18 Septembre 2026
Robert Kennedy Jr est connu pour être un antivaccin de longue date. Lisez l’élogieuse présentation que j’en ai faite et les articles [1] [2] dans lesquels il est clairement montré qu’il essaie de tromper son public en utilisant un discours antivaccin faux et désinformateur.
À la tête de l’association Children’s Health Defense, il a passé une décennie à relayer et créer les pires rumeurs antivaccins, se classant ainsi parmi les premiers désinformateurs aux Etats-Unis. Pourtant, il a de la concurrence.
Ce jeudi, lors d’une conférence organisée à Washington par son ancienne association, il a pris la parole pour rappeler, si c’était nécessaire, qu’il est leur ami, en s’adressant aux militants antivaccins rassemblés : “Soyons clairs. Vous avez un ami solide et inébranlable à la Maison Blanche.”
S’il a dû quitter son association antivaccin, c’est parce qu’il s’est présenté à l'Élection présidentielle américaine de 2024, puis qu’il a été nommé Secrétaire à la Santé et aux Services sociaux des Etats-Unis (HHS).
Il a rappelé qu’il voulait procéder à des changements radicaux “dès le premier jour”, mais qu’il devait respecter la loi pour que ces changements deviennent permanents. Il a ajouté : “Mais comme je l'ai dit, vous avez des amis à la Maison Blanche, et nous faisons cela un jour à la fois”.
Les Etats-Unis font actuellement face à la pire épidémie de rougeole depuis 35 ans, en enregistrant plus de 3.000 cas confirmés de rougeole et 4 décès récents. Il déclare pourtant : “Dans notre pays, nous nous soucions des maladies rares et des décès. Nous nous soucions de chaque enfant qui meurt de la rougeole. Ils font la une des journaux. Je vous demanderais de vous soucier des enfants qui meurent, souffrent ou sont blessés par des lésions causées par les vaccins.”
On sait depuis longtemps que le vaccin ROR (qui protège de la rougeole, des oreillons et de la rubéole) est redoutablement efficace. Regardez les preuves. La Science lui donne tort.
RFK Jr détourne l’attention. Avec son discours et ses actes, il participe au désastre de l'épidémie de rougeole qui se produit actuellement aux Etats-Unis et qui touche non seulement des enfants, mais aussi des adultes qui se retrouvent hospitalisés avec des complications graves.
Il soutient que les vaccins sont liés aux diagnostics d'allergies, d'asthme, de TDAH et d'autisme, entre autres affections. Il les lie également au diabète, au syndrome de mort subite du nourrisson et à l'anorexie. C’est totalement faux. Il tenait déjà ce discours quand il était à la tête de la plus grande organisation antivaccin du monde et cela avait déjà un impact sur l’hésitation vaccinale des Américains. Étant maintenant ministre de la Santé, sa voix porte encore plus.
Il a aussi déclaré : “J'ai passé 40 ans dans ces batailles. J'ai l'intention de rester dans ce combat aussi longtemps que j'en serai capable.” Il a remercié ses amis qui sont toujours au sein de la CHD.
Il a également évoqué le rôle des systèmes alimentaires dans la santé et les efforts à apporter pour étudier les chemtrails.
Dans l’écosystème gravitant autour de Kennedy au ministère de la Santé, on peut trouver diverses personnalités bien connues dans la sphère antivaccin et extrêmement controversées :
Andrew Wakefield a déclaré : “Je n'aurais pas pu imaginer il y a deux ans que Bobby [Kennedy] serait à la Maison Blanche et que le président Trump dirait "divisez le ROR en trois différents”. Wakefield avait tenté de faire breveter son propre vaccin contre la rougeole pour concurrencer le ROR.
D’autres personnalités ont pris la parole, comme les élus républicains Ron Johnson et Rand Paul et les dirigeants de l’institut MAHA (Institut Make America Healthy Again, organisation liée à la politique de Donald Trump et Robert Kennedy Jr) Mark Gorton et Tony Lyons.
Thomas Massie, également élu républicain, a demandé aux militants de traiter les “clowns” comme du “bétail”. Les clowns, dans sa bouche, ce sont les politiciens traditionnels et les hauts fonctionnaires des agences de santé. La référence au bétail signifie qu’il conseille aux militants de les menacer, d’entreprendre un rapport de force et d’arrêter d’essayer de convaincre par la science.
L’Amérique en est réduite à ça, grâce à l’ami Kennedy.
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