26 Octobre 2026
Dans un article publié le 26 octobre 2026, le blog France-Soir revient sur l’affaire de l’essai clinique interdit en Guinée-Bissau sur des nourrissons. Le blog rappelle lui-même à juste titre ces éléments :
En Guinée-Bissau, 14 000 nourrissons devaient participer à une expérimentation médicale controversée, financée en partie par les États-Unis. Le gouvernement vient d'interdire le projet pour des raisons éthiques, relançant ce faisant une question : les populations des pays en voie de développement serviraient-elles encore de cobayes aux recherches occidentales ?
Le gouvernement de Guinée-Bissau a mis fin à un essai clinique sur des nouveau-nés, rapporte Le Monde. Conçu par des chercheurs danois, le protocole prévoyait de répartir 14 000 bébés en deux groupes. La moitié aurait été vaccinée contre l'hépatite B dès la naissance, tandis que l'autre aurait attendu six semaines. Les chercheurs souhaitaient comparer leur mortalité et leur état de santé pendant cinq ans.
Le projet, soutenu par des financements publics et privés américains, a provoqué une vive controverse. En janvier, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies avait déjà suspendu l'étude pour des raisons éthiques. Six membres d'un comité d'éthique universitaire danois ont ensuite démissionné après sa validation contestée. Au cœur des critiques figure le risque supplémentaire potentiellement imposé à des nourrissons pour les besoins de la recherche. La Guinée-Bissau, où les ressources sanitaires sont limitées, devenait ainsi le terrain d'une expérience dont les conséquences concernaient directement des enfants.
Il convient de préciser quels sont les financements publics et privés américains qui soutiennent l’initiative :
Maintenant que vous avez bien ces éléments en tête, je vais parler de la suite de l’article de France-Soir. Celui-ci enchaîne, sans transition, avec l’évocation d’une étude financée par la fondation Gates :
Par exemple, en 2009 et 2010, l'organisation américaine PATH, financée par la fondation Bill et Melinda Gates, avait conduit un programme de vaccination contre le papillomavirus auprès d'environ 24 000 adolescentes. D'après une enquête de Nature India, une commission parlementaire indienne avait dénoncé en 2013 de graves irrégularités dans la conduite de ce programme. Les critiques portaient notamment sur les procédures de consentement, particulièrement problématiques auprès de jeunes filles issues de milieux défavorisés, et sur le suivi des événements médicaux graves. Sept participantes étaient décédées pendant la période du programme, entraînant sa suspension en 2010 et illustrant les défaillances possibles dans la protection et l'information des participants aux recherches médicales.
Il est vrai que l’ONG Path s’est rendue coupable de manquements éthiques : certains formulaires de consentement ont été fournis de manière “inappropriée”. Certains directeurs d’écoles avaient signé les formulaires au lieu des parents.
Et le programme de vaccination a effectivement été suspendu à cause du signalement de 7 décès de jeunes filles après les injections. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, contrairement à ce que France-Soir essaie de faire croire.
Le gouvernement indien a mandaté un comité d’experts pour autopsier et enquêter sur la cause exacte de ces décès. Comme le montre le tableau suivant, aucun des 7 décès n’a été identifié comme lié ou causé par des vaccins d’une quelconque manière.
Les causes de décès identifiées étaient l’empoisonnement aux organophosphores (possible consommation de pesticides par une fille de 14 ans), un autre cas similaire de consommation suspectée de pesticides par une fille de 13 ans, un cas où le diagnostic médical exact était incertain mais peu probable d’être causé par un vaccin, un cas de noyade accidentelle d’une fille de 14 ans, un cas de paludisme et de typhoïde. Au Gujarat, où la Cervarix a été administrée, un décès a été causé par une morsure de serpent, et un autre par paludisme et une anémie sévère.
France-Soir termine son article en rappelant le procès civil dont l’audience civile s'est tenue le 22 octobre 2026 à Leeuwarden. Sept plaignants antivaccins accusent plusieurs personnalités, dont Bill Gates, d’avoir utilisé des vaccins comme armes bactériologiques.
Ces événements (l’étude interdite en Guinée-Bissau où des milliers de bébés africains risquent de contracter une maladie grave par absence de vaccination, le programme de vaccination en Inde et le procès civil intenté contre Bill Gates) n’ont strictement rien en commun. France-Soir conclut de manière manipulatrice :
Distinctes dans leurs faits et leurs responsabilités, ces affaires soulèvent une interrogation commune sur les garanties éthiques, le consentement et la responsabilité des acteurs de la santé.
France-Soir essaie de créer un fil rouge artificiel pour faire croire, mais sans l’affirmer, que des provaccins (dont Bill Gates) sont à l’origine du scandale de l’étude en Guinée-Bissau, alors même que l’un des personnages centraux de cette histoire est Robert F. Kennedy Junior qui a le pouvoir d’interdire cette mascarade. Non seulement, il ne l'a pas fait, mais il a qualifié les chercheurs de "divinités de la recherche vaccinale".
Soulignons aussi que le but de l'étude en Guinée-Bissau est de démontrer que la vaccination contre l'hépatite B sur des nourrissons a des impacts négatifs sur leur santé, pour ensuite utiliser ces données pour justifier un décalage dans le calendrier vaccinal américain. Pourtant, on sait que ce vaccin est sûr.
Ce grand écart rhétorique aura ainsi également permis de désinformer sur le vaccin Gardasil, pourtant sûr et efficace.
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