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"Santé naturelle" et mouvement antivaccin : le cas du Dr Joseph Mercola

Le Dr Joseph Mercola vend du charlatanisme depuis plus de deux décennies. Il s'avère qu'il promeut également la pseudoscience antivaccinale, comme le montre un nouveau rapport du Washington Post.

L'une des attaques ad hominem les plus fréquentes contre certains d'entre nous qui tentons d'informer le public à propos du charlatanisme médical, de la pseudoscience antivaccinale et de l'infiltration de la pseudoscience et du charlatanisme en médecine sous la forme de "médecine complémentaire et alternative" (CAM) ou de "médecine intégrative", c'est que nous sommes vendus à Big Pharma. C’est une accusation si courante que j’ai même inventé une phrase pour la décrire. C'est ce qu'on appelle le "sophisme du vendu". L'idée est aussi évidente que banale : mettre en doute ce que les défenseurs de la science disent du charlatanisme médical en les présentant comme étant rémunérés par Big Pharma. Souvent, ma réplique est de dire : "Bon sang ! Où est tout ce pognon que je suis censé amasser ? Où est mon manoir ? Où est ma Maserati ?". Bien sûr, je n'ai rien de tout cela. Ne vous méprenez pas. En tant que chirurgien universitaire, je gagne beaucoup plus qu'une personne lambda, mais je suis juste aisé, pas riche, et je ne gagne même pas tellement en comparaison au chirurgien moyen qui pratique en privé avec mon niveau d'expérience. (Je ne gagne même pas autant que les radiologues de mon hôpital.) Le fait est que personne ne devient riche en s'opposant aux pseudosciences. Cependant, on peut devenir riche en vendant de la pseudosciences, comme le montre une récente histoire tirée du Washington Post à propos du Dr Joseph Mercola.

J'ai toujours considéré le sophisme du vendu comme une projection qui en révèle bien plus sur la personne qui l'utilise comme attaque que sur la cible. Après tout, le postulat derrière le sophisme du vendu est que personne ne défendrait la médecine scientifique sans intérêt financier, plutôt qu'en raison d'une conviction profondément ancrée que la médecine basée sur la science (MBS) est la meilleure et d'un désir de protéger les patients contre les méfaits du charlatanisme et de de la corruption de la médecine infiltrée par la pseudoscience. Peut-être que le sophisme du vendu devrait être renvoyé aux antivax, comme vous le verrez, et peut-être particulièrement quand cela vient des antivax.

Le Washington Post se penche sur l'histoire et sur les activités du magnat de la médecine alternative, le Dr Joseph Mercola.

Jetons d'abord un coup d'oeil aux dramatis personae de cette histoire. Ce sont deux personnes sur lesquelles j'ai écrit de nombreuses fois au cours des 15 dernières années, ici et sur mon autre blog pas-si-secret. Tout d'abord, il y a Joseph Mercola, docteur en ostéopathie, médecin qui, au cours des 20 dernières années, a construit un empire de la santé alternative en ligne. Ensuite, il y a Barbara Loe Fisher, que j'aime appeler la "grande dame" du mouvement antivaccin moderne, étant donné qu'elle dirige le plus ancien groupe antivaccin existant au nom orwellien, National Vaccine Information Center (NVIC) (Centre national d'information sur les vaccins), qui devrait en réalité s'appeler le Centre national de désinformation sur les vaccins. Au début des années 1980, elle est devenue convaincue que le DTP (vaccin contre diphtérie - coqueluche - tétanos) a provoqué des lésions neurologiques chez son enfant. Des preuves ultérieures n'ont montré aucun lien entre le DTP et les lésions neurologiques, mais à l'époque il existait plusieurs rapports de cas et un reportage sensationnel intitulé "DPT : Vaccine Roulette", qui a d'abord été diffusé sur une chaîne filiale locale de la NBC à Washington DC en 1982, puis finalement au niveau national sur The Today Show. Trois ans plus tard, Barbara Loe Fisher et Harris Coulter ont publié un livre, "DPT : A Shot in the Dark". C'est la crainte engendrée par ces rapports et ces efforts qui a conduit à un tsunami de poursuites judiciaires contre le fabricant du ROR qui a menacé l'approvisionnement en vaccins et a conduit le Congrès américain à adopter la loi nationale de 1986 sur les blessures liées aux vaccins infantiles (National Childhood Vaccine Injury Act), en créant le tribunal des vaccins.

A présent, venons-en à l'article de Lena Sun et Neena Satija, "Un donateur important du mouvement antivaccin a engrangé des millions en vendant des produits de santé naturelle" :

"La plus ancienne association antivaccin du pays souligne souvent qu'elle est principalement soutenue par de petits dons et des parents inquiets, décrivant son fondateur comme le leader d'un "mouvement démocratique national".

Mais au cours de la dernière décennie, un seul donateur a versé plus de 2,9 millions de dollars au National Vaccine Information Center, ce qui représente environ 40% du financement de l'organisation, selon les derniers déclarations fiscales disponibles. Ce donateur, le médecin ostéopathe Joseph Mercola, a amassé une fortune en vendant des produits de santé naturelle, selon des dossiers judiciaires, incluant des suppléments en vitamine, dont certains sont prétendument des alternatives aux vaccins.

Ces dernières années, le NVIC a été au premier plan d'un mouvement qui a conduit certains parents à renoncer ou à retarder la vaccination de leurs enfants contre des maladies évitables par la vaccination telles que la rougeole. Les responsables de santé affirment que la baisse des taux de vaccination a contribué à rendre malades plus de 1.200 personnes aux États-Unis en 2019, soit le nombre le plus élevé de ces 25 dernières années. Les épidémies de rougeole sont en augmentation dans le monde entier, y compris aux Samoa - où près de 80 personnes sont décédées depuis la mi-octobre, la grande majorité d'entre elles sont de jeunes enfants et des nourrissons."

A quel point Mercola s'enrichit-il en vendant des produits de "santé naturelle" ? Il est très riche, et le NVIC n'est pas le seul groupe antivaccin auquel il contribue :

"Mercola, dont les allégations concernant d'autres produits ont occasionné des avertissements de la part des autorités de réglementation, a également donné au moins 4 millions de dollars à plusieurs groupes qui répercutent le message antivaccin. Sa fortune, provenant en grande partie de son réseau d'entreprises privées, a crû à «plus de 100 millions de dollars», a-t-il déclaré dans un affidavit en 2017."

Oui, vous avez bien lu. La fortune de Mercola dépasse les 100 millions de dollars ! Je dois avouer que je ne pensais pas que Mercola était riche à ce point ! Quand j'ai écrit pour la dernière fois sur son empire de la santé en ligne en 2012 en réaction à un précédent article sur ses liens avec le mouvement antivaccin, j'ai sèchement noté que Mercola est "riche, vraiment plein aux as," ajoutant qu'après tout, "il avait une épargne d'un million de dollars à donner au NVIC et à divers autres groupes de promotion du charlatanisme." (Rappelez-vous, c'était en 2012. Il a donné bien plus au NVIC et et à d'autres groupes antivaccins depuis lors.)

J'ai également mentionné le charlatanisme absolu que Mercola publie régulièrement sur son site, comme cette histoire :

"Le mois dernier, Mercola a écrit sur son site que la rougeole "continue d'être un cheval de Troie pour étendre les obligations vaccinales". Une page qui a été récemment supprimée disait que "la supplémentation en vitamine C est une option viable pour la prévention de la rougeole". Ailleurs sur le site, une page sur la vitamine D a comme titre, "Évitez les injections contre la grippe grâce à la seule vitamine qui arrêtera la grippe.""

J'aime le pseudo-déni de Mercola :

"Il a refusé d'être interviewé et n'a pas répondu aux questions sur les bénéfices générés par ses suppléments en vitamine D et C par rapport au reste de sa vaste gamme de produits, qui comprend des sous-vêtements en coton biologique et des aliments pour animaux de compagnie. Les suppléments contenant ces vitamines figurent parmi les «meilleurs produits» de Mercola, indique son site Web.

Dans un communiqué, son équipe de communication a déclaré que les allégations sur le site Web de Mercola concernaient la vitamine D et la vitamine C en général et "ne mentionnent absolument pas les produits du Dr Mercola"."

Bien sûr, mais il existe des liens vers la boutique en ligne de Mercola partout sur son site. Lorsque vous lisez quelqu'un comme Joe Mercola, tenez toujours compte du motif du profit. Une grande partie de son site n'est en réalité rien de plus que des publicités pour ses produits, habilement déguisées au travers d'un plausible déni, sous la forme d'absence de mention directe de ses produits, par des informations neutres sur la "santé naturelle".

Aussi, dans un souci de transparence, un certain blogueur sur SBM a été interviewé pour cet article, et il a expliqué comment fonctionne la réseau de Mercola :

"Il mélange les conseils ennuyeux et sensés sur la santé avec des conseils pseudoscientifiques de telle sorte qu'il est difficile pour quelqu'un sans formation médicale de différencier les deux", a déclaré David Gorski, oncologue et chirurgien à la Wayne State University, qui est largement considéré comme expert de premier plan à propos du mouvement anti-vaccin."

Je ne sais pas si je suis "largement considéré" comme un "expert" du mouvement antivaccin, mais j'ai 15 ans d'expérience dans sa réfutation, plus si vous prenez en compte la période avant de commencer mon blog personnel. Je suppose que ça compte.

Nonobstant la validité de mon "expertise", ce qui précède est le même type de désinformation antivaccinale que Mercola colporte depuis que je le connais, et certainement même bien avant. En effet, Mark Crislip déconstruisait déjà la désinformation antivaccinale de Mercola il y a dix ans, lors de la pandémie H1N1. Peu de temps après, Joe Albietz a parlé sa propagande de peur autour du Gardasil et des adjuvants à base de squalène. À peu près à la même époque, j'ai remarqué pour la première fois que Joe Mercola avait fait équipe avec Barbara Loe Fisher et le NVIC pour déclarer la semaine du 1er au 6 novembre 2010 "Semaine de sensibilisation aux vaccins", qui aurait pu s'appeler "Semaine de la peur des vaccins". Ils ont fait la même chose quasiment chaque année depuis lors. À l'époque, ils utilisaient l'argent de Mercola pour acheter des publicités antivaccinales diffusées par CBS sur le JumboTron de Times Square et pour inclure des annonces antivaccinales dans le système de divertissement embarqué de Delta Airlines.

Bien sûr, le charlatanisme de Mercola va bien au-delà du charlatanisme anti-vaccin. Il inclut la thermographie du cancer du sein, la désinformation sur le dépistage par coloscopie du cancer colorectal, l'homéopathie et, le plus ridicule de tous, le charlatanisme autour du cancer de Tullio Simoncini. Simoncini, certains se souviendront peut-être, affirme que tout cancer n'est en fait qu'un champignon car il est "toujours blanc" et il a traité le cancer en y injectant du bicarbonate de soude. Cela reste parmi l'un des "remèdes alternatifs contre le cancer" le plus ridicule que j'aie jamais vus depuis plus de 20 ans. Je prête attention à de telles choses, et je n'ai touché que la surface de l'étendue et de la profondeur de la pseudoscience dont Mercola fait la promotion depuis plus de 20 ans.

L'ascension d'un magnat du charlatanisme

L'histoire sur la façon dont Mercola est passé de simple docteur en ostéopathie à magnat de la santé alternative est connue. Cela a été raconté en 2012 par Bryan Smith pour Chicago Magazine intitulé "Dr. Mercola : visionnaire ou charlatan ?", qui écrit :

"En 1997, afin de partager ce qu'il trouvait "utile et pratique", il a lancé Mercola.com. Cela a été un succès. Mais comme il ne faisait pas payer le contenu, ni n'acceptait les publicités, cela représentait une perte d'argent. Au cours des trois premières années, Mercola estime qu'il a dépensé un demi-million de dollars pour le site. Pour le maintenir à flot, dit-il, "j'avais trois options : faire payer les abonnés; vendre des informations, ce que je ne voulais pas faire; ou vendre des produits, c'est ce que j'ai fini par faire. Le but de la vente d'articles est d'avoir une source de revenus afin que nous puissions payer notre personnel et dispenser des informations pour informer le public et faire la différence et financer [nos] initiatives.

Le succès du site a donné une impulsion significative à sa pratique, explique Mercola : "J'avais des gens qui venaient du monde entier. Cela m'a toujours intrigué : quand les gens entraient, je ne leur disais rien de différent de ce que j'avais écrit sur le site. Ils auraient pu tout aussi facilement le chercher gratuitement. Mais ils voulaient l'entendre de ma propre voix." (Mercola a cessé de pratiquer la médecine il y a six ans pour se concentrer sur le site Web.)

C’est un problème intéressant. Je suis sûr que le site coûtait probablement beaucoup d’argent à Mercola. Les frais de bande passante étaient plus élevés à l'époque. Bien sûr, c'est un piège très séduisant. Si vous commencez à vendre des produits pour financer le site, il est très facile pour le site de se transformer en un levier marketing dont le but est de vendre des produits. Les deux fonctions se nourrissent l'une l'autre, et c'est exactement ce qui semble s'être produit au cours des années suivantes. Mercola est devenu incroyablement riche.

Dans les reportages de Satija et Sun :

"Au milieu des années 2000, Mercola se concentrait sur la vente de produits. "Je ne voulais pas faire la publicité de produits et d'entreprises en lesquelles je ne faisais pas confiance ou en lesquelles je ne croyais pas - j'ai donc formulé, testé et vendu ma propre marque de produits pour financer le site", a-t-il déclaré dans un e-mail.

Susan Woller, alors directrice du développement commercial chez Mercola, l'a décrit dans une interview comme "un excellent vendeur" et «apprenant vorace» qui a développé des idées sur tout, des nouvelles barres protéinées aux ustensiles de cuisine plus sûrs. Elle a déclaré que sa marge bénéficiaire avait considérablement augmenté quand il s'est tourné vers la commercialisation de produits sous sa propre marque. Elle a refusé de donner un montant.

"Il fait toutes les recherches et fournit des informations à ses lecteurs", a déclaré Woller. "Lorsque vous faites cela et que vous conciliez ça avec un produit que vous avez sous votre propre marque, et que les gens y adhérent, vous ne pouvez que gagner de l'argent.""

J'adore la façon dont Mercola nous trompe en disant que le but de la vente de produits était de financer le site. Cela a pu être vrai au début, mais il est très clair d'après son histoire que la vente de produits est rapidement devenue l'objectif principal du site. Après tout, votre fortune n'atteindra pas 100 millions de dollars, si vous vendez juste assez de produits que pour prendre en charge le coût de la bande passante, maintenir le site et payer des auteurs pour le contenu que vous n'écrivez pas vous-même. Votre fortune ne peut atteindre 100 millions de dollars sur deux décennies que si vous vendez beaucoup d'articles avec une marge confortable, et même dans ce cas, la plupart des entreprises prospères ne sont pas aussi rentables. Comme le rapportent Satija et Sun, lorsque Mercola a cessé définitivement de recevoir ses patients en 2009, ses business généraient 3 millions de dollars par mois.

Pendant ce temps, Mercola a eu des démêlés avec la FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux)     et la FTC (commission fédérale du commerce), recevant plusieurs lettres, d'abord en 2005 et 2006, indiquant que ses allégations à propos ses suppléments étaient des allégations médicales, conduisant Mercola à placer un avertissement Miranda sur son site : "Ces produits ne sont pas destinés à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir une maladie."

Ensuite :

"En 2011, Mercola a encore reçu un avertissement de la FDA, cette fois concernant ses allégations sur la thermographie, un procédé par lequel une caméra infrarouge détecte les traces de chaleur et de circulation sanguine dans le corps. L'agence a écrit qu'il affirmait à tort que la thermographie était plus sensible que la mammographie pour détecter des maladies telles que le cancer du sein et qu'elle menaçait d'infliger des amendes ou de prendre d'autres mesures si ces allégations n'étaient pas rétractées."

Et :

"En 2016, en réponse à une plainte de la Commission fédérale du commerce, Mercola a remboursé près de 2,6 millions de dollars à plus de 1.300 personnes qui ont acheté des lits de bronzage qui, selon lui, réduisaient le risque de cancer de la peau. La FTC a déclaré que les allégations constituaient une "pratique malhonnête", soulignant que le produit pouvait en réalité augmenter le risque de cancer de la peau."

Vraiment une arnaque.

Le pivot

Une question clé examinée dans cet article est : pourquoi? Pourquoi un magnat de la santé naturelle comme Joe Mercola (et je pense que le terme "magnat" le décrit bien) verrait-il l'avantage à contribuer à des groupes antivaccins comme le NVIC?

Satija et Sun font correctement remarquer la relation entre les mouvements antivaccins et de "santé naturelle". Le détricotage de ce qui était la principale allégation antivaccinale selon laquelle les vaccins provoquent l'autisme suite à une enquête de Brian Deer révélant la fraude scientifique de Wakefield, Wakefield étant "radié" par le UK General Medical Council (perdant sa licence pour exercer), et son licenciement ultérieur de son poste de directeur médical de la Thoughtful House à Austin au Texas. Suite à cela :

"Le mouvement antivaccin a commencé à cultiver un message plus large, accusant les vaccins pour de nombreuses maladies. Cela correspond à l’intérêt croissant pour la médecine alternative et au scepticisme croissant concernant le rôle du gouvernement dans la prise de décisions parentales.

Le mouvement de résurgence a trouvé une poignée de riches mécènes, dont notamment le gestionnaire de fonds spéculatifs et philanthrope Bernard Selz et son épouse, Lisa. Les Selz ont donné 200.000 $ à un fonds d'aide juridique pour Wakefield en 2012, et ils ont ensuite donné plus de 3 millions de dollars à des groupes antivaccins, dont un qui a organisé des forums cette année à Brooklyn, l'épicentre de l'épidémie de rougeole.

Les 2,98 millions de dollars que Mercola a versé au groupe de Fisher depuis 2009 proviennent de la Natural Health Research Foundation, une fondation privée entièrement financée via son business et qu'il dirige en tant que président, d'après les déclarations fiscales."

Au cours de la même période, comme je l'ai noté, le mouvement antivaccin lui-même a basculé à partir d'un message selon lequel les vaccins étaient la principale cause de l'autisme, qu'il s'agisse du ROR ou du mercure dans le thimérosal, un conservateur utilisé dans les flacons multidoses de plusieurs vaccins pour enfants. jusqu'à ce que le CDC recommande son retrait en 1999, un retrait qui a été achevé en 2002. Ils devaient le faire. L'affaire Wakefield s'est révélé être une fraude, et il était très clair que le mercure dans les vaccins en tant que cause de l'autisme était devenu une hypothèse fausse à la suite de plusieurs études. Il était donc avantageux pour les antivax d'accuser de façon plus audible les vaccins pour toujours plus de maladies et d'affections, certains les considéraient déjà comme étant dus aux vaccins de toute façon mais cela avait été beaucoup moins mis en avant que l'autisme, tout en élargissant en même temps ses allégations de causalité de l'autisme. C’est un processus qui avait commencé avant la déchéance de Wakefield entre 2010-2011. Voici un exemple.

Retour en 2007, le site de Generation Rescue's disait :

"Generation Rescue estime que les troubles neurologiques infantiles tels que l'autisme, le syndrome d'Asperger, les TDAH, le retard de langage, le trouble d'intégration sensorielle et de nombreux autres retards de développement sont tous des diagnostics erronés d'intoxication au mercure.

Lorsque vous connaissez la cause, vous pouvez vous concentrer sur la guérison. Des milliers de parents guérissent leurs enfants en retirant le mercure du corps de leurs enfants. Nous voulons que vous, les parents, sachiez la vérité."

Generation Rescue est, évidemment, le groupe antivaccin fondé par J.B.Handley et sa femme, le groupe pour lequel Jenny McCarthy a servi de visage public pendant de nombreuses années. Puis, vers avril ou mai 2007, le message a changé :

"Nous pensons que ces troubles neurologiques sont des maladies environnementales causées par une surcharge de métaux lourds, de virus vivants et de bactéries. Un traitement approprié pour nos enfants, appelé "intervention biomédicale", mène à la guérison de milliers de personnes.

La cause de cette épidémie de troubles neurologiques est extrêmement controversée. Nous pensons que les principales causes comprennent le triplement des vaccins administrés aux enfants au cours des 15 dernières années (mercure, aluminium et virus vivants); charge toxique maternelle et vaccins prénataux; les métaux lourds tel que le mercure dans l'air, l'eau et les aliments; et la surconsommation d'antibiotiques."

On notera que cet été Generation Rescue avait totalement changé son fusil d'épaule au sujet de l'autisme. En gros, Generation Rescue a moins mis l'accent sur sa position antivaccinale à la faveur d'une "approche naturelle" plus générale du traitement de l'autisme par le charlatanisme communément appelé "thérapie biomédicale de l'autisme". Il y a de toute façon beaucoup plus d'argent à faire là-dessus, tout comme Joe Mercola a compris qu'il peut gagner de l'argent sur les antivax en leur vendant des soins de santé "naturels" et des remèdes "naturels".

En fin de compte, la relation entre des charlatans comme Joe Mercola et le mouvement antivaccin est une relation symbiotique. Les deux parties en bénéficient. Les antivax bénéficient de l'apport d'argent et de l'influence qu'ils obtiennent parmi les promoteurs de la "santé naturelle". De même, des magnats comme Mercola bénéficient de la vente de leurs produits auprès des antivax qui pensent pouvoir "guérir" leurs enfants atteints d'autisme, qu'ils considèrent comme ayant été «volés» par les vaccins.

Quant à l'affirmation selon laquelle ceux d'entre nous qui combattent la pseudoscience des antivaccins sont des "vendus à Big Pharma", disons juste que, compte tenu de ce que j'ai appris sur Joe Mercola, grâce à Lena Sun et Neena Satija, je conclus que les vrais vendus sont ceux qui promeuvent la désinformation antivaccinale, comme Barbara Loe Fisher.

Publié par ScienceBasedMedicine, David Gorski, le 23 décembre 2019 

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Commenter cet article

Grand 25/04/2020 07:57

Pour le coup, quand on sait que les erreurs médicales sont la troisième cause de mortalité aux States, on peut se demander qui sont les charlatans.
Quand on sait l'histoire de l’ostéopathie. aux USA, ses succès et les ennuis que lui a fait l'AMA, dirigée par des mecs qui n'étaient même pas des médecins eux mêmes et qui se sont acharnés à torpiller, et quand on constate que des épidémies éclatent souvent suite à des campagnes de vaccination massives, touchant essentiellement les personnes vaccinées, comme c'est le cas actuellement en Italie sous couvert de Covid, et quand on sait que pour l'essentiel, les médicaments sont inutiles et dangereux, alors on peut effectivement se demander si les médecins actuels ne sont pas les dignes héritiers de ces colporteurs de potion magique qui finissaient couverts de goudron et de plumes comme de vils tricheurs.

Claude Gosselin 27/03/2020 04:15

Les travaux de recherche exécutés par Big Pharma ne sont absolument pas dignes de confiance parce que tres souvent inconplets, biaisés.

cecinestpasinitiativecitoyenne 27/03/2020 07:37

Bonjour :)

Pouvez-vous être plus précis quant au caractère in complet et biaisé des travaux de recherche svp ?

Claude Gosselin 27/03/2020 03:45

Ije suis beaucoup plus confiant avec un docteur qui travaille avec ce que nous offre la nature qu'avec ce que nous offre Big Pharm avec ses obligations de bénéfices pour les actionnaires.

cecinestpasinitiativecitoyenne 27/03/2020 07:38

Avez-vous lu l'article ?