Ceci n'est pas Initiative Citoyenne

Le trouble jeu des antivaccins avec l'extrême-droite, l'antisémitisme et le négationnisme

Sous couvert de volonté d'informer, ou plutôt de réinformer, les antivaccins partagent des contenus qui font parfois le jeu des extrémistes idéologiques. La culture du soupçon, le conspirationnisme, le rapport à la vérité, le rapport à la liberté, l'anti-élitisme, l'anti-système, le rejet des institutions politiques, le rejet des institutions scientifiques, l'anti-science, etc. sont autant de concepts que partagent fanatiques antivaccins et extrémistes.   

Comme on l'a déjà vu, l'association Initiative Citoyenne déteste les étiquettes qu'on colle aux antivaccins de leur acabit. Il est vrai que les termes "antivaccin", "complotiste", voire "lié à l'extrême-droite", sont des termes régulièrement associés à ceux qui nient, malgré les preuves, l'efficacité et la sécurité des vaccins.

Dans la publication Facebook ci-dessous, Initiative Citoyenne essaie de faire croire que ces étiquettes ne servent qu'à masquer une absence d'argumentation. C'est évidemment totalement faux, il existe beaucoup d'arguments à opposer à la désinformation antivaccinale, notamment celle liée au Covid.    

 

Initiative Citoyenne au temps du nazisme

Pourtant, Initiative Citoyenne ne se prive pas de traiter ceux avec qui elle n'est pas d'accord de nazis, de dictateurs, de tyrans. Elle parle également volontiers de camp de concentration, de procès de Nuremberg et d'expérimentations médicales. Cela ne date pas des mesures de restrictions de liberté liée au Covid19 imposées un peu partout dans le monde. La rhétorique était déjà bien huilée avant ces événements. 

Déjà en 2012, Initiative Citoyenne utilisait cette rhétorique - Copie d'écran d'un article daté du 23/11/2012 du blog d'Initiative Citoyenne

Dans la publication Facebook ci-dessous, Initiative Citoyenne traite l'état belge de "nazi" parce que, dans le contexte de l'épidémie de Covid, des règles plus strictes en matière de quarantaine après un retour de l'étranger étaient prises.  

Ci-dessous, Initiative Citoyenne invite ses lecteurs à se réveiller parce que les nazis ne feraient pas partie que du passé. L'histoire dont il est question est celle d'un bébé victime de la mort subite du nourrisson, prétendument à cause d'une vaccination subie après qu'il ait été "kidnappé" (sic).

Ci-dessous, Initiative Citoyenne parle de "tyrannie", de "propagande", de "censure" à propos de la volonté affichée par Facebook de réduire la visibilité de pages et groupes diffusant de fausses informations sur la vaccination.

Poursuivons avec cette publication dans laquelle Initiative Citoyenne évoque, sous forme de question rhétorique, le camp de concentration pour ceux qui refuseraient la vaccination anti-Covid.

Dans cette publication, Initiative Citoyenne explique notamment qu'il faut frôler la mort pour échapper aux vaccins et ainsi être contre-indiqué, que les autorités sont illégitimes à imposer à des enfants des tours horrifiants de roulette russe, que c'est "de l'expérimentation qui a valu aux nazis le procès de Nuremberg".

Initiative Citoyenne a également partagé plusieurs publications, dont en voici une, établissant un parallèle entre enfants juifs sous le nazisme et les enfants non vaccinés de 2019, avec cette sinistre phrase : "Il semblerait que les humains n'ont tiré aucune leçon du passé"

Il ne s'agit évidemment que d'un échantillon de la violence écrite inouïe qu'est capable de proférer cette association sur Facebook et sur son blog, et ce, dans l'impunité la plus totale. Les références au nazisme permettent de diaboliser leurs opposants en peu de temps et sans y consacrer beaucoup d'énergie. En effet, pour beaucoup de personnes, le nazisme (avec en figure de proue, Adolph Hitler) représente le mal absolu. Associer vaccination et nazisme est redoutablement efficace pour décrédibiliser ce geste d'utilité publique.

Sauf que la vaccination n'a strictement rien à voir avec les horreurs proférées sous le nazisme. C'est un geste simple, à la portée de chacun dans les pays dits "riches", relativement peu coûteux, sûr et qui sauve des millions de vies chaque année. Comparer les horreurs du nazisme à un geste salutaire pour la santé publique, c'est aussi, par corollaire, au minimum, banaliser, minimiser, détourner ces premières. 

Photo retouchée du camp d'Auschwitz-Birkenau utilisée par Initiative Citoyenne

Rappel de faits historiques

La Shoah

Les horreurs qu'ont vécu des dizaines de millions de personnes sous l'occupation allemande sont sans commune mesure avec les restrictions imposées lors de l'épidémie de coronavirus et avec le geste de vacciner.  Quelques leçons d'Histoire (en plus de celles en biologie) seraient fort utiles aux personnes osant de telles comparaisons. Ainsi, rappelons que la Shoah, c'est-à-dire l'extermination systématique des juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale par les nazis, a conduit à la mort 6 millions de juifs. Ils ont été affamés jusqu'à la mort, ils ont été fusillés en masse, ils ont été contraints à des travaux forcés, esclavagisés, et sous-alimentés dans des camps de concentration, ils ont été gazés dans des "camions à gaz" ou dans des camps d'extermination. Chaque juif était traqué, qu'il fut nouveau-né, enfant, femme, homme ou même vieillard. Un million d'enfants juifs ont été exterminés. Avant d'être tués, ils ont été systématiquement spoliés. Des handicapés mentaux ont été exterminés en masse par gazage. Les Roms, les populations polonaises et soviétiques notamment ont été d'abondantes victimes de crimes de guerre et de massacres.   

Le Tribunal de Nuremberg

Le procès de Nuremberg, qui s'est déroulé dans la ville du même nom, a jugé 24 des principaux responsables du Troisième Reich en 1945. Ils étaient accusés de complot, de crimes contre la paix, de crimes de guerre, et de crimes contre l'humanité. Le verdict verra notamment Hermann Göring, le plus haut dignitaire nazi encore vivant, être condamné à mort (il se suicidera avant son exécution). 

Parallèlement au procès principal s'est tenu douze autres procès, dont celui intitulé le "procès des Médecins". Il a concerné des médecins et fonctionnaires de l'État nazi poursuivis pour quatre chefs d’accusation : conspiration ; crimes de guerre ; crimes contre l'humanité ; appartenance à une organisation criminelle. Les attendus du jugement ont inclus une liste de dix critères utilisés par les juges pour apprécier le caractère licite ou non des pratiques d'expérimentation médicale en cause. 

Les pratiques d'expérimentation médicale nazies, ayant eu lieu sans aucune règle d'usage, aucun protocole scientifique et aucun code déontologique se sont souvent déroulées sans personnel qualifié, avec des cobayes choisis de façon arbitraire, sans informations, sans consentement, sans possibilité de retrait. Les cobayes étaient exposés à des conditions cruelles, barbares et l'apport scientifique de ces expérimentations est contestable, voire inutile. Ces expériences ont consisté notamment à essayer de créer des jumeaux siamois en cousant des jumeaux ensemble (ce qui a fini en gangrène et en décès), à extraire des os, des nerfs et des muscles, sans anesthésie pour étudier la régénération et la transplantation, à asperger d'eau bouillante des prisonniers nus après les avoir placés pendant plusieurs heures dehors à des températures inférieures à 0° pour étudier les effets du froid et du réchauffement. à infecter des gens au moyen de moustiques pour tester des médicaments antipaludéens (la moitié des personnes infectées sont décédées, soit environ 600 personnes), à tester des "vaccins" et des sérums pour prévenir ou traiter diverses maladies, à exposer délibérément des personnes au gaz moutarde pour en étudier les effets, occasionnant de graves blessures, à priver des personnes de toute nourriture et de les abreuver uniquement d'eau de mer filtrée pour en étudier les effets, à mener des expériences de stérilisation sur des personnes atteintes de maladies prétendument héréditaires comme la faiblesse d'esprit, la schizophrénie, la folie, la cécité, la surdité, les malformations physiques, à empoisonner volontairement, parfois avec torture, des sujets expérimentaux, etc.

 

 

 


Jadwiga Dzido montre des cicatrices sur sa jambe des expériences médicales au procès des médecins Expérimentation humaine nazie

Wikipédia

 

 

 

Les expériences médicales horribles sous le régime nazi n'ont strictement rien à voir avec les essais cliniques actuels menés pour la recherche biomédicale. Le parallèle odieux et déconnecté de toute réalité que tentent d'entretenir les antivaccins entre les deux est incroyablement abject et totalement déplacé. Cette comparaison contribue à la banalisation et à la minimisation des faits atroces dont se sont rendus coupables ces nazis. Il s'agit bien d'une forme de négationnisme historique

Le Code de Nuremberg

Concernant le Code de Nuremberg, souvent cité par les antivaccins, il n'existe pas en tant que code juridique. Il s’agit d’une liste de 10 critères contenus dans le jugement du "procès des Médecins". Ces critères indiquent les conditions que doivent satisfaire les expérimentations pratiquées sur l’Être Humain pour être considérées comme “acceptables”. Ce code n’est nullement le point de départ de la réflexion éthique et juridique sur l’expérimentation humaine : il ne fait que récapituler des principes connus et acceptés déjà longtemps avant le jugement (au moins le début du 20ème siècle). Le tribunal n’a pas jugé sur des règles qui auraient été inventées spécialement pour le procès, mais selon des règles coutumières communément acceptées “dans les nations civilisées”. A noter qu’il est parfaitement inutile d’en référer à ce code, les mêmes dispositions sont présentes dans le Code de la Santé Publique. 

Le camp d'Auschwitz-Birkenau 

Il s'agit du plus grand camp de concentration et d'extermination du troisième Reich. 1,1 millions d'enfants, d'hommes et de femmes, juifs pour la plupart, y ont été assassinés. Il a servi à incarcérer les ennemis, réels ou supposés, du régime nazi et des autorités d'occupation allemandes en Pologne ; à disposer d'une réserve de travailleurs forcés déployés dans des usines de construction appartenant aux Nazis ; à servir de site où de petits groupes ciblés de la population étaient tués, leur mort étant considérée par les autorités SS et policières comme essentielle à la sécurité de l'Allemagne nazie.

 

Chaussures d'enfants. Plus de 230.000 enfants juifs mais également tziganes, polonais et russes ont été assassinés à Auschwitz.

Auschwitz Memorial

 

 

La rafle du Vel d'Hiv

La rafle du Vélodrome d'Hiver est la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Entre les 16 et 17 juillet 1942, plus de treize mille personnes, dont près d'un tiers d'enfants, sont arrêtées avant d’être détenues au vélodrome d’hiver (mais aussi dans d’autres camps), dans des conditions d’hygiène déplorables et presque sans eau ni nourriture pendant cinq jours. Ils sont ensuite envoyés par trains de la mort vers le camp d'extermination d’Auschwitz. Moins d'une centaine d’adultes en reviendront (et aucun enfant).

Et les autres antivaccins ?

Des signes associés au nazisme sont également utilisés par d'autres antivaccins, comme le montre la photo ci-dessous, où apparaît Del Bigtree avec une étoile de David. Cette photo, prise en 2019 à l'occasion d'une manifestation antivax dénonçant le fait que les enfants non-vaccinés n'aient pas accès temporairement à des lieux publics à l'occasion d'une épidémie de rougeole, avait incité des associations de lutte contre l'antisémitisme à réagir, ainsi que le Musée d'Auschwitz. Ce dernier a écrit sur Twitter : "Instrumentaliser le sort des Juifs qui ont été persécutés et assassinés par l'idéologie antisémite dans les camps d'extermination tels que celui de Auschwitz avec du gaz empoisonné dans le but de discréditer la vaccination, qui sauve des vies humaines, est un symptôme de dégénérescence intellectuelle et morale."

En 2020, le Musée d'Auschwitz a été contraint de twitter à nouveau un message en réaction à l'instrumentalisation par les antivaccins de l'Holocauste. 

Ariel Goldmann, vice-président du CRIF et du FSJU avait demandé à Twitter de faire cesser ces "comparaisons honteuses".

Le blog antivaccin et conspirationniste France Soir (qui n'a plus rien à voir avec le journal prestigieux qu'il était) s'adonne aussi à une comparaison douteuse avec la rafle du Vel d'Hiv

Robert F. Kennedy s'était illustré pathétiquement il y a quelques années en déclarant : "Ils sont vaccinés. Cette nuit-là, ils ont 39,5° de fièvre. Ils s'endorment et trois mois plus tard, leur cerveau a disparu. C'est un holocauste, c'est ce qui est en train d'être fait à notre pays." 

Il n'en était pas à son coup d'essai. Comme orateur principal de la conférence Autism One en 2013, Kennedy avait comparé le Dr Paul Offit à un criminel de guerre nazi et avait déclaré : "À mon avis, ça ressemble aux camps de la mort nazis". Il faisait référence à des enfants dont lui et d'autres pensaient qu'ils avaient développé l'autisme après avoir été vaccinés.

Il s'en est excusé par la suite. Il a déclaré : "Je tiens à m'excuser auprès de tous ceux que j'ai offensés par l'usage du terme pour décrire l'épidémie d'autisme. J'ai employé le terme lors d'un discours impromptu alors que je peinais à trouver une expression pour rendre compte de la tragédie catastrophique de l'autisme qui a maintenant détruit la vie de plus de 20 millions d'enfants et brisé leurs familles."

Avant Kennedy, en 2010, Claire Dwoskin du NVIC, du CMSRI et de la Dwoskin Family Foundation avait écrit que : "Au moins, sa fille est vivante, souriante, éduquée et profite de la vie. Cela ne peut pas être dit pour les centaines de milliers d'enfants blessés par la vaccination aux États-Unis. Ce que sa fille a vécu n'est RIEN comparé à ce que vivent les familles d'enfants autistes chaque jour de leur vie. Aucune maladie ne peut égaler ce record de dévastation humaine. Les vaccins sont un holocauste par poison sur le cerveau et le système immunitaire de nos enfants. Honte à vous tous."

La personne qui utilise le plus souvent les images de l'holocauste pour parler de vaccins, et qui ne s'arrêtera probablement jamais, est Mike Adams, fondateur du site Natural News. Ci-dessous, dans un article sur son site, il décrit une "tyrannie médicale" aux Etats-Unis, il surnomme le maire de New York "Adolf" et illustre par une image représentant des survivants d'Auschwitz. Cet article a été rédigé suite aux mesures sanitaires prises par l'Etat de New York dans le cadre d'une épidémie de rougeole en 2019. Il y décrit également les employés des CDC comme des "infirmiers de la Gestapo", les policiers de New York comme des Schutzstaffel, le vaccin ROR comme un moyen de contrôle de la population juive par génocide vaccinal. 

En 2015, le Dr Bob Sears avait également comparé ceux qui refusent de vacciner leurs enfants aux juifs pendant l'Holocauste. 

Des antivax à l'antisémitisme

La présentation d'un rapport sur l'antisémitisme publié en octobre 2020 par un conseiller indépendant pour le gouvernement britannique, intitulé "From Anti-vaxxer to antisemitism : Conspiracy theory in the COVID-19 pandemic" indique que le rôle de l'antisémitisme dans les théories conspirationnistes a augmenté significativement pendant la pandémie de Covid19. 

Les auteurs du rapport ont étudié le phénomène en analysant les résultats en tapant des mots-clés comme "vaccins", "coronavirus", "juifs", "sionistes", etc. sur des plateformes telles que Facebook, Twitter, Youtube, BitChute. 

Sur 28 groupes Facebook analysés, dont certains comptent plusieurs milliers de membres, 22 comportent des publications antisémites. Ces publications sont souvent partagées, sur ces groupes, par des utilisateurs qui les partagent sur leur propre mur. Ainsi, les groupes génèrent rarement des publications antisémites, ils sont plutôt un foyer de théories conspirationnistes antisémites.  

Des commentaires antisémites apparaissent souvent dans les réponses à des publications traitant de la pandémie de Covid-19, souvent en rapport avec Bill Gates et les programmes de vaccination.  

Il n'est pas neuf que des plateformes alternatives à Youtube ou Whatsapp, telles que VK, MeWe, Parler, Telegram, attirent des antisémites, des racistes et des complotistes. La nouveauté, inquiétante, réside dans le fait qu'elles attirent un nouveau public, préoccupés par le Covid19 et s'opposant aux mesures gouvernementales pour lutter contre. 

Certains petits groupes Facebook retirent activement les publications antisémites. Mais d'autres, plus importants, préviennent leurs membres via le code de conduite qu'ils seront bannis s'ils signalent des contenus problématiques à Facebook. 

L'exemple de Plandemic

Les origines de la conspiration de la "plandémie" remontent, en partie, au petit documentaire vidéo de l'ancienne scientifique, le Dr Judy Mikovits. Dans ce "documentaire" de 26 minutes, elle attribue la pandémie de Covid19 à l'OMS, Big pharma et Bill Gates. Elle prétend que l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, dirigé par Le Dr Anthony Fauci, a dissimulé des études démontrant que les vaccins affaiblissent le système immunitaire. Bien que Judy Mikovits n'impute par directement la faute aux juifs, le terme "plandémie" a connu élan considérable sur les réseaux sociaux au travers de nombreuses publications redirigeant les utilisateurs vers le documentaire sur BitChute. Les utilisateurs de Facebook et Twitter ont développé des théories conspirationnistes "plandémiques" pour imiter les vieux tropes antisémites. Beaucoup de ces exemples suggèrent que les juifs ont créé le coronavirus et que les juifs s'entendent, en coulisses, pour déstabiliser les banques et les pays via la propagation du virus.

Bill Gates

Bien que Bill Gates ne soit pas juif, certaines publications s'y réfèrent en le qualifiant de "juif aristocrate". D'autres suggèrent fréquemment que Gates est payé par des juifs tirant les ficelles, partageant des liens vers des vidéos et des sites promettant les preuves de supposées connections avec le "Nouvel Ordre Mondial".

L'Holocauste imaginaire

Les manifestants contre les mesures visant à freiner la propagation du coronavirus se sont appropriés les images de l'Holocauste. Des antivaccins portent l'étoile jaune de David, que certains Juifs européens étaient obligés de porter pendant l'Holocauste. Cette allégorie s'est développée en 2020 car les manifestants comparent les restrictions de liberté à cause du coronavirus au traitement des Juifs pendant l'Holocauste. Cette utilisation inappropriée des images de l'Holocauste minimise et banalise les expériences des survivants et des victimes de l'Holocauste.

Les autres publications douteuses d'Initiative Citoyenne

L'association antivaccin ne se limite malheureusement pas à d'abjectes comparaisons. Elle partage aussi, sur sa page Facebook, des contenus pour le moins problématiques. On en avait déjà discuté dans cet article

Nous y expliquions, entre autres, qu'Initiative Citoyenne a partagé au moins une publication d'un dessinateur d'extrême-droite, antisémite, négationniste, dont les dessins sont publiés dans des revues telles que Rivarol. Il dessine et vend les portraits d'Adolph Hitler, mais aussi de négationnistes comme Robert Faurisson, Jean-Marie Lepen et Jérôme Bourbon, etc. 

Nous y expliquions également qu'Initiative Citoyenne a partagé la publication d'un site ouvertement négationniste (à l'heure d'écrire ces lignes, heureusement fermé) pour promouvoir le bouquin de l'antivaccin Salim Laibi. Nous en disions ceci : "Le site qui fait la promotion de ce livre est ouvertement négationniste. Il propose notamment des interviews, des vidéos, des livres de négationnistes (*) patentés comme Faurisson, Rassinier et Reynouard. Entre autres absurdités, le site nie l'existence du lien entre VIH et SIDA ; Le SIDA serait un virus créé artificiellement ; le virus Ebola n'existe pas ; le virus Zika serait une initiative de Bill Gates et David Rockefeller pour diminuer la population mondiale ; la Finance veut rendre esclave la population ; il y a un complot illuminati ; il y a un complot franc-maçon ; il y a un complot juif ; les chemtrails empoisonnent a population ; le four à micro-ondes cause le cancer ; des remèdes contre le cancer sont cachés ; etc."

Ce même site avait fait l'objet d'une autre publication car il y hébergeait un lien vers un bouquin de Jan Van Helsing, auteur conspirationniste, fréquentant les milieux extrémistes, antisémites et négationnistes. 

Aussi, nous y expliquions qu'Initiative Citoyenne promeut la théorie raciste, xénophobe et d'extrême-droite du Grand Remplacement.

Sophie Meulemans l'a relayée sur son mur.

Déjà en 2019, IC partageait une vidéo d'Olivier Rey.

Olivier Rey est un philosophe transphobe, homophobe et sexiste, impliqué dans les milieux négationniste et d’extrême droite, catholique intégriste radicalisé, dont le discours n'a rien à envier à celui de Sophie Meulemans, au minimum sur le sujet des "mondialistes". Cette vidéo, encore visionnable à l'heure d'écrire ces lignes, est hébergée sur une chaîne Youtube comptant des centaines de vidéos montrant de soi-disant chemtrails, théorie conspirationniste loufoque très en vogue. 

Initiative Citoyenne partage n'importe quelle (dés)information, du moment qu'elle va dans son sens. Ci-dessous, une vieille intox, le plus souvent relayée par l'extrême-droite. 

Initiative Citoyenne partage beaucoup d'autres contenus problématiques et la pandémie de Covid19, aubaine pour les antivax et autres conspirationnistes pour propager leurs idées délirantes, n'a rien arrangé. La publication ci-dessous, après avoir passé en revue plusieurs théories conspirationnistes, loue les "patriotes anti-mondialistes" que sont Donald Trump, Vladimir Poutine, Florian Philippot, John Magufuli et Jaïr Bolsonaro. Ces personnages se sont illustrés (ou s'illustrent encore) par leurs dérives autoritaires et/ou leur minimisation absurde de la pandémie de Covid19.   

 

Autre exemple, Initiative Citoyenne partage également des vidéos de Nicolas Dupont-Aignan, homme politique français, proche de l'extrême-droite et qui s'illustre particulièrement en propageant de fausses informations sur la pandémie de Covid19 et sur les vaccins.

Retrouvez dans cet article un grand nombre de sources fiables d'informations sur les vaccins anti-Covid19.

Initiative Citoyenne représente plusieurs menaces

Les personnes qui suivent et qui accordent leur confiance à Initiative Citoyenne s'exposent au risque de se voir proposer des contenus extrêmement problématiques, inquiétants. Il est tout aussi regrettable de devoir rappeler des faits historiques aussi marquants que ceux évoqués dans cet article, que de devoir répéter encore et encore que la vaccination est sûre et efficace.

La haine que porte IC envers la science (rappelons que cette association n'est pas seulement antivaccin, elle est aussi, entre autres, climatosceptique) et son acharnement à ne relayer que des voix non consensuelles l'amène à adopter des positions extrêmes. Ainsi, outre la menace qu'elle représente pour la santé publique de par son discours antivaccin, cette association représente également, au minimum, une porte d'entrée vers l'extrémisme politique et le négationnisme historique.

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