10 Novembre 2019
Comme pour toutes les procédures médicales, les dispositifs et les produits pharmaceutiques, les vaccins ne sont pas parfaits - il existe de rares effets indésirables liés aux vaccins. Ce qui compte, c'est que les avantages, non seulement sur le plan médical, mais aussi sur le plan économique, l'emportent sur les risques. A ce que je sache, je ne connais aucune procédure, aucun dispositif ou produit pharmaceutique parfait, absolument sans danger et parfaitement efficace. Parfois, le ratio est minime. Par exemple, il existe des médicaments de chimiothérapie qui n'ajoutent que quelques mois de vie au patient, en entraînant généralement des effets secondaires importants.
Pourtant, si vous demandez à un patient si cela valait la peine de passer quelques mois de plus avec ses enfants et ses proches, la valeur en serait inestimable. Mais surtout, la FDA et d'autres organismes de réglementation exigent que les nouveaux produits et procédures respectent ou dépassent les normes de sécurité, ainsi que les avantages financiers et les avantages pour la santé des versions actuellement acceptées. En fait, la FDA contrôle beaucoup plus que cela. Ils vérifient l'emballage, la durée de conservation, les instructions, les procédés de fabrication, et bien plus encore, il faudrait un livre pour l'expliquer (et même plusieurs probablement). Ce n'est peut-être pas un processus parfait, mais c'est mieux que ce qu'il se passait il y a 100 ans et cela s'améliore chaque jour. Les gens tendent à avoir une forme de biais de confirmation quand ils savent qu'un médicament a été jugé dangereux ou pas (le meilleur exemple est le Vioxx).
Mais ils oublient les millions de médicaments et de dispositifs qui sauvent des vies ou améliorent considérablement le confort de vie.
Après avoir débattu du côté scientifique des arguments de la religion anti-vaccin pendant plus de 20 ans, j'ai constaté qu'ils avaient tendance à surestimer considérablement les risques sur la sécurité, tout en minimisant considérablement les avantages financiers et sur la santé. C'est une sorte d'argument fallacieux de la solution parfaite, selon lequel si quelque chose n'est pas parfait, alors il est à jeter. Pour certains, si un vaccin n'est efficace que dans 95% des cas, il ne vaut rien. Et ils exigent une garantie qu'il n'y aura AUCUN effet secondaire des vaccins, même lorsque les "effets indésirables" d'une maladie évitable par la vaccination peuvent mener à une hospitalisation ou à la mort.
Bien sûr, aucun défenseur des vaccins ne dira jamais que "les vaccins sont parfaits". Nous ne prétendons jamais que les vaccins n'ont jamais d'effet indésirable, cependant il n'existe aucune preuve que les vaccins aient tué qui que ce soit au cours des 30 dernières années. D'autre part, j'ai de nombreuses preuves que des maladies pouvant être prévenues par un vaccin ont tué des enfants dans le monde entier, y compris aux Etats-Unis.
Comme je l'ai répété à maintes reprises, le summum, le standard absolu en matière de recherche clinique sont les méta-revues (ou revues systématiques). Dans un numéro de Pediatrics, une méta-revue a révélé que les complications graves liées à la vaccination sont extrêmement rares. Et, pour continuer à répéter ce fait encore et encore, les chercheurs ont découvert que les vaccins ne sont pas corrélés, et encore moins causaux, à l'autisme. Cette étude est une mise à jour ou un addendum à l'étude de 2011 sur les effets indésirables des vaccins de la National Academy of Medicine (NAM), l'un des organismes médicaux les plus prestigieux, apolitique et scientifique au monde. L'étude, qui peut être téléchargée et lue sur votre ordinateur, votre Kindle, votre Ipad et d'autres appareils de lecture, détaille la plausibilité et la causalité des événements indésirables potentiels liés à la vaccination. J'ai abordé certaines de leurs conclusions précédemment, et il y avait peu d'effets indésirables graves liés aux vaccins.
Regardons l'étude. Les auteurs ont examiné 20.478 papiers (c'est-à-dire un très grand nombre) qui ont été identifiés comme étant liés au domaine des vaccins. Parmi ceux-ci, 67 ont été inclus dans la revue systématique sur base base des critères suivants :
Ils ont exclu tout papier traitant de vaccins qui ne sont pas disponibles aux Etats-Unis ou qui ne sont plus utilisés aux Etats-Unis.
Ils ont exclu les papiers sur les vaccins qui n'incluaient pas de données de sécurité (ce qui, étonnamment, s'élevait à environ 17.000 articles).
Ils ont exclu les papiers qui n'étaient pas en anglais ou qui étaient introuvables.
Les chercheurs ont inclus des papiers faisant appel à la surveillance active du patient (généralement par le biais de dossiers médicaux et de déclaration de dommages, plutôt que par des modes de collecte d'informations plus passifs tels que le VAERS).
Les études comportaient également des mécanismes de contrôle, notamment dEs essais contrôlés, des cohortes comparant un groupe vacciné à un groupe non vacciné, des études de cas-témoins, des séries de cas auto-contrôlés et des études observationnelles utilisant la régression pour contrôler les facteurs de confusion et tester plusieurs relations simultanément (analyses de facteurs de risque multivariés).
En d'autres mots, les auteurs ont recherché les meilleures études portant sur les vaccins actuellement disponibles, visant activement des informations de consultation externe pour déterminer les effets indésirables identifiés par des professionnels de la santé et faisant appel à un groupe de contrôle avec lequel comparer les données des groupes vaccinés. Et donc, voici ce que l'étude conclut :
Le vaccin DTaP : aucune autre étude n'a été trouvée concernant les effets indésirables de ce vaccin. Le consensus scientifique actuel rejette tout lien entre le vaccin et le diabète de type 1, comme indiqué dans le rapport de l'OIM.
Le vaccin contre l'hépatite A : la recherche a révélé qu'il existe une association rare entre le purpura, une décoloration de la peau, et le vaccin. Dans une étude post-homologation, portant sur plus de 1,8 millions de vaccinés, un purpura a été observé dans un sur deux dans chaque tranche d'âge. Les cas étaient bénins et aigus (temporaires).
Le vaccin contre l'hépatite B : l'étude a montré que le vaccin était associé à une augmentation de l'immunoglobuline E (IgE) chez les enfants ayant des antécédents familiaux d'allergie alimentaire (mais pas d'allergie clinique). Aucun effet clinique n'a été observé.
Le vaccin anti-Hæmophilus influenzæ : Aucune association avec des événements indésirables graves.
Vaccin antipoliomyélitique inactivé : il existe un lien possible entre le vaccin et les allergies alimentaires chez un petit nombre de patients.
Vaccins antigrippaux : les résultats sont assez compliqués. Une étude n'a révélé aucune association entre le vaccin et les événements indésirables. Une étude a révélé une association avec des troubles gastro-intestinaux légers et temporaires tels que la diarrhée, légèrement plus fréquente chez les jeunes enfants. Une autre étude a montré que les vaccins étaient associés à des symptômes bénins de type grippal à court terme (il faut cependant préciser qu'il n'y a pas d'infection grippale en elle-même). Enfin, une autre article analysé a montré qu'il existe un risque accru de convulsions fébriles (liées à la fièvre) chez les jeunes enfants. Bien que ce type de crises effraient les parents, ils surviennent chez certains enfants atteints de fièvre, indépendamment de la vaccination. Ils sont bénins et il n'y a aucune preuve que cela entraîne un problème neurologique.
Le vaccin ROR : il y a une petite association avec le purpura et les convulsions fébriles. Aucune association avec les troubles du spectre autistique n'a été trouvée.
Le vaccin contre le méningocoque : là encore, il existe un large panel de preuves sur les effets indésirables. Une étude examinée par les auteurs n'a montré aucune association avec des effets indésirables. Deux autres ont signalé un faible taux de convulsions fébriles avec le vaccin PCV13 et un risque de convulsions fébriles d'environ trois fois supérieur lorsque deux vaccins sont utilisés. Compte-tenu de la variabilité des résultats, il serait difficile de prétendre à une association solide entre ces vaccins et des effets indésirables spécifiques.
Le vaccin contre le rotavirus : dans 31 essais cliniques, il n'y avait pas d'association entre les deux types de vaccin contre le rotavirus, le RotaTeq et le Rotarix, et tout événement indésirable grave, y compris l’intussusception, une maladie rare par laquelle une partie de l'intestin en envahit une autre. Toutefois, certaines données indiquent un risque d'environ 1,1 à 1,5 cas sur 100.000 vaccinés pour le RotaTeq et de 5,1 cas sur 100.000 pour le Rotarix. Ce sont des effets indésirables extrêmement rares, surtout lorsqu'on les compare au bilan annuel du rotavirus aux Etats-Unis avant vaccination : 55.000 à 70.000 hospitalisations et 20 à 60 décès.
Le vaccin contre la varicelle : dans une vaste étude portant sur plus de 1,8 millions de personnes vaccinées, le purpura a été observé à une fréquence d'environ 1 à 2 cas sur 100.000, un effet indésirable extrêmement rare.
Comme je l'ai répété à maintes reprises, presque tout en médecine est susceptible de causer des effets secondaires mineurs et graves. Toutefois, dans le cas des vaccins, ces événements indésirables sont extrêmement rares, parfois à peine perceptibles, du point de vue statistique, par rapport au niveau de base de l'effet observé dans une large population. En outre, les effets indésirables ne comprennent pas le syndrome de la mort subite, le syndrome du bébé secoué, l'autisme, la sclérose en plaques, le diabète et la mort. Des millions de patients ont été examinés, et aucun de ces effets n'a été lié à un vaccin.
Imaginer des sottises en parlant du VAERS, système faillible et passif, exclut toute discussion pro-sciences avec une personne qui apporterait de telles données. De plus, il est important de se rappeler que même ces événements indésirables peu fréquents doivent être mis en balance avec les énormes avantages des vaccins.
Le CDC a annoncé début 2014 que les vaccins ont sauvé plus de 700.000 vies (plus de 300 millions de maladies et 21 millions d'hospitalisations) depuis le début des années 90. Regardez ces chiffres : 700.000 décès contre 1 effet indésirable sur 100.000. Parmi ces 700.000 décès, tous sont à des maladies évitables par la vaccination, environ 7 auraient eu une convulsion fébrile s'ils étaient tous vaccinés. Je pense que si un parent lit ceci, il souhaitera que son enfant fasse partie de la statistique sur les convulsions fébriles, plutôt que des statistiques de mortalité ou d'hospitalisation, un risque considérablement plus important.

Toute société pharmaceutique qui fabrique et tout médecin qui administre des vaccins souhaite que celui-ci soit parfaitement sûr, sans aucun risque. Mais c'est non seulement irréaliste, mais aussi probablement impossible. Il n'y a tout simplement aucun moyen d'atténuer les risques liés à un acte médical, à moins de faire appel à la pseudoscience des médecines alternatives. Mais quel que soit le risque, il faut tenir compte des vies sauvées et des hospitalisations évitables en prévenant ces maladies.
La religion anti-vaccin pense que tout est inventé. Certains ne le considèrent même pas, ce n'est même pas dans leur imagination. Et certains pensent même qu'ils peuvent se cacher derrière la grande majorité (pour certains vaccins, près de 95% des enfants sont immunisés) qui est immunisés, pour protéger leurs enfants sans vouloir prendre le risque infime de la vaccination.
En fait, Carrie Byington, médecin, professeure de pédiatrie à la faculté de médecine de l'Université de l'Utah, a écrit dans un article d'accompagnement dans la revue Pediatrics que certains étudiants diplômés récemment étaient moins impressionnés par l'efficacité des vaccins, principalement parce qu'ils avaient rarement vu des cas de maladies évitables par la vaccination dans leur vie et au cours de leurs études de médecine.
Les médecins les plus âgés, qui ont une longue pratique ou qui se sont rendus dans des pays où ces maladies sont endémiques, sont plus confiants dans la promotion de la vaccination. En fait, une étude réalisée dans l'Etat de Washington a révélé que plus de la moitié des prestataires de soins médicaux étaient disposés à envisager des calendriers de vaccination alternatifs et non testés, qui retardent ou sautent des vaccins. Si les pédiatres eux-mêmes ne recommandent pas les vaccins, qui le fera ? Un blogueur ? Un auteur de livre ? Je ne pense pas.
Byington CL.Vaccines: Can Transparency Increase Confidence and Reduce Hesitancy? Pediatrics; 2014 July 1 (published online). doi: 10.1542/peds.2014-1494
Committee to Review Adverse Effects of Vaccines, Institute of Medicine; Stratton K, Ford A, Rusch E, Clayton EW, editors. Adverse Effects of Vaccines: Evidence and Causality. Washington (DC): National Academies Press (US); 2011 Aug 25.PubMed PMID: 24624471.
Maglione MA, Das L, Raaen L, Smith A, Chari R, Newberry S, Shanman R, Perry T, Goetz MB, Gidengil C. Safety of Vaccines Used for Routine Immunization of US Children: A Systematic Review. Pediatrics; 2014 July 1 (published online). doi: 10.1542/peds.2014-1079
Wightman A, Opel DJ, Marcuse EK, Taylor JA. Washington State pediatricians’ attitudes toward alternative childhood immunization schedules. Pediatrics. 2011 Dec;128(6):1094-9. doi: 10.1542/peds.2011-0666. Epub 2011 Nov 28. PubMed PMID: 22123877; PubMed Central PMCID: PMC3387893.
Publié par Skeptical Raptor, le 2 janvier 2019
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