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Le Dr Lawrence Palevsky: un pédiatre antivaccin, source infinie de désinformation

Le Dr Lawrence Palevsky est un pédiatre antivaccin. Son récent témoignage devant la législature du Connecticut, qui est vanté sur les sites antivaccins, montre à quel point il est antivax.

Le Dr Lawrence Palevsky est pédiatre. Il est aussi l'une des choses que je déteste le plus, un médecin antivaccin, apparu dans le film de propagande antivaccin déguisé en documentaire, The Greater Good ; il diffuse activement de la désinformation antivaccinale parmi les communautés juives orthodoxes de Brooklyn et du comté de Rockland à New York ; et il est devenu un promoteur actif de la pseudoscience antivaccinale et des théories du complot à un point tel que je préconise qu'on lui retire sa licence d'exercice de la médecine. Récemment, je suis tombé sur une vidéo de lui dans laquelle il livre un témoignage d'"expert" (si on peut l'appeler ainsi) devant un forum législatif informationnel dans le Connecticut, qui envisageait de supprimer la dispense religieuse à l'obligation vaccinale dans les écoles publiques, et il a raconté tellement de désinformation que mes dents en ont grincé, et quand mes dents commencent à grincer, mes mains de blogueur me démangent de rédiger une réfutation, d'autant plus que son témoignage est vanté sur des sites de charlatans.

Il m'est également apparu qu'une réfutation de la pseudoscience, de la désinformation et de la mauvaise science antivaccinale est un exercice utile, car, ne vous y trompez pas, le Dr Palevsky représente un atout majeur pour les antivax. Pourquoi ? Premièrement, il est médecin et, mieux encore et plus pertinent pour arriver à leurs fins, c'est un pédiatre qui est complètement passé du Côté Obscur des vaccins. Deuxièmement, étant un homme blanc d'âge moyen (il s'avère qu'il a commencé ses études de médecine un an avant moi), il semble faire autorité, étant le cliché traditionnel de ce à quoi devrait ressembler un médecin. Pire encore, il semble faire autorité lorsqu'il livre un témoignage, même lorsque ce témoignage consiste principalement en des tropes antivaccins facilement réfutables et en niant qu'il existe des données sur certains aspects de la sécurité des vaccins, alors qu'en réalité il y a énormément de données. Comme vous le verrez, en un peu plus de 18 minutes, le Dr Palevsky établit un véritable déluge de tropes antivaccins, un millefeuille argumentatif tout en prétendant que ces éléments peuvent être plausibles si on n'y connait pas grand-chose sur la question. Cela fait de lui une menace pour la santé publique : 

Cette vidéo est consultable sur le blog de Respectful Insolence https://respectfulinsolence.com/2020/02/05/palevsky-antivaccine-pediatrician/

Permettez moi de me présenter; Je suis un homme au penchant antivaccin

Le Dr Palevsky commence son témoignage en se présentant, en racontant son parcours professionnel aux urgences, en unités de soins intensifs et plus tard, en pratique privée. Bien sûr, ce qu'il a négligé de dire aux législateurs, c'est que sa pratique privée est une pratique de "pédiatrie intégrative" qui comprend du charlatanisme comme de l'acupuncture et de la médecine chinoise, de la chiropratique, de l'ostéopathie, de la thérapie crânio-sacrée, de la médecine environnementale, de l'homéopathie et les huiles essentielles, ainsi que des modalités de guérison naturelle telles que l'aromathérapie, le yoga, le Reiki, la méditation, la réflexologie et la pleine conscience. Pire, sa philosophie à propos du traitement chez les enfants est vraiment horrible. Il n'est pas étonnant que depuis qu'il est exposé à l'opinion publique, il a "nettoyé" son site en le purgeant de la plupart des éléments les plus charlatanesques. Malheureusement pour lui, la toute-puissante Wayback Machine d'Archive.org sait tout, se souvient de tout et dit tout :

"Des symptômes aigus, tels que de la fièvre, des vomissements, de la diarrhée, des éruptions cutanées, de la toux, le nez qui coule, de la production de mucus et de la respiration sifflante sont autant de moyens importants par lesquels les enfants déchargent de leur corps les accumulations de déchets et de toxines. Ces toxines pénètrent et sont stockées dans le corps à la suite d'expositions répétées in utero, dans l'air, dans la nourriture, dans l'eau, par la peau, le stress du système nerveux et la substance injectée qui, pour quelle qu’en soit la raison, ne s'évacue pas facilement du corps par les moyens normaux de détoxification. Ces toxines sont trop irritantes pour le corps des enfants et doivent être éliminées. Tôt ou tard, un niveau critique de toxines est atteint et les enfants tombent malades et contractent des symptômes pour les éliminer. Il faut donc permettre aux enfants d'être malades pour pouvoir s'en remettre.

Dans sa pratique, le Dr Palevsky encourage les patients à laisser les enfants exprimer leurs symptômes lorsqu'ils tombent malades. Personne ne veut que les enfants se "sentent" malades. Les parents peuvent toutefois apprendre à utiliser des remèdes qui aident les enfants à se sentir mieux et à guérir plus efficacement, sans modifier l'importante physiologie qui les aident à purifier leurs organismes. Laisser les enfants avoir leurs symptômes, sans les supprimer, peut être un processus difficile à la fois pour les parents et pour les praticiens de santé. Nous sommes confrontés à notre propre inconfort de voir des enfants gênés dans leur maladie. Il est difficile pour nous de les regarder "souffrir", alors nous leur donnons par réflexe quelque chose qui leur apportera un soulagement immédiat. Cette réponse réflexive pour supprimer leurs symptômes les affaiblit et retarde leur processus de guérison."

Je continuerai à citer ce passage chaque fois que j'écrirai sur la pseudoscience antivaccinale telle que promue par le Dr Palevsky . En effet, si j'avais été à cette session législative, j'aurais repris les mots du Dr Palevsky pour lui demander s'il croit réellement en la non-vaccination parce que les vaccins empêchent les enfants "d'exprimer leurs symptômes" et de vivre pleinement la gloire de la rougeole, des oreillons, de la varicelle, de l'Haemophilus influenzae de type b, etc. Personnellement, comme je l'ai dit la dernière fois que j'ai parlé du Dr Palevsky, je pense que le Dr Palevsky est un monstre. Il semble avoir cru (et croit certainement encore) que les enfants doivent souffrir, que leurs souffrances ne devraient pas être soulagées, que les enfants devraient "être autorisés à être malades", car agir autrement serait contre nature et les empêcherait de "nettoyer" et "soigner" correctement leur système. Je ne peux pas non plus m'empêcher de noter, comme d'autres l'ont fait, qu'il est ici question d'une variante distincte du déni de la théorie des germes. Vous voyez, ce ne sont pas tant les bactéries et les virus qui causent la fièvre et les maladies. Ce sont les toxines. Il l'a même dit explicitement, comme certains l'ont documenté. Le Dr Palevsky mérite certainement son entrée dans l'Encyclopedia of American Loons.

Le Dr Palevsky a poursuivi son témoignage avec le genre d'histoire que l'on entend régulièrement de la part de charlatans antivaccins comme lui, à savoir que tout ce qu'on lui a appris sur les vaccins à la faculté de médecine est qu '"ils sont sûrs; ils sont efficaces; donnez-les" insinuant ainsi qu'il n'a pas appris la science sur la sécurité des vaccins. La raison pour laquelle ce récit particulier est efficace, qu'il soit vrai ou non, repose sur quelque chose que le profane ne connait généralement pas, à savoir que l'école de médecine est l'endroit où les étudiants vont apprendre les bases de la médecine, la base commune sur laquelle les formations en internat se construisent pour élaborer le produit fini, le médecin pleinement formé. Lorsque l'on termine nos études de médecine, on n'est pas pas formé à pratiquer. Lorsqu'on termine le stage, bien que la plupart des États nous autorisent à être agréés, on n'est pas vraiment formés pour pratiquer, c'est pourquoi une personne avec seulement un an de formation post-universitaire, bien que techniquement capable de pratiquer, ne pourra pas obtenir les privilèges hospitaliers et ne pourra pas souscrire à un régime d'assurance. Non, le véritable apprentissage d'un médecin, par exemple, un pédiatre, se produit en internat, et je parie que le Dr Palevsky a appris tous les effets secondaires potentiels de chaque vaccin qui était prévu à l'époque. Pourquoi ? Parce qu'il a été formé à administrer des vaccins, et si vous administrez des vaccins, vous devez savoir comment gérer les effets secondaires mineurs (par exemple, fièvre, bras douloureux, etc.) et reconnaître les effets secondaires graves potentiels.

Le but de ce récit est de tromper les non-initiés, en leur faisant croire que les médecins n'ont aucune formation en vaccins. C’est un témoignage profondément malhonnête. Bien sûr, cela ne me surprendrait pas si, grâce aux merveilles du biais de confirmation et de la mémoire sélective, le Dr Palevsky s’est lui-même convaincu qu’il n’a pas non plus suivi une telle formation en internat.

La partie suivante de son témoignage révèle que le Dr Palevsky est profondément ignorant. Il y raconte l'histoire d'une mère qui est venue le voir en 1998 et lui a demandé s'il savait qu'il y avait du mercure dans les vaccins. Sérieusement ? Il ne savait pas ? Ne savait-il pas ce qu'est le thimérosal ? N'a-t-il jamais lu les notices ? Je sais que je me plains de la façon dont les antivaccins abusent des notices d'emballage, mais ces notices répertorient au moins les ingrédients du vaccin, et à l'époque le thimérosal était également utilisé comme conservateur dans les solutions salines pour les lentilles de contact. Quoi qu'il en soit, voici le premier exemple par lequel le Dr Palevsky fait de son mieux pour convaincre les législateurs qu'il est un homme de science, en déclarant : "En tant qu'étudiant en médecine, j'ai été formé à la pensée critique. Si vous voyez une observation, vous investiguez et voyez s'il y a une question à poser." Compte tenu de la qualité du témoignage du Dr Palevsky, je conteste fortement qu'il ait pu apprendre à être un penseur critique, à la faculté de médecine ou ailleurs. S'il l'était, son école de médecine a clairement échoué.

La partie suivante de la vidéo montre à quel point le Dr Palevsky est ignorant. Il raconte comment il a commencé à étudier les ingrédients des vaccins et a trouvé "de nombreuses études sur les animaux" montrant que ces ingrédients étaient "très dangereux pour les animaux" et il déclare : "Je ne comprenais pas pourquoi ces ingrédients sont dans les vaccins." Le gars se pose juste la question. Ce qu'il fait dans ce témoignage n'est rien d'autre que de perroqueter le "sophisme des toxines". Il y a des gens qui peuvent expliquer pourquoi tel ou tel ingrédient se trouve dans les vaccins. Le thimérosal, lorsqu'il était dans les vaccins, était utilisé comme conservateur pour les flacons multidoses. Le formaldéhyde est utilisé pour inactiver le virus, et des traces sont laissées, des traces trop infimes pour causer des dommages étant donné que le formaldéhyde est un produit normal du métabolisme et que le corps d'un nourrisson en a beaucoup plus que n'importe quel vaccin. Je me rends compte que le site du Centre d'éducation sur les vaccins de l'Hôpital pour enfants de Pennsylvanie n'était probablement pas là, mais même avec un peu de retard, le Dr Palevsky pourrait, s'il le souhaite, s'informer facilement de la raison exacte pour laquelle chaque ingrédient du vaccin se trouve dans les vaccins et pourquoi aucun d'entre eux n'est dangereux aux concentrations / doses présentes.

Evidemment, le Dr Palevsky aime beaucoup confondre corrélation et causalité et l'a démontré en racontant des histoires sur les "milliers" de parents qui pensent que les vaccins ont blessé leurs enfants, témoignant avec indignation comment "chacun de ces parents" s'est vu affirmer que les vaccins "n'avaient rien à voir avec" les problèmes de santé de leurs enfants, les maladies auto-immunes, la régression vers l'autisme, etc. Il a énuméré un tas de statistiques, tout droit sorties du mythe de la "génération la plus malade" promu par Robert F. Kennedy, Jr. Empli d'un faux sentiment de confiance, le Dr Palevsky a déclaré qu'en examinant les ingrédients du vaccin, il utilisait La Science pour expliquer ce qui s'était passé à ces enfants. (Spoiler: il ne l'a pas utilisée et ne l'utilise toujours pas). En gros, il a poursuivi en affirmant que les ingrédients du vaccin peuvent "être considérés comme responsables de chacun de ces cas".

Des nanoparticules, des émulsifiants et des vaccins, oh mon Dieu !

C'est ici que les choses deviennent vraiment bizarres. Le Dr Palevsky a élaboré une rengaine au sujet de la barrière hémato-encéphalique, qui constitue un élément structurel des vaisseaux sanguins du cerveau et du système nerveux central, qui empêche certains composés et médicaments de pénétrer dans les tissus cérébraux. Ayant exercé ses vastes compétences en Dunning-Kruger en lisant la littérature animale, il a étalé sa "science" sur la façon dont, si l'on veut introduire un médicament dans le cerveau, on peut le lier à une nanoparticule et, si on veut qu'il y ait encore plus du médicament dans le cerveau, on combine le médicament lié à une nanoparticule avec un émulsifiant. (Les émulsifiants sont des mélanges, comme les détergents, qui peuvent se dissoudre dans l'eau et les graisses, stabilisant quelque chose de liposoluble dans une émulsion d'eau.) Je suppose que les chimistes voient là où je veux en venir.

Selon le Dr Palevsky, devinez quoi ? C’est exactement comme ça que les vaccins sont fabriqués ! La nanoparticule est le sel d'aluminium du vaccin, et l'émulsifiant est un élément tel que le polysorbate 80, qui se trouve dans certains vaccins. Naturellement, cela conduit le Dr Palevsky à se demander si cela signifie que les nanoparticules et les émulsifiants des vaccins peuvent contourner la barrière hémato-encéphalique et faire pénétrer dans le cerveau les antigènes utilisés dans les vaccins et expliquer pourquoi tant d'enfants se détérioreraient après les vaccins, bien que les médecins, les médias, le gouvernement, etc., disent que ce n'est pas imputable au vaccin. Ceux d'entre vous qui connaissent la pseudoscience de l'auto-immunité de Yehuda Shoefeld verront maintenant où cela amène.

À ce stade, le Dr Palevsky fait là, la première de ses fâcheuses affirmations sur l'absence d'étude : "Vous ne trouverez pas une seule étude dans la littérature qui étudie si l'injection d'aluminium dans le corps pénètre dans le cerveau, si des ingrédients du vaccin pénètrent dans le cerveau et si le polysorbate 80 encourage l'apport de l'un de ces ingrédients dans le cerveau." Bien sûr, il a ensuite affirmé que ces antigènes vaccinaux pénètrent dans le cerveau et provoquent une inflammation.

À ce stade, je peux seulement dire que le Dr Palevsky n'a pas dû chercher beaucoup, et je ne peux m'empêcher de noter que le blog Skeptical Raptor a récemment publié une discussion sur ce sujet, avec une liste d'études, de la distribution pharmacocinétique de l'aluminium, comme l'ont fait Blood Brain Barrier Scientist et Respectful Insolence. Il a également écrit une très bonne déconstruction de l'affirmation selon laquelle le polysorbate 80 détruit la barrière hémato-encéphalique, avec une liste de nombreuses études. Quant aux études, j'aime ce qu'il a dit ici :

"Gardez à l'esprit que le polysorbate 80 permet de dissoudre les lipides dans les solutions aqueuses, mais il n'est pas bon pour laisser des molécules chargées traverser la barrière hémato-encéphalique, juste au cas où quelqu'un viendrait affirmer qu'il se conjugue avec l'aluminium. C'est de la chimie de niveau lycée."

Précisément. Quand une affirmation contredit les connaissances de base de la chimie, cela ne fait que démontrer que la personne qui fait ce genre d'affirmations est profondément ignorant de la science. Autre erreur du Dr Palevsky, les particules d'aluminium utilisées comme adjuvant dans les vaccins ne sont pas des nanoparticules. Comme Blood Brain Scientists l'a souligné dans son article, ils ont un diamètre compris entre 2 et 10 μM, avec un diamètre médian d'environ 3 μM. (Ce sont des micromètres, pas des nanomètres.) Certes, des efforts ont été consentis pour reformuler les particules de sel d'aluminium sous forme de nanoparticules afin d'augmenter l'immunogénicité des vaccins, mais elles sont encore expérimentales. À l'heure actuelle, les nanoparticules d'aluminium ne sont pas utilisées dans les vaccins disponibles commercialement. Plus important encore, étant des microparticules, les particules de sel d'aluminium dans les vaccins ont tendance à rester localisées au site d'injection. Le polysorbate 80 peut former des nanoparticules, mais pas de la façon dont le prétend le Dr Palevsky et pas avec l'aluminium, qui est présent à des tailles de particules beaucoup plus grandes, et, encore une fois, nous savons déjà qu'il ne "décompose" pas la barrière hémato-encéphalique pour permettre aux antigènes vaccinaux de pénétrer dans le cerveau.

Je pourrais continuer encore et encore et encore et encore. Ce n'est pas comme si la diffusion du formaldéhyde après l'injection ou après sa production par un métabolisme normal n'était pas connue. Sérieusement, le Dr Palevsky devrait retourner à l'école pour apprendre la chimie, la biochimie et la pharmacologie, en particulier la pharmacocinétique et la pharmacodynamique. S'il le faisait, il pourrait également comprendre que nous connaissons déjà la pharmacodynamique du polysorbate 80 et de l'aluminium, et que les doses présentes dans les vaccins sont bien trop faibles pour faire ce que les antivax comme lui prétendent.

Oh non! Pas de placebo salin!

Le Dr Palevsky évoque ensuite le mythe antivaccin le plus cérébralement mort, le plus stupide et le plus facilement réfuté, le sophisme selon lequel "il n'existe pas d'études randomisées de vaccins contre placebo salin". C'est un mythe tellement dissocié de la réalité, un mythe tellement rapide à réfuter en jetant un coup d'oeil à PubMed, que je ne veux même pas perdre de temps dessus à part en vous renvoyant aux analyses antérieures du Dr Vincent Ianelli (également ici); d'Helen Petousis Harris; et de Skeptical Raptor. Je soulignerai également que, contrairement à ce qu'essaient de faire croire les mythes antivaccins, d'un point de vue scientifique, un placebo salin n'est pas toujours le placebo le plus approprié, comme le savent tous ceux qui conçoivent des essais cliniques de vaccins (c'est-à-dire pas le Dr Palevsky).

Oh non! Pas d'études de sécurité!

Le Dr Palevsky est une véritable source d'allégations antivaccinales, et il a continué a en distiller en affirmant qu'il n'y a pas de bonnes études sur l'innocuité des vaccins. C'est, bien sûr, tout à fait faux. Les tests de sécurité des vaccins sont, en réalité, très rigoureux. Rien de tout cela n'a empêché le Dr Palevsky de prétendre que les sujets humains dans les essais de vaccins ne sont suivis que pendant quatre ou cinq jours (bien qu'il ait "concédé" que cela peut maintenant durer jusqu'à dix jours). C'est faux, faux, faux, faux ! C’est encore un mythe antivaccin. Il existe de nombreuses études menées sur le long terme sur la sécurité des vaccins. Le Dr Ianelli en a même énuméré un certain nombre pour la commodité du Dr Palevsky. Il devrait lire cet article. (Vraiment, il devrait.) Il y a même une étude qui a suivi des enfants pendant 20 ans. Donc, lorsque le Dr Palevsky affirme que si votre enfant a une convulsion 5 mois après un vaccin, il n'y a "aucune étude" (ce mythe idiot à nouveau !) pour montrer d'une manière ou d'une autre si les vaccins auraient pu causer sa convulsion, il ne révèle rien de plus que sa profonde ignorance. Non, nous avons beaucoup, beaucoup d'études qui nous disent si un événement survenant des années plus tard est susceptible d'avoir été causé par des vaccins.

Une affirmation bizarre faite par le Dr Palevsky est que les compagnies pharmaceutiques déterminent ce qui sera et ce qui ne sera pas considéré comme effets indésirables aux fins de reporting dans les essais cliniques. Cette affirmation révèle un profond manque de compréhension de la manière dont les essais cliniques sont réglementés et menés aux États-Unis. S'il est vrai que les études de pré-approbation sont financées et dirigées par les sociétés pharmaceutiques cherchant à homologuer leur vaccin - qui d'autre les financerait ? - elles sont supervisées par la FDA, qui, grâce à la réglementation concernant la protection des sujets de recherche humains, exige que l'essai soit approuvé et supervisé par un Comité de protection des personnes (institutional review board, ou IRB). Les IRB sont chargés non seulement de s'assurer que la conception de l'étude est éthique, mais également d'examiner tous les reportings d'effets indésirables de l'essai, quels qu'ils soient. La loi exige de signaler tous les effets indésirables. Certes, il existe une évaluation pour savoir si un événement indésirable observé donné est dû ou non au vaccin, mais ce ne sont pas seulement les chercheurs ou les compagnies pharmaceutiques qui peuvent faire cette détermination. La FDA est impliquée, tout comme l'IRB qui supervise l'essai clinique. Le Dr Palevsky donne l'impression que les compagnies pharmaceutiques peuvent tout décider à propos des événements indésirables qui sont et ne sont pas dus à un vaccin donné lors d'un essai clinique.

De plus, ne sait-il pas que de nombreuses études sur l'innocuité des vaccins effectuées après leur homologation ne sont pas effectuées par des compagnies pharmaceutiques ? Elles sont réalisées par des gouvernements, des chercheurs indépendants, etc.

Oh non! Les enfants non vaccinés ne peuvent pas provoquer d'épidémies

Je suis désolé, mais cette affirmation mérite un méga-facepalm. Le Dr Palevsky témoigne du fait qu'aucune étude ne montre que les personnes non vaccinées peuvent déclencher une épidémie. Tout d'abord, j'aurais aimé pouvoir interrompre le Dr Palevsky juste à ce moment-là pour lui signaler que le mot qu'il cherchait était "epidemic" et non "outbreak". En épidémiologie et en maladies infectieuses, en anglais, le mot "epidemic", bien qu'il soit souvent utilisé de manière interchangeable avec le mot "outbreak", n'a pas la même signification. Le terme "outbreak" implique une augmentation rapide du nombre de cas de maladies infectieuses (tout comme pour le terme "epidemic") mais dans une zone géographique plus petite que pour le terme "epidemic".

Quoi qu'il en soit, nous voyons ici le Dr Palevsky utiliser le sophisme du "montrez moi ne serait-ce qu'une étude". C'est profondément trompeur, car nous arrivons souvent à des conclusions scientifiques basées sur la confluence de données et d'études provenant de différentes sources et disciplines. C'est idiot également. On sait que le taux d'attaque d'un pathogène lors d'une épidémie est beaucoup plus élevé chez les non vaccinés que chez les vaccinés. Par exemple, lors d'une éclosion de coqueluche, le risque d'être infecté par la coqueluche est 23 fois plus élevé chez les personnes non vaccinées que chez les personnes vaccinées. Pour la rougeole, le risque accru est entre 22 et 35 fois. J'ai même vu une étude qui estime que les personnes non vaccinées sont jusqu'à 200 fois plus susceptibles d'attraper la rougeole lors d'une épidémie.

En ce qui concerne le "aucune étude", il est souvent difficile de déterminer avec certitude qui est le "patient zéro" dans une épidémie donnée, et la littérature scientifique ne peut identifier que les candidats les plus probables d'être le "patient zéro". Ce que nous savons, c'est que lorsque la couverture vaccinale pour un agent pathogène donné tombe en dessous d'un certain niveau dans une population, les épidémies deviennent beaucoup plus probables et l'agent pathogène peut se propager beaucoup plus rapidement parce qu'il y a beaucoup d'individus plus vulnérables. Nous savons que lors des récentes flambées de rougeole aux États-Unis, la grande majorité de ceux qui ont contracté la rougeole n'étaient pas vaccinés. Nous savons que lors de la dernière épidémie de rougeole parmi les Juifs orthodoxes de Brooklyn, parce que beaucoup n'étaient pas vaccinés, un étudiant a infecté au moins 21 autres personnes à cause des parents qui ont ignoré les mises-en-garde de ne pas envoyer leurs enfants non vaccinés à l'école pendant l'épidémie.

Maintes et maintes fois, lorsque des épidémies de rougeole (et des épidémies d’autres maladies infectieuses) sont étudiées, il y est constaté que le taux d’attaque chez les personnes non vaccinées est beaucoup plus élevé et que la plupart de ceux qui tombent malades ne le sont généralement pas. Maintes et maintes fois, ces épidémies se sont avérées avoir commencé par une personne non vaccinée, revenant souvent après avoir voyagé dans une zone où des épidémies sont en cours, ramenant la maladie et la transmettant à d'autres personnes non vaccinées.

Evidemment, le Dr Palevsky affirme ensuite que les vaccins n’éliminent pas le pathogène du corps, que les vaccinés peuvent toujours être porteurs. Tout d'abord, ce n'est pas le cas de la plupart des agents pathogènes; Le Dr Palevsky semble se référer principalement à la coqueluche, pour laquelle il y a controverse sur le fait de savoir si les enfants vaccinés peuvent toujours être porteurs asymptomatiques, mais il n'y a aucun autre exemple à ce que je sache. Ce que nous savons, c'est que le vaccin contre la coqueluche prévient la maladie et interrompt la propagation de la coqueluche; donc la vaccination est la chose la plus sûre à faire. (Oui, je sais qu'il y a une diminution de l'immunité due au vaccin, mais cela est compensé par des rappels correctement planifiés.) En d'autres termes, ce n'est pas une raison pour ne pas vacciner et ce n'est pas une raison pour conclure que les personnes non vaccinées ne causent pas et n'entretiennent pas les épidémies.

Si vous voulez vous faire une idée de l'ignorance du Dr Palevsky, vers la fin de son témoignage, il affirme même que 38% des cas de rougeole dans l'épidémie de rougeole de Disneyland étaient dus à la souche vaccinale contre la rougeole. Nan. Il s'agit d'un sujet de discussion antivaccin qui, comme beaucoup d'autres, a été réfuté des milliers de fois mais qui continuera de circuler.

Aucune étude vaccinés / non vaccinés !

Le Dr Palevsky aime jouer la carte de la "confusion entre corrélation et causalité" quand il a, à nouveau, colporté le mythe de la "génération la plus malade", qu'il a répété ses mensonges en affirmant qu'il n'y a pas d'études contrôlées étudiant les vaccins contre placebo de solution saline, qu'il a affirmé qu'il y avait pas d'études comparant la santé des enfants vaccinés à celle des enfants non vaccinés. Encore une fois, cette dernière affirmation est un mythe. Il existe plusieurs études de ce type. Vraiment, elles existent. Sérieusement, le Dr Palevsky peut-il arrêter de répéter le mensonge selon lequel il n'y a pas d'études comparant les problèmes de santé chez les enfants vaccinés et les non vaccinés, quand il y en a ? Evidemment, ce que ces études montrent n'est pas ce que le Dr Palevsky veut que vous pensiez. Au lieu de montrer que les enfants non vaccinés sont en meilleure santé que les enfants vaccinés, elles montrent, au minimum, que les enfants vaccinés sont tout aussi en bonne santé que les enfants non vaccinés, certaines études suggérant qu'ils sont en général en meilleure santé. Bien sûr, nous savons qu’ils sont en meilleure santé dans un domaine, à savoir le risque beaucoup plus faible de contracter une maladie grave évitable par la vaccination.

Le Dr Palevsky ne connaît clairement pas le phénomène du biais de confirmation. C’est un biais de raisonnement qui touche tous les humains qui fait que nous avons tendance à ne nous souvenir que des choses qui soutiennent nos croyances et nos préjugés. Les sceptiques et les scientifiques tentent d'en tenir compte lors de l'examen des preuves. La plupart des gens, comme le Dr Palevsky, ne le font pas, ce qui explique pourquoi il dit des choses pareilles à propos des enfants non vaccinés, lors de son témoignage:

"Ce sont les enfants les plus sains que j'ai jamais vus."

Non, le Dr Palevsky croit seulement que ses patients non vaccinés sont les enfants en meilleure santé qu'il ait jamais vus, car il se souvient principalement des enfants en bonne santé et la plupart des enfants dans sa pratique sont de toute façon non vaccinés ou sous-vaccinés.

Hubris, ton nom est le Dr Larry Palevsky

Les cinq dernières minutes du témoignage du Dr Palevsky sont vraiment à regarder, et je ne dis pas cela dans le bon sens du terme. La démonstration d'orgueil exhibée par le Dr Palevsky au travers de ses allégations interpelle l'imagination. Par exemple, il souligne que les vaccins ne produisent pas toujours une réaction des anticorps et - choc des chocs - que parfois les titres d’anticorps ne sont pas en corrélation avec l’immunité, comme si c’était une grande découverte que les scientifiques cachaient au public. Sérieusement, les seules personnes choquées d'apprendre qu'il y a des gens qui ne développent pas de réponse en anticorps induite par les vaccins et qu'il y en a même qui ne sont pas immunisés malgré une réponse en anticorps sont des gens qui ne connaissent rien du système immunitaire et qui sont nourris par les bêtises antivaccinales. Ce n'est pas comme si les immunologistes n'avaient pas discuté et étudié ce phénomène depuis … oh … toujours, à la recherche des meilleurs corrélats d'immunité et de la façon de rendre les vaccins plus immunogènes. Sérieusement, si, comme le Dr Palevsky l'a fait, vous dites des bêtises telles que prétendre que la vaccination arrête la propagation de maladies est une hypothèse qui n'a jamais été "solidifiée en science", prenez immédiatement un cours d'introduction à l'immunologie et taisez-vous jusqu'à ce que vous ayez réussi le cours !

Le Dr Palevsky s'est également engagé dans une projection étonnante, en caractérisant la confiance actuelle dans les vaccins comme étant basée sur la "croyance" et des "opinions" plutôt que sur de la "vraie science", et en ajoutant, "et les croyances contribuent grandement". Après avoir écouté le témoignage douteux et trompeur du Dr Palevsky, je ne peux que conclure qu'il ne reconnaîtrait la "vraie science" que si c'était un ours qui mordait son grand fessier. Quant aux "croyances qui contribuent grandement", sans blague. Cela explique comment le Dr Palevsky peut cracher de telles absolues absurdités si éloignées de la science et citer, sans nommer les scientifiques menant des expériences sur des animaux, comme par exemple Christopher Shaw, qui ne fait rien d'autre que d'infliger de la torture inutile à des souris.

Il a même balancé l'affirmation ridicule que, pour assurer l'immunité collective, nous devons être en mesure de prouver que les enfants vaccinés sont immunisés. Quoi ? Je sais ce qu'il a essayé de dire. Il essaie de prétendre que, parce que les titres d'anticorps ne sont pas toujours en corrélation avec l'immunité, on ne peut jamais démontrer qu'il y a immunité collective. (Du moins, je pense que c'est là où il voulait en venir.) Devinez quoi ? Nous pouvons démontrer qu'il y a l'immunité collective en observant que lorsque plus d'un certain pourcentage de la population est vaccinée contre un pathogène, les épidémies de maladie causées par ce pathogène deviennent beaucoup moins probables. Nous pouvons le démontrer avec des exemples tels que l'épidémie de rougeole à Samoa, qui n'a commencé à s'atténuer que lorsque la prise du ROR a dépassé 90%. Le Dr Palevsky a même relaté le mensonge d'Andrew Wakefield selon lequel le virus de la rougeole mute en réponse au vaccin pour devenir plus virulent. Ce n'est pas exact.

Le Dr Palevsky est un ignorant. Il diffuse de la désinformation antivaccinale. Il est non seulement dangereux en raison de son statut de pédiatre, mais aussi parce qu'il se fait passer pour une autorité et qu'il peut être convaincant. Sans surprise, comme je l'ai mentionné précédemment, il est également un praticien de la "pédiatrie intégrative", ce qui, malheureusement, va de pair avec la pseudoscience, la mauvaise science et les non-sens antivaccins. Encore une fois, je dirai que tout médecin qui, non seulement utilise du charlatanisme telle qu'avec la pratique de l'homéopathie, mais met également en danger la santé publique ne devrait pas être médecin. C'est une farce que des médecins, comme le Dr Palevsky, continuent de détenir des licences médicales et de traiter les patients.

Publié par Respectful Insolence, le 05 février 2020

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