque chose comme ça).
  • Elle a également déclaré qu'elle était préoccupée par la campagne de publicité agressive de Merck, qui pourrait amener les individus à croire qu'ils sont désormais complètement invisibles par rapport au VPH, de sorte qu'ils tendent à éviter les précautions par rapport aux MST, ce qui pourrait entraîner des taux plus élevés d'autres types de MST, y compris les infections du VIH. Ceci est valide car cette invincibilité est suggérée par la publicité de Merck. D'ailleurs, beaucoup d'entre nous, dans le domaine biomédical, et même ceux qui ont travaillé pour Big Pharma, sont dégoûtés par les allégations publicitaires des produits pharmaceutiques sur ordonnance.
  • Le Dr Diane Harper soupçonne également que les femmes qui reçoivent le vaccin contre le VPH sont probablement celles qui seront plus pointilleuses quant à la planification et à la visite chez leur médecin pour chacun de leurs rendez-vous de dépistage du cancer, de sorte que la vaccination aurait peu d'impact sur leur risque de décès par cancer. Mais même là, elle déclare que ce groupe particulier bénéficiera de la réduction de certaines troubles causés par le traitement des changements précancéreux des cellules cervicales.
  • Le Dr Diane Harper continue de publier des recherches sur l'efficacité des vaccins contre le VPH, dont une récente qui a rapporté que des études ont sous-estimé l'efficacité du vaccin contre certains types de VPH. Elle était l'une des 20 chercheurs impliqués, donc aucune de ces prétentions de "chercheur principal" n'a beaucoup de crédibilité.
  • Le Dr Diane Harper continue de participer aux essais cliniques des vaccins contre le VPH, en publiant un nouvel article en août 2016.
  • Le Dr Harper travaille tellement sur les avantages du vaccin contre le VPH, qu'elle est la chercheuse en chef (cette fois, un vrai titre) pour un nouveau type de vaccin contre le VPH, appelé le vaccin tipapkinogen sovacivec (TS) qui est développé par Transgene en partenariat avec Merck et Pfizer. Ce vaccin TS est différent du Gardasil et d'autres vaccins contre le VPH parce qu'il provoque la destruction par le système immunitaire du VPH circulant, ainsi que des lésions précancéreuses liées au VPH.

Mais savez-vous quel est l'élément le plus révélateur au sujet du Dr Harper ? Si elle est si pessimiste à propos des vaccins en général, et du Gardasil en particulier, où sont ses diatribes sur les sites des antivaccins ? Parce que, mis à part les articles qui dénaturent le point de vue réel du Dr Harper sur le Gardasil, il est impossible de trouver des écrits du Dr Harper indiquant, implicitement ou explicitement, qu’elle pense que le Gardasil est mauvais. Quand elle est citée, c'est à partir de ses déclarations d'il y a près de huit ans, ou de déclarations très confuses et nuancées depuis lors.

Comme quelqu'un a dit un jour, n’écoutez pas ce que les gens disent, mais regardez ce qu’ils font. Et elle continue la recherche sur les vaccins contre le VPH.

Encore une fois, elle spécule sur le fait que le dépistage du cancer du col de l'utérus peut être tout aussi utile, mais elle ne recommande nul part de ne pas utiliser le vaccin, que son profil de sécurité soit inacceptable ou que le vaccin ne puisse pas prévenir le cancer. En fait, elle recommande d'élargir les recommandations pour les vaccins contre le VPH pour les femmes plus âgées, car en vieillissant, elles sont plus sensibles aux autres sérotypes du VPH contre lesquels le Cervarix confère une protection.

Elle dit aussi que le Cervarix peut également avoir un effet protecteur contre certains troubles auto-immuns. Cela ne ressemble pas à un chercheur qui s'inquiète du vaccin contre le VPH, mais plutôt qui soutient pleinement son utilisation, à quelques exceptions près.

Et un problème qui peut survenir avec le dépistage est qu'il peut inclure un diagnostic de cancer. Tout médecin qui pratique de la vraie médecine déclarera que la prévention du cancer est plus importante qu'un diagnostic. Les femmes qui reçoivent un diagnostic de "cellules précancéreuses" après un frottis vaginal sont horrifiées et effrayées. Bien sûr, nous avons de bonnes méthodes de dépistage de ces cancers, mais que se passe-t-il quand on dispose d'un vaccin qui réduit le risque de ces cancers ? C’est infiniment mieux que le diagnostic. Je ne comprends pas sa logique.

La double face de Diane Harper

Pour être honnête, je dois dire qu'elle a fait des déclarations étranges au sujet du Gardasil (mais jamais sur le Cervarix, un choix suspect) :

"Le Gardasil est associé à des événements indésirables graves, y compris la mort. Si le Gardasil est administré à des enfants de 11 ans et que l'efficacité du vaccin ne dure pas au moins quinze ans, alors il n'y a aucun avantage - et seulement un risque - pour la jeune fille."

Mais où sont les études qui soutiennent une telle affirmation? Il n'y en a pas, il n'y a tout simplement rien de publié qui indique que le Gardasil est associé à des événements indésirables graves, même lorsque les études ont inclus un million de patients !

Elle utilise peut-être des données passives du Vaccine Adverse Event Reporting System (VAERS), un système où les individus peuvent signaler les événements indésirables supposés post-vaccination, pour "prouver" certains événements indésirables. Le VAERS est l'un des "outils de recherche" préférés de la communauté antivaccinale.

Les déclarations au VAERS peuvent être effectuées en ligne, par fax ou par courrier. Cependant, aucune enquête n'est requise pour démontrer la causalité entre l'événement de la vaccination et la morbidité ou la mortalité déclarée qui sont signalées dans la base de données VAERS, et, franchement, il peut être manipulé par ceux qui ont une intention de nuire.

Le VAERS est un système sur-mesure pour ceux qui pensent qu'il existe un lien entre les vaccins et des choses terribles, mais sans enquête active, les données sont juste, en gros, totalement dénuées de sens et ne sont absolument pas scientifiques. La plupart des épidémiologistes savent qu'elles n'ont aucune valeur.

Même le système VAERS lui-même signale que les données ne peuvent pas être utilisées pour déterminer la différence entre coïncidence et véritable causalité. Il existe un niveau naturel de mortalité, toutes causes confondues, indépendamment du fait qu'un individu soit vacciné ou non, et à moins que vous ne compreniez le taux de base, le taux de «mortalité» du vaccin n'a aucune signification scientifique.

En fait, nous pourrions évoquer un "taux de mortalité" de la consommation de café Starbucks en voiture, qui peut ou non avoir une quelconque causalité.

Il semble que le Dr Harper, pour une raison quelconque, répète le mythe anti-vaccin que l'on trouve dans les poubelles du VAERS :

"Jusqu'à présent, 15.037 filles ont signalé des effets secondaires indésirables dû au seul Gardasil au système de notification des événements indésirables des vaccins (V.A.E.R.S.), et ce nombre ne reflète que les parents qui subissent les obstacles obligatoires au signalement d'effets indésirables.

Au moment de la rédaction du présent rapport, 44 filles sont officiellement reconnues comme étant décédées des suites de ces vaccins. Les effets secondaires signalés comprennent le syndrome de Guillain Barré (paralysie qui dure des années ou de façon permanente - provoquant parfois une suffocation), le lupus, des convulsions, des caillots sanguins et une inflammation du cerveau. Les parents ne sont généralement pas informés de ces risques."

Il n'y a tout simplement aucune preuve que 44 filles "sont officiellement reconnues comme étant décédées des suite de ces vaccins". Il s'agit d'un de ces mythes qui continue à être propagé entre groupes d'antivaccins, un peu comme une infection au VPH. Utiliser le VAERS pour tirer en tirer une conclusion est une méthode intellectuellement paresseuse et ignorante pour essayer promouvoir un point de vue. De véritables recherches, effectuées par de vrais chercheurs, publiées dans de véritables revues, ne montrent aucune preuve que le Gardasil fasse quoi que ce soit, sauf empêcher les infections au VPH chez les jeunes filles.

De vraies preuves, démontrées au travers de vraies études épidémiologiques de cas-témoins ont établi le fait que Gardasil est extraordinairement sûr, peut-être l'un des vaccins les plus sûrs JAMAIS conçu. Et si le Dr Diane Harper veut prétendre qu'elle est "chercheuse principale", elle doit au minimum essayer de comprendre le fonctionnement de l'épidémiologie. Le VAERS ne fournit ni corrélation, ni causalité entre un événement indésirable et le Gardasil.

D'un autre côté, dans un article révisé par des pairs de 2012 sur le Cervarix, le Dr Harper déclare que :

"Le Cervarix est un excellent choix pour les populations dépistées et non dépistées en raison de sa protection de longue durée, de sa protection étendue à au moins cinq types de HPV oncogènes, de la possibilité d'utiliser une seule dose pour un même niveau de protection et de sécurité."

Mis à part le nombre d’antigènes, il y a peu de différence pratique entre le Gardasil de Merck et le Cervarix de GSK. On croirait presque que le Dr Harper a une dent contre Merck, et ça n'a rien à voir avec la sécurité.

La situation actuelle du Dr Diane Harper

L’intérêt du Dr Harper pour le vaccin contre le VPH est devenu plus clair récemment. Non seulement elle travaille avec Big Pharma pour mettre de meilleurs vaccins contre le VPH sur le marché, mais elle a également eu un poste à la faculté de médecine de l'Université du Michigan. Elle est professeure de médecine familiale, d’obstétrique et de gynécologie, d’études féminines, ainsi que de nombreux autres postes. C'est impressionnant.

Dans un communiqué de presse de Michigan Medicine de 2018, le De Diane Harper est abondamment citée, mais le passage-clé est le suivant :

"Je crois fermement à la prévention du cancer du col de l'utérus et aux effets du vaccin contre le VPH. Les vaccins vous donneront une plus grande chance d'avoir un dépistage normal."

Elle fait de la sensibilisation communautaire dans une école de médecine, donc elle promeut le vaccin contre le VPH !

Résumé, la version TL; DR

La chercheuse du Gardasil, le Dr Diane Harper, semble être une excellente scientifique, une personne qui a passé beaucoup de temps à étudier le VPH et les vaccins. Elle a la formation universitaire et de la crédibilité en recherche à un niveau tel que si elle disait " le Gardasil est dangereux", beaucoup d'entre nous se lèveraient et commenceraient à se poser des questions.

Mais les faits sont qu'elle n'a rien dit de tel sur le Gardasil et le Cervarix, sauf dans une interview. Dans des articles évalués par des pairs et publiés dans d'importantes revues à fort impact, elle a donné des recommandations fortes, mais scientifiquement reconnues, sur les vaccins contre le VPH.

Ce sont les faits. Toute autre allégation concernant son manque de soutien aux vaccinations est basée sur la désinformation et les mensonges.

Ce sont les faits. Toute autre allégation concernant son manque de soutien pour les vaccinations est basée sur la désinformation, la désinformation et les mensonges.

Le Gardasil n'augmente pas l'activité sexuelle des jeunes filles. Les vaccinations contre le VPH se sont révélées extrêmement sûres, sans effets indésirables graves observés lors de grands essais cliniques. Et il a été démontré qu'il réduit la prévalence du VPH chez les jeunes femmes. Tels sont les faits scientifiques, et selon eux, nous pouvons conclure, comme le Dr Harper, que les vaccins contre le VPH préviennent le cancer et sauvent des vies.

Mais résumons rapidement :

  • Le Dr Diane Harper a joué un rôle de "consultante" lors des essais cliniques pour le Gardasil et le Cervarix.
  • Le Dr Harper a été rémunéré par Merck et GSK pour ces essais cliniques.
  • Le Dr Harper a peut-être dit (ou pas) que les avantages économiques du vaccin sont suffisants pour le recommander.
  • Le Dr Harper a fait de rares allégations dénuées de fondement sur la sécurité du Gardasil, mais étonnamment, jamais sur le Cervarix.
  • Le Dr Harper continue de publier des recherches positives sur les vaccins contre le VPH, y compris le Gardasil.
  • Le Dr Harper continue de participer à des essais cliniques financés par des compagnies pharmaceutiques sur les vaccins contre le VPH, y compris un essai clinique en cours pour un nouveau vaccin contre le VPH.
  • Le Dr Harper est évidemment utilisé par le mouvement antivaccin et est souvent mal cité. C'est triste.

N'oubliez pas que la vaste prépondérance des preuves publiées dans de véritables revues confirme le fait que les vaccins contre le VPH sont sûrs et efficaces pour prévenir le cancer.

Références :

Publié par Skeptical Raptor, le 15 janvier 2020

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article