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Children's Health Defense prouve que le vaccin contre la rougeole est efficace

Children’s Health Defense (CHD) a publié un article le 9 septembre 2026 intitulé “Les personnes vaccinées peuvent et transmettent effectivement la rougeole, selon une analyse évaluée par des pairs”.

L’article indique que des personnes vaccinées contre la rougeole peuvent malgré tout contracter la maladie et la transmettre à d’autres personnes, et dans ce cas, initier une chaîne de transmission substantielle. 

En fait, l’article essaie de brouiller les pistes.

L’étude dit textuellement (c’est nous qui soulignons dans le texte) : 

“Notre étude a étudié le rare potentiel de transmission du virus de la rougeole à partir de cas vaccinés, et nous avons donc évalué une petite minorité de tous les cas de rougeole survenant lors des épidémies. Parce que l’échec vaccinal contre la rougeole est rare [Citation 15], seule une petite proportion des personnes vaccinées exposées développera la rougeole (et même une plus petite proportion transmettrait le virus), ainsi, les épidémies de rougeole sont principalement causées par des cas non vaccinés, y compris dans les contextes d’élimination. Cependant, notre revue démontre que les cas vaccinés peuvent transmettre le virus de la rougeole à d’autres personnes dans divers contextes et circonstances, et décrit les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et de laboratoire des personnes qui transmettent le virus.”

Ce sont les non-vaccinés qui sont à l’origine des épidémies, et pas les vaccinés. CHD essaie de travestir ce que disent les chercheurs.

Et les auteurs de l’étude précisent bien qu’il est rare pour les vaccinés de contracter la maladie, et parmi ceux-là, seule une petite proportion de vaccinés transmettront le virus.

Par ailleurs, on sait que l’échec vaccinal existe. La littérature scientifique montre que l’efficacité du vaccin ROR est d’environ 97% après 2 doses. Cela signifie que le vaccin n’est pas efficace à 100%, mais qu’il est quand même redoutablement efficace.

Les antivax, adeptes de la solution parfaite, sur cette base, peuvent balayer d’un revers de main le vaccin parce qu’il n’est pas une protection absolument parfaite. Mais alors, ils tombent dans l'irrationalité parce que le produit permet de sauver de vies et d’éviter de potentielles graves séquelles.

L’article fait remarquer que les auteurs de l’étude eux-mêmes écrivent : « Les transmissions de rougeole provenant de cas vaccinés, bien que relativement rares, doivent être prises en compte dans les enquêtes de santé publique, car de telles transmissions peuvent contribuer à des épidémies » 

C’est vrai, comme on l’a vu, le vaccin n’étant pas une solution parfaite, des vaccinés peuvent contribuer aux transmissions dans des épidémies. Ce n’est pas un phénomène nouvellement étudié, c’est connu, c’est documenté et c’est même attendu. 

Par contre, CHD omet délibérément de signaler que cette contribution est proportionnellement mineure par rapport à la contribution des non vaccinés. Les auteurs de l’étude écrivent d’ailleurs (nous soulignons) : 

« Bien que notre étude n'ait pas directement comparé l'étendue de la transmission du virus de la rougeole par des cas vaccinés à celle par des individus non vaccinés, nous n'avons trouvé aucune preuve pour contredire la pensée actuelle selon laquelle les cas vaccinés sont beaucoup moins susceptibles de transmettre la rougeole à d'autres. »

L’étude précise que parmi les 890 cas de personnes vaccinées malades recensés dans leur base de données, seuls 70 ont été identifiés comme ayant transmis le virus (soit 7,9 %). Cela montre qu'au sein même de cette littérature, la transmission par un vacciné reste un phénomène marginal.

Pourquoi CHD n’a pas jugé bon d’évoquer ces faits ?

Puisque CHD n’évoque que les parties de l’étude qui l’intéresse en faisant un cherry-picking qui n’échappera à personne, sauf aux antivax convaincus, cela leur permet d’embrayer sur leur discours anti-système habituel selon lequel les “médias mainstream” accusent toujours les personnes non-vaccinées de l’apparition d’épidémies de rougeole. 

Les “médias mainstream” et les scientifiques pointent les non-vaccinés parce que ce sont eux qui sont les vrais moteurs des épidémies de rougeole, même si les vaccinés peuvent y contribuer dans une bien moindre proportion.

Affirmer le contraire, pour ces médias, serait mentir. C’est pourtant le pas que choisit de franchir allègrement CHD.

CHD prend un autre exemple avec une étude réalisée en Italie (Breakthrough Infections: A Challenge towards Measles Elimination?). L’organisation antivax dit que dans les épidémies de rougeole entre 2017 et 2021 beaucoup de personnes infectées étaient vaccinées. 

Pourtant les auteurs de l’étude soulignent clairement que les cas de transmissions de sujets vaccinés à d’autres individus sont possibles mais rares. Ils soulignent aussi le fait que même en cas d’échec vaccinal (donc le cas où une personne vaccinée est infectée), les symptômes liés à la maladie sont bien moindres. 

Les auteurs écrivent dans la conclusion de leur étude (nous soulignons) : 

“Pour atteindre cet objectif d’élimination [de la rougeole], des niveaux élevés d’immunité et une faible proportion d’infections à percée sont nécessaires, tandis que le statut immunitaire de la population et la circulation du virus (y compris le typage moléculaire) doivent être constamment surveillés. Pourtant, le plus grand nombre de cas de rougeole survient chez les sujets non vaccinés, et l’augmentation de la couverture vaccinale est essentielle pour parvenir à l’élimination.”

Cette étude est presque un plaidoyer pour contrer toute la propagande de CHD. Pourtant, c’est bien eux qui citent cette étude. Mais combien de leurs lecteurs vérifieront ?

Pour en revenir à la méta-analyse, Karl Jablonowski indique qu’elle serait une critique cinglante du narratif populaire. Mais pas du tout. Il essaie de faire croire que cette méta-analyse remet en cause le consensus sur la question. Ça pourrait être le cas en lisant 1 demi-phrase sur 5 contenues dans cette étude. Il n’avait peut-être pas le temps de la lire.

Il accuse aussi les scientifiques de n’avoir pas étudié dans quelle mesure les vaccins protègent de la transmission de la rougeole. En réalité, dans la mesure où le vaccin empêche d’attraper le virus à 97%, il empêche de facto de le transmettre à 97%. Les vaccinés non infectés ne peuvent pas transmettre un virus qu’ils n’ont tout simplement pas attrapé.

Par la suite, l’article donne la parole à Sayer Ji qui indique qu'il est possible que l’échec vaccinal primaire ou secondaire s’explique par une version du virus ayant muté en réponse aux vaccins. 

Que dire ? Par quel bout démêler cette boule puante antvax ?

Pour commencer, présenter Sayer Ji comme Health writer (rédacteur spécialisé en santé), c’est très flatteur pour ce personnage qui ne possède aucune compétence médicale et est connu pour être un gourou de diverses pseudo-médecines. Il a fondé le site GreenMedInfo, vitrine pour ces pratiques anti-scientifiques. Il est l’une des personnalités antivax les plus virulentes et les plus influentes. De façon anecdotique, il a été marié à Kelly Brogan, dont on a aussi déjà dû parler sur ce blog malheureusement.

Ce personnage nie le fait même que les virus puissent être pathogènes. En quoi son avis totalement déconnecté de la réalité médicale peut-il nous apprendre quoi que ce soit sur les épidémies de rougeole ?

L’article essaie d’embobiner le lecteur en distillant une information vraie, tirée de la méta-analyse, pour enchaîner avec l’avis de Sayer Ji sur la question. Soyons donc clairs, il n’y a aucune mutation du virus de la rougeole en réponse au vaccin. Cela est une invention pour essayer de se sortir du pétrin dans lequel ils se mettent tout seuls en accumulant contre-vérités sur tromperies.

Ensuite, l’étude (Vaccine-Associated Measles in an Immunocompromised Host: Hospital Infection Prevention and Control and Public Health Response) est utilisée pour étayer son propos selon lequel des personnes vaccinées sont tombées malades de la rougeole induite par les vaccins. Certes, le vaccin ROR étant un vaccin contenant un virus affaibli, il peut provoquer dans de rares cas des symptômes ressemblant à ceux de la rougeole. L’étude porte sur un enfant sévèrement immunodéprimé de 2 ans ayant développé ce genre de symptômes après son vaccin. 

Pour Sayer Ji, c’est forcément la preuve que le vaccin peut donner la rougeole. 

Pourtant, les auteurs soulignent que le laboratoire a identifié le “génotype A”, c’est-à-dire la souche vaccinale standard, sans mutation. Le fait que l’enfant n’avait plus de système immunitaire fonctionnel à cause des médicaments explique que la souche affaiblie du vaccin ait pu se répliquer plus que la normale. Il s’agit là d’une situation rare, très spécifique, que l’on ne peut en aucun cas généraliser à des enfants en bonne santé.

Par ailleurs, les chercheurs soulignent qu’aucun cas de transmission de cette souche n’a été relevé malgré le peu de précautions prises.

Leur discussion est claire (nous soulignons) : 

“Ce cas met en lumière le manque de transmissibilité de la rougeole associée au vaccin chez les hôtes immunodéprimés, enrichissant ainsi le maigre corpus de littérature sur ce sujet, avec le potentiel d’éclairer la prévention et le contrôle hospitaliers des infections ainsi que la gestion de la santé publique dans des situations similaires.“

L’intervention de Sayer Ji dans cet article est complètement inutile et ne vise qu’à embrouiller un peu plus le lecteur dans cet océan de désinformation.

C’est tellement vrai qu’il termine en jetant le discrédit sur l’équipe de recherche qui a mené cette méta-analyse parce qu’ils déclarent leurs liens d’intérêts. Tactique habituelle des antivax pour discréditer tout travail scientifique contraire à leur idéologie.

Sauf que dans ce cas-ci, c’est CHD et Karl Jablonowski qui s'appuient sur cette méta-analyse pour essayer de tirer des conclusions contraires à ce qu’elle démontre. C’est encore CHD qui s’appuie dessus dans un autre article quelques jours plus tard pour étayer les propos de Ben Edwards, médecin antivax américain. C’est aussi Sayer JI qui s’appuie dessus pour titrer sur son site GreenMediaInfo “NOUVEAU : les personnes vaccinées répandent la rougeole.”

Désespérant.

Conclusion

Les activistes antivax n’ayant pas de littérature scientifique de qualité à leur disposition (et pour cause), ils sont obligés de détourner ce que démontre la vraie science. Ils ont ensuite le culot d’essayer de discréditer les chercheurs. 

C’est gros comme une maison, mais cela leur permet de créer du contenu à partager par leurs adeptes. Quand on se donne la peine d’analyser les études fournies, on se rend compte que l’organisation Children’s Health Defense donne malgré elle toutes les preuves que le vaccin est redoutablement efficace.
 

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